- World Rugby publie un rapport détaillé sur la prévalence des abus sur les réseaux sociaux subis par les joueuses de rugby et les officiels de match
- La fédération internationale s'est associée à Signify pour mettre en œuvre un programme de pointe visant à protéger et à soutenir les joueuses et les officiels de match lors de la Coupe du Monde de Rugby féminine 2025
- Les joueuses et les officiels de match de la Coupe du Monde de Rugby féminine 2025 étaient 69 % plus susceptibles d'être la cible d'abus en ligne que lors de la Coupe du Monde de Rugby masculine 2023
- Les abus à l'encontre des joueuses portaient davantage sur le body shaming (honte corporelle), la transphobie et le sexisme
- Huit cas ont été signalés aux forces de l'ordre et aux plateformes afin que des mesures concrètes soient prises
- Les analyses et les enseignements visant à faciliter la mise en place de mesures préventives seront adoptés et promus
World Rugby a réaffirmé son engagement à lutter contre la haine en ligne après avoir publié les conclusions de son Service de protection sur les réseaux sociaux, qui a assuré la sécurité des joueuses, des officiels de match et de leurs familles tout au long de la Coupe du Monde de Rugby féminine 2025.
Si le sport et les athlètes bénéficient d’opportunités pour promouvoir leur image via les réseaux sociaux, World Rugby a révélé que les joueuses et les officielles de match sont près de 70 % plus susceptibles d’être victimes d’abus en ligne, de discrimination et de discours haineux que leurs homologues masculins, les abus en ligne devenant un défi complexe et sans frontières.
La fédération internationale a également appelé toutes les parties à travailler ensemble, car un changement significatif nécessitera une approche conjointe entre le sport, les plateformes numériques et les agences gouvernementales, combinant prévention, protection, responsabilité et éducation.
En lançant son programme de protection en ligne le plus ambitieux à ce jour, World Rugby s’est fixé trois objectifs clés : protéger et préserver les participant.e.s, sensibiliser le public et créer un effet dissuasif, ainsi que susciter un changement significatif grâce à des analyses approfondies. Cette approche va au-delà de la modération des contenus pour privilégier des actions concrètes, notamment des enquêtes sur le terrain, des processus centrés sur les victimes et la production d’analyses à long terme afin de soutenir l’élaboration de politiques.
Ce programme a été mis en œuvre en partenariat avec Signify, leader dans ce domaine, et déployé sur les principales plateformes et en plusieurs langues, permettant ainsi de détecter, d’enquêter et de prendre des mesures à grande échelle contre les contenus préjudiciables.
Les résultats du programme sont les suivants :
- Les joueuses et les officielles de la Coupe du Monde de Rugby féminine 2025 étaient 69 % plus susceptibles d'être la cible d'abus en ligne que lors de la Coupe du Monde de Rugby masculine 2023*
- 440 340 publications/commentaires sur X, Instagram, Facebook et TikTok ont été analysés à la recherche d'abus et de menaces visant les joueuses et les officielles
- 1 189 publications ont été vérifiées comme étant abusives, affectant 45 comptes
- Les types d’abus les plus courants étaient le body shaming, la transphobie et le sexisme, Instagram étant la principale source d’abus (54 % des cas vérifiés)
- 17 comptes ont atteint le seuil exigeant enquête, et huit cas ont été signalés aux forces de l’ordre et aux plateformes. Les auteurs se trouvaient en Belgique, en France, au Royaume-Uni, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis.
- World Rugby appelle les gouvernements, les plateformes et le monde du sport à collaborer afin de faciliter le signalement des abus à tous les niveaux, de prendre les mesures appropriées et de favoriser un changement positif.
Ces résultats reflètent le défi croissant que représentent les abus en ligne à mesure que le sport féminin gagne en visibilité, et soulignent la nécessité d’une action conjointe entre le monde du sport, les plateformes numériques et les gouvernements. Ils ont également mis en évidence l’importance d’une action visible pour faire évoluer le comportement des fans. Plusieurs poursuites judiciaires couronnées de succès ont démontré les conséquences concrètes des préjudices en ligne, contribuant ainsi à susciter un engagement sociétal plus large et une autorégulation au sein des communautés.
Le directeur général de World Rugby, Alan Gilpin, a déclaré : « Les réseaux sociaux ont transformé le sport pour le mieux, en favorisant les liens, le partage de récits et la croissance. Mais ils augmentent également le risque de préjudice, de stress et de souffrance, et nous avons pris position lors de la Coupe du Monde de Rugby féminine 2025 pour affirmer qu’il n’y a pas de place pour la haine dans le rugby ni dans la société, que nous soutenons et célébrons la personnalité et la diversité de nos joueuses et de nos officiels de match, et que nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour dénoncer, identifier et agir concrètement contre les auteurs d’abus.
« Nous reconnaissons qu’il s’agit d’un domaine extrêmement délicat et complexe. Il est difficile de contrôler les comportements préjudiciables à grande échelle, la législation varie d’un pays à l’autre et les seuils d’intervention des plateformes restent élevés. C’est pourquoi le leadership, la collaboration et l’action concrète sont essentiels. Nous espérons que ce rapport et nos conclusions contribueront à informer et à sensibiliser les détenteurs de droits sportifs, les plateformes et les autorités, et qu’ils susciteront des actions significatives. »
Jonathan Hirschler, PDG et fondateur de Signify Group, a ajouté : « Les données issues de la Coupe du Monde de Rugby féminine 2025 et du sport mondial confirment une tendance claire : à mesure que la visibilité et le succès du sport féminin s’accroissent, le volume et la gravité des abus en ligne ciblés augmentent également.
« Le leadership de World Rugby démontre ce qu’il est possible de réaliser lorsqu’un organe dirigeant adopte une approche proactive et fondée sur les données. En associant une technologie de pointe à une analyse humaine experte et au soutien des forces de l’ordre, World Rugby envoie un message clair et sans équivoque : les abus en ligne n’ont pas leur place dans le sport, et les responsables devront rendre des comptes. »
Le Service de protection sur les réseaux sociaux s’inscrivait dans le cadre du programme transformateur Impact Beyond 2025, plus précisément sous le pilier « Carrières et égalité de genre », qui visait à aider les femmes dans le rugby à s’épanouir dans leur carrière. World Rugby a étendu ce service lors de la Coupe du Monde de Rugby féminine 2025, au-delà des officiels de match, pour inclure pour la première fois toutes les joueuses, les entraîneurs et les familles, reconnaissant ainsi les facteurs de risque aggravés liés au sport féminin, aux publics numériques plus jeunes et à une exposition accrue.
En partageant ses analyses, en collaborant avec des partenaires internationaux et en plaçant le bien-être au cœur de la prise de décision, World Rugby contribue à façonner des environnements numériques plus sûrs et soutient la croissance continue du rugby féminin. Le service couvrira tous les Officiels de match de World Rugby en 2026.
Gilpin a ajouté : « Protéger tous les acteurs du rugby est fondamental pour l’avenir du rugby. En agissant de manière décisive et collective, nous pouvons veiller à ce que le rugby reste un sport où tout le monde a sa place. »
Notes de la rédaction :
0,27 % des publications recueillies pour analyse lors de la RWC 2025 étaient injurieuses, contre 0,16 % des publications recueillies pour analyse lors de la Coupe du Monde de Rugby masculine 2023.