L'Australie a eu raison de la résistance uruguayenne

Pas récompensé de ses efforts à la mi-temps, l'Uruguay a fini par céder sous les vagues offensives des Wallabies (45-10).

TOKYO, le 5 octobre. Rencontre déséquilibrée sur le papier, cet Australie – Uruguay s’est révélé beaucoup plus intéressant qu’imaginé. Du moins durant la première période. Dans la lignée de leur premier match face aux Fidji (victoire 30-27) et portés par leur jeunesse, los Teros ont joué crânement leur chance face à des Wallabies pourtant au pied du mur après leur défaite contre le pays de Galles la semaine dernière (29-25).

Et si les Wallabies, dans leur splendide maillot aborigène collector, ont été les premiers à ouvrir la marque par Haylett-Petty (7-0, 6ème), les Sud-américains n’ont pas tardé à réagir. Ils se sont retrouvés deux fois tout près de franchir la ligne adverse. Des efforts finalement récompensés par le pied de Berchesi (7-3, 12ème). Mieux, juste avant la pause, l’Uruguay croyait bien marquer à son tour un essai par Inciarte, mais l’arbitre français M. Raynal l’annulait pour un hors-jeu d’Ardao.

Mais l’Australie a dans ses rangs un joueur exceptionnel, qu’on attendait de découvrir. Plus jeune Wallaby à jouer en Coupe du Monde, Jordan Petaia a montré, en l'espace de six minutes, pourquoi Michael Cheika lui fait déjà confiance. Un essai en venant se proposer plein axe, agrémenté d’un tour sur lui-même pour échapper au plaquage de Silva (14-3, 24ème). Puis une démonstration de petits pas et d’appuis électriques pour trouver l’intervalle et faire la passe décisive à Kuridrani dans des conditions idéales (19-3, 30ème).

Un score à la mi-temps finalement flatteur pour les Wallabies, dominateurs dans l’ensemble mais terriblement indisciplinés. Neuf pénalités en première période et surtout deux cartons jaunes pour des plaquages hauts (Coleman 14ème puis Salakaia-Loto 29ème), voilà l’occasion pour Michael Cheika de s’arracher quelques cheveux et de pousser une bonne soufflante à la pause.

En tout cas, les Wallabies revenaient des vestiaires transfigurés. Finis, les ballons rendus stupidement. Terminée, l’indiscipline chronique (trois pénalités seulement). Face à une opposition uruguayenne qui baissait un peu de pied, l’Australie commençait à dérouler son rugby. Toutes les sept minutes environ, les Wallabies ajoutaient un essai. Le centre Kuridrani enrhumait Freitas pour son doublé personnel et l’essai du bonus (26-3, 47ème). L’entrant Will Genia célébrait sa 15ème apparition en Coupe du Monde d’un nouvel essai (33-3, 54ème). James Slipper aggravait le score, inscrivant son premier essai pour sa 94ème sélection (40-3, 62ème). Haylett-Petty y allait aussi de son doublé (45-3, 69ème).

Toujours valeureux, l’Uruguay ne renonçait pas. Et à deux minutes de la fin, au terme d’une action à quasi vingt temps de jeu, le numéro 8 Manuel Diana récompensait les efforts de son équipe, battue mais qui n’a pas vraiment pas à rougir de sa performance. L’Australie, elle, va mieux mais a encore du pain sur la planche en vue des quarts de finale.

RNS jf/sc