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Ceux qui ont fait la différence lors de la 2e journée du Nations Championship et de la Nations Cup

Le premier week-end avait placé la barre très haut, mais le niveau des performances n'a pas faibli lors de la deuxième journée du Nations Championship et de la Nations Cup.

Voici huit performances marquantes d'un nouveau week-end mémorable pour le rugby international.

Will Jordan (Nouvelle-Zélande)

Le record de Doug Howlett, jusqu'à il y a peu meilleur marqueur d’essais de l’histoire des All Blacks, était menacé depuis longtemps, mais c'était juste une question de temps de savoir quand Will Jordan finirait par franchir la barre des 49 essais et devenir le meilleur marqueur néo-zélandais de tous les temps.

Malheureusement pour l’Italie, cela s’est produit contre eux samedi 11 juillet. L’essai qui lui a permis d’égaler le record résume sa brillante panoplie, avec ce travail de l’ombre après avoir été plaqué au sol, la capacité à se relever vite et à se replacer parfaitement à l’extérieur de Josh Moorby pour conclure.

Jordan a bouclé la rencontre avec le troisième triplé de sa carrière, et il y a fort à parier que d’autres suivront. Il totalise désormais 50 essais en 56 tests avec les All Blacks.

Aaron Grandidier-Nkanang (France)

Quel début rêvé pour Aaron Grandidier-Nkanang, néo-international Français né à Bromley, qui a lancé sa carrière internationale à pleine vitesse. Sa rapidité, déjà sensible lors du titre olympique en rugby à sept il y a deux ans, a fait des dégâts lorsque, sur un coup de pied rasant de Romain Ntamack, il a jailli et surpris la défense australienne en première période.

Son deuxième essai restera sans doute comme l’un des plus faciles de sa jeune carrière internationale, simplement parce qu’il se trouvait au bon endroit au bon moment pour capter le coup de pied transversal de Matthieu Jalibert. Pau a vu défiler ces dernières années une série de trois-quarts brillants pour le XV de France - Théo Attissogbe, Emilien Gailleton, Fabien Brau-Boirie ou encore Grégoire Arfeuil ont tous retenu l’attention de Fabien Galthié - et il faut désormais ajouter Grandidier-Nkanang à cette liste.

Sean Jansen (Irlande)

Le troisième-ligne du Connacht Sean Jansen a marqué son entrée avec le XV irlandais en déposant tôt un gros plaquage sur le Japonais Takuro Matsunaga, de quoi donner le ton d’un premier cap particulièrement abouti. Dans la continuité de sa saison pleine, le garçon de Dunedin, fort ballon en main et en impacts, a mené la charge face au Japon avec douze percussions, tout en battant cinq défenseurs, plus que quiconque sur le terrain.

Rien de surprenant donc lorsque le sélectionneur Andy Farrell a vivement salué le néo-capé : « La façon dont Sean Jansen a joué son premier match a été une source d'inspiration pour tout le monde », a-t-il expliqué, avant de confirmer que son titre de Joueur du Match était « tout à son honneur ».

Guy Pepper (Angleterre)

Fin Smith a logiquement hérité du titre de Joueur du Match face aux Fidji, tant il a maîtrisé le tempo aux côtés d’Henry Slade, mais le pack anglais mérite autant les projecteurs pour la manière dont il a imposé sa loi en mêlée et dans les rucks, étouffant les Fidjiens à la source pendant une grande partie de la première période. Cette domination a nourri une vraie frustration côté fidjien, jusqu’à mener au carton rouge de Simione Kuruvoli.

Dans un match où les Fidji ont largement été en-dessous de leurs standards et où l’Angleterre a su capitaliser sans trembler, il reste délicat de tirer des conclusions hâtives, mais Guy Pepper a brillamment marqué son retour dans le quinze de départ, tranchant, agressif sur les ballons au sol et auteur de son premier essai avec l’Angleterre grâce à une finition pleine de puissance, en enfonçant deux défenseurs pour passer la ligne. Le triplé d’Henry Pollock en sortie de banc a évidemment attiré l’œil, mais les titulaires ont surtout offert une forme de domination qui manquait cruellement ces derniers temps.

