L’une des clés pour garder son sang-froid dans la fournaise d’une finale de Coupe du Monde de Rugby, c’est de savoir contrôler sa respiration. Un domaine où la Canadienne Gabrielle Senft a déjà une solide expérience.
La troisième ligne dynamique s’adonne à un hobby peu commun pour une joueuse de rugby : la chasse sous-marine et l’apnée, une passion qu’elle a découverte grâce à Hayden Thompson-Stringer, l’un de ses entraîneurs à Exeter.
« Il m’a dit : "Tu veux apprendre à plonger en apnée et à pêcher au harpon ? Je t’apprends si tu veux." Et j’ai répondu : "Oui, pourquoi pas ?" », se souvient-elle.
En explorant les côtes du Devon, elle s’est rapidement mise à y aller plusieurs fois par semaine, apprenant à plonger, à retenir sa respiration et, peu à peu, à pêcher au harpon.
Grâce à l’apnée, Senft a entraîné son corps et son esprit à rester calmes sous pression. Elle peut désormais retenir son souffle pendant près de 2'30''. Et malgré le contraste apparent entre l’apnée et le rugby, elle trouve des points communs évidents : la sérénité qu’elle ressent sous l’eau se transpose dans son jeu.
« Quand je suis au fond de l’océan, suspendue dans le calme de la descente, c’est le moment où je suis la plus apaisée, où je suis juste dans l’observation », raconte-t-elle. « C’est juste toi et rien autour de toi, tu ne penses à rien. Et d’une certaine façon, c’est ce que je ressens sur un terrain – même si ça paraît fou avec tout ce qu’il se passe pendant un match de rugby.
« Mais quand tu as travaillé dur pour créer ces instants de calme en plein match, c’est comme si plus rien d’autre n’existait autour de toi.
« Tu n’as pas à te soucier des supporters, ni des bruits extérieurs. C’est juste toi, le jeu et ce qui est devant toi. »
Cette sérénité, Senft est convaincue qu’elle pourrait aussi bénéficier à d’autres joueuses.
« Je pense toujours aux filles qui évoluent derrière, en fond de terrain. Je crois qu’elles gagneraient encore plus que moi à retrouver ce calme-là », explique-t-elle.
À 28 ans, elle n’a pas eu l’occasion de plonger pendant cette Coupe du Monde de Rugby 2025 – ce qu’elle regrette, tant cette pratique l’aide à se recentrer et à encaisser la fatigue d’un long tournoi.
D’autant plus cette semaine, alors que le Canada prépare sa grande finale contre l’Angleterre, samedi après-midi, dans un Allianz Stadium à guichets fermés.
« Je n’ai pas pu plonger depuis un moment à cause des déplacements, du fait de ne jamais rester au même endroit, et puis louer le matériel coûte assez cher », reconnaît-elle.
« L’apnée est une activité formidable pour neutraliser la pression et garder un équilibre, pour avoir autre chose en dehors du rugby. L’apnée reste vraiment ma passion numéro un. »