La France aborde sa demi-finale vendredi avec un lourd passif en Coupe du Monde féminine, mais aussi avec un groupe qui a les moyens de briser cette malédiction. Les Bleues ont disputé huit demi-finales dans leur histoire… mais n’ont encore jamais réussi à aller plus loin. La Coupe du Monde 2025 sera-t-elle enfin celle du déclic ?
Les Françaises sont arrivées dans le tournoi sur une lourde défaite 40-6 face à l’Angleterre, leur dernier match de préparation. Mais elles ont su rebondir, enchaînant les victoires contre l’Italie, le Brésil et l’Afrique du Sud pour sortir invaincues de leur poule, avant de se qualifier pour le dernier carré au terme d’un quart de finale étouffant contre l’Irlande. Menées 13-0 à la pause, elles ont trouvé les ressources pour renverser le match et l’emporter 18-13, décrochant ainsi un Crunch de feu contre leurs éternelles rivales.
En face, l’Angleterre fait figure d’ogre. Les Red Roses ont également terminé invaincues dans une poule relevée et se sont facilement débarrassées de l’Écosse en quarts. L’équipe de John Mitchell reste sur une impressionnante série de victoires depuis sa défaite en finale de la Coupe du Monde de Rugby 2021 (jouée en 2022) face à la Nouvelle-Zélande.
Pays hôte, l’Angleterre présente un bilan à l’opposé de celui des Bleues : elles n’ont manqué la finale qu’une seule fois dans leur histoire, en 1998. La tâche sera donc énorme pour la France, mais les records sont faits pour être battus, et les joueuses de Gaëlle Mignot et David Ortiz voudront prendre leur revanche du lourd revers encaissé à Mont-de-Marsan début août. Problème : 22 des 23 Anglaises alignées ce samedi étaient déjà présentes lors de ce match. Seule Emma Sing a cédé sa place à Holly Aitchison sur le banc. Mais les Bleues ont un motif d’espoir : le dernier Crunch du Tournoi des Six Nations, à l’Allianz Stadium en avril, où elles n’avaient cédé que d’un point.
Coup d’envoi : 16h30 (heure française), samedi 20 septembre
Stade : Ashton Gate, Bristol
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France
France, les joueuses clés : Les Bleues ont dû procéder à un changement de dernière minute après le forfait de Joanna Grisez, remplacée par Kelly Arbey à l’aile. Un coup dur, car la ligne de trois-quarts anglaise est redoutable. Tous les regards seront tournés vers Arbey, épaulée à l’arrière par Morgane Bourgeois. La jeune joueuse de 20 ans aura un rôle clé : garder son sang-froid dans une telle affiche et assurer la dernière ligne de défense face aux assauts anglais.
Angleterre
Angleterre, la joueuse clé : Les retours d’Ellie Kildunne et de Hannah Botterman constituent un énorme plus pour les Red Roses, même si leurs remplaçantes avaient assuré en leur absence. Kildunne est la joueuse World Rugby de l’année en titre, tandis que Botterman apportera l’énergie qui avait permis aux avants anglaises d’asphyxier le pack français lors du dernier duel.
Les déclarations
David Ortiz, co-sélectionneur de la France
« Depuis ce matin, on sent que l’intensité est montée d’un cran. Tout le monde est très focus sur ce match, la qualité du team run ce matin le prouve. On a basculé en mode match. On n’a qu’une hâte, c’est de lancer cette belle demi-finale contre l’Angleterre.
« Il n’y a pas de grands discours à faire. Cette échéance, on l’attend depuis qu’on connait les calendriers et les poules. On va affronter une Angleterre qui reste sur 31 victoires et qui est ultra favorite. Il n’y a pas meilleur deal. On n’a pas de questions à se poser. L’enjeu, le fait de les affronter chez elles suffit à motiver les troupes et se donner les moyens de faire un grand match. »
Pauline Bourdon-Sansus, demi de mêlée de la France
« Tout le groupe est déterminé et veut jouer demain, ça monte crescendo. La remise des maillots, ce soir, va aussi nous permettre de monter au fur et à mesure. Il y a beaucoup d’excitation, on a tout à gagner et les filles sont prêtes à en découdre.
« On sait qu’on peut les battre. Ce qui fera notre force, ce sera de rester solidaires, mettre du rythme et montrer du caractère défensivement comme contre l’Irlande. On a toutes les forces pour pouvoir les battre. Il n’y a pas grand-monde qui croit en nous, mais nous, on croit en nous et on sait qu’on est capables de surmonter plein de choses. »
Nassira Konde, centre de la France
« On est montées crescendo dans la compétition. Il y a quelque chose à tirer de chaque match. Cela fait un moment qu’on se prépare, cela s’est joué à un point dans le Six Nations. Elles ont la pression de jouer chez elles, on a tout à gagner. On a juste à se lâcher et ça va être génial. »
John Mitchell, sélectionneur de l’Angleterre
« Nous restons de bout en bout concentrés sur le processus. C’est un bon moyen de garder le contrôle de ses émotions et de se concentrer. Il y a actuellement quatre équipes qui visent la victoire finale. Il faut éviter les distractions. Mais il faut aussi ne pas oublier de s’amuser.
« Et ces filles savent comment s'amuser. Je n'ai aucun besoin de m’immiscer là-dedans. À ce stade de la compétition, parmi les messages clés que j’adresse à l’encadrement technique, c’est de toujours faire en sorte que les choses se passent normalement et simplement, et de ne pas interférer avec les filles. Elles vont bien. Elles savent ce qu'ils font.
« Si on se met en travers du chemin, si on intervient trop, ça génère des hésitations. L’important, c’est que les choses soient claires : on peut agir comme on l’entend, mais en comprenant bien le rôle qui est le sien. Il faut permettre à tout le monde d’être soi-même et de faire son travail. »
Zoe Aldcroft, capitaine
« On adore jouer contre la France, mais nous sommes surtout concentrées sur nous-mêmes. On a fait en sorte de bien nous entraîner cette semaine. C’est une demi-finale, on sait qu’elles vont tout donner, et nous aussi. »