Handre Pollard (Afrique du Sud)

À 32 ans, avec deux Coupes du Monde de Rugby gagnées et 85 sélections avec les Springboks, Handré Pollard est entré dans la phase vintage de sa carrière. Contre une Écosse remontée et accrocheuse, il a servi de garde-fou à un XV largement remanié par Rassie Erasmus, guidant l’Afrique du Sud à travers une rencontre bien plus piégeuse qu’elle n’en avait l’air.

Pollard reste un ouvreur de classe mondiale, comme l’a rappelé ce coup de pied délicat derrière le rideau défensif écossais pour envoyer Jesse Kriel entre les poteaux. Sa capacité à évoluer aussi en 12, son calme sous pression et son professionnalisme en font un candidat idéal pour endosser en Australie, l’an prochain, un rôle à la Morné Steyn : gestionnaire, buteur de sang-froid, homme des moments décisifs.

Oui les Springboks disposent bien du dynamisme d'un Sacha Feinberg-Mngomezulu pour mettre le feu dès le début, mais, à l’heure de tenter la pénalité de la gagne à quelques minutes de la sirène, difficile d’imaginer quelqu’un d’autre que Pollard pour poser tenter l'impossible.

Joaquin Oviedo (Argentine)

Numéro huit ultra destructeur, le Perpignanais a signé un doublé et empilé vingt charges ballon en main lors de la victoire de l’Argentine contre le Pays de Galles. Même s’il ne reçoit pas toujours la même reconnaissance que d’autres troisièmes lignes, Oviedo est un coureur d’une puissance rare, une qualité qu’il a démontrée tout en faisant preuve d’une bonne lecture du jeu et d’un excellent timing dans ses courses de soutien.

Personne n’a battu plus de défenseurs que lui à San Juan, et alors que l'Argentine a depuis des années réussi à produire des troisièmes lignes de haut niveau, il apporte une forme de frontalité et d’agressivité que les défenses ont du mal à contenir.

Combinée aux qualités en touche de Marcos Kremer et au volume de jeu de Santiago Grondona, sa présence offre un équilibre intéressant à cette troisième ligne argentine.

Raimundo Martinez (Chili)

Deux essais lors de la première journée contre la Roumanie, puis deux autres contre Hong Kong : le Chilien Raimundo Martinez est déjà bien lancé dans cette Nations Cup.

Le numéro 8 formé en partie en France à Bourgoin-Jallieu a retrouvé Selknam pour jouer en Super Rugby Americas cette saison. Il s’affirme comme un élément central du pack des Condores en vue de la Coupe du Monde de Rugby l'année prochaine ; il avait déjà disputé les quatre rencontres du Chili lors de l'édition 2023 en France. À 26 ans, Martinez peut s'imposer comme un joueur clé du Chili pour le tournoi à venir et les suivants.

Raffaele Storti (Portugal)

La seule vraie surprise, après ses trois essais en quatre matchs de la Coupe du Monde de Rugby 2023 avec le Portugal, alors qu’il était prêté à Béziers en Pro D2 par le Stade Français, c’est que cette performance n’ait pas déclenché une ruée des clubs de Top 14 pour s’attacher les services de Storti.

Il est retourné à Paris la saison suivante, mais l’aventure n’a pas pris la tournure espérée. Il a retrouvé ses repères à Grenoble, en Pro D2, où il a remis la machine en route avec 15 essais en 17 rencontres.

Cette dynamique s’est prolongée lors du large succès portugais contre le Canada à Edmonton, où Storti a fini parmi leurs attaquants les plus dangereux, à la fois en termes de franchissements et de défenseurs battus. Ses deux essais inscrits en seconde période, au moment où le Canada commençait à lâcher physiquement, ont illustré son sens de la finition, aucun joueur des deux équipes ne comptant davantage de franchissements sur la rencontre.

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