Kuridrani a fait honneur au maillot

Laissé de côté lors des deux premiers matches au profit de la paire Kerevi - O'Connor, Tevita Kuridrani a montré face à l'Uruguay qu'il pouvait regagner sa place au cœur de l'attaque australienne. Maillot collector sur le dos.

TOKYO, le 5 octobre - Trois matches déjà dans cette Coupe du Monde joués par l'Australie, et toujours ce sentiment que le sélectionneur Michael Cheika est à la recherche de la bonne carburation. Les deux performances inabouties face aux Fidji (39-21) et à l'Uruguay (45-10), bien que victorieuses, n'ont pas effacé la défaite face au pays de Galles (25-29).

Tout d'abord d'un point de vue comptable. Les Wallabies ont toutes les chances de terminer deuxièmes de la Poule D, et donc de retrouver le premier de Poule C. Probablement l'Angleterre, bien que la France puisse encore prétendre elle aussi à la première place. Et qu'en vue de cette échéance, il lui faudra clairement hausser son niveau de jeu. Cela passera probablement par quelques ajustements dans le XV de départ. Tevita Kuridrani pourrait en bénéficier.

Désigné Joueur du match face à l'Uruguay, le trois-quarts centre revient de loin. Cadre de l'équipe vice-championne du monde en 2015, il s'est retrouvé relégué hors du groupe des 23 lors des deux premiers matches de cette Coupe du Monde. Barré par l'explosion de Samu Keresi et le retour en forme de James O'Connor. Cette paire a notamment gagné sa légitimé lors de la victoire historique de l'Australie sur la Nouvelle-Zélande (47-26) en août dernier. 

Dwyer au soutien

Cheika a bien essayé d'associer Keresi et Kuridrani au centre de l'attaque, notamment sur les deux premiers matches du dernier Rugby Championship, mais les deux joueurs d'origine fidjienne ont des profils trop similaires. En mode tracteur plutôt que créateur, avec un jeu au pied limité. Second centre aux côtés de Keresi, le cousin de l'ancien Wallaby Lote Tuqiri et de l'ailier fidjien Nemani Nadolo a disparu des radars. 

L'expérience a fait long feu. Cheika est vite revenu à un schéma plus traditionnel du rugby australien, avec un premier centre au profil proche d'un second meneur de jeu au soutien de l'ouvreur. Des voix se sont alors élevées pour défendre Kuridrani, notamment Bob Dwyer. Le sélectionneur des champions du monde 1991, dont l'avis compte sur l'île-continent, s'est ému en août du fait que la menace que représente le centre aux 60 sélections soit ainsi gâchée. « On ne l'a pas trop vu, c'est vrai. Mais Kerevi porte beaucoup le ballon et n'offre pas beaucoup d'opportunités à Kuridrani de se montrer. Il est en très grande forme et a besoin de toucher davantage le ballon. »

On ne sait pas si le message a été reçu par Cheika. Mais en alignant Kuridrani face à l'Uruguay, le technicien pourrait reconsidérer ses options en attaque. Associé à un partenaire davantage porté sur la passe comme Matt To'omua, le numéro 13 s'est en effet rappelé au bon souvenir de son coach. Et a fait honneur au maillot spécial que portaient les Wallabies pour ce match, clin d’œil à la diversité culturelle australienne.

Ses stats ? 120 mètres parcourus (meilleur total du match), 9 défenseurs battus (1er), 2 franchissements, aucune faute de main et aucune pénalité concédée au cours d'un match pollué par les fautes australiennes (12 fautes de main, autant de pénalités). Et deux essais bien sûr.

« Je vais continuer à m'entraîner dur et à jouer ainsi, et j'espère que (le sélectionneur Michael) Cheika continuera à me choisir », a-t-il simplement déclaré à l'issue d'une rencontre qu'il a éclaboussée de sa présence. « Certains se sont vraiment montrés, comme (Tevita) Kuridrani », était bien obligé de reconnaître Cheika. De quoi faire pencher la balance ? Réponse contre la Géorgie le 11 octobre, et surtout en quarts de finale. 

 

Les déclas d'après-match

« Je l'ai dit aux joueurs avant le match : ils ont un cœur gros comme ça et ils vont venir nous défier. Ils se sont clairement améliorés depuis la dernière Coupe du Monde. On vient d’en faire l’expérience directe. »

Le sélectionneur de l'équipe d'Australie, Michael Cheika.

« En première mi-temps, nous avons fait du bon travail. En deuxième mi-temps, tout le crédit revient à l’Australie. C’est une grande équipe, très rapide. »

Andres Vilaseca, capitaine de l'équipe d'Uruguay

La stat du match

41 Comme le nombre de plaquages manqués par l'Uruguay face à l'Australie. Soit 75 % de réussite seulement. Difficile dans ces conditions de tenir tout le match.

RNS jf/sc