La Nouvelle-Zélande veut se mettre sur son 31

Transcendés par les mots de leur ancien capitaine Jacques Burger, les Namibiens rêvent de renverser la montagne néo-zélandaise. Ce serait le plus grand exploit de l'histoire de ce sport !

TOKYO, le 5 octobre – Direction la Poule B pour un match déséquilibré sur le papier entre la Nouvelle-Zélande et la Namibie ce dimanche à 13h45 au Tokyo Stadium.

Vue d’ensemble

Les statistiques peuvent provoquer des frissons voire des visions d’horreur… L’équipe qui n’a jamais remporté le moindre match de Coupe du Monde (en 21 tentatives) défie celle qui n’a jamais connu la défaite en 30 rencontres de poules. Choc des genres…

Pour ne rien arranger, cette fameuse équipe aux 30 succès en poules reste également sur 16 victoires consécutives en Coupe du Monde. Il faut remonter à 2007 et un quart de finale abandonné contre l’équipe de France d’un Thierry Dusautoir en fusion pour voir la Nouvelle-Zélande – car c’est bien d’elle dont on parle – s’incliner sur la plus grande scène mondiale.

Mais, face aux numéros 1 mondiaux, les Welwitschias croient en leur étoile. Vingt-troisième au classement World Rugby, la Namibie est le Petit Poucet de cette compétition. Pour croire en un conte de fée au pays de Hayao Miyazaki, les Namibiens peuvent se référer à ce soir de 2015 où, en Coupe du Monde déjà, ils avaient inscrit un essai aux All Blacks grâce à Johan Deysel, toujours là sur la pelouse et capitaine de cette équipe. Malgré la défaite (58-14), la Namibie avait offert un visage conquérant, combatif, qui pouvait faire la fierté de la légende Jacques Burger et de tout un pays.

Jacques Burger, justement, a pris la parole cette semaine pour donner un supplément d’âme à ses anciens coéquipiers : « Ce sont 15 des plus grands joueurs du monde. Mais ce ne sont que des êtres humains, comme nous. »

« Dès le coup d’envoi, le premier plaquage, le premier ruck, faites tout à 100 %. Vous pouvez le faire. Ils ne sont pas surhumains. »

S’ils sont faits du même alliage que les autres, ces Néo-zélandais restent tout de même les maîtres actuels du rugby mondial, comme en atteste leur victoire face au Canada mercredi dernier avec neuf essais inscrits et surtout aucun point encaissé.

Disputer un deuxième match en cinq jours n’est pas de nature à perturber une telle machine. Le caractère expérimental de la ligne de trois-quarts alignée non plus. Jordie Barrett a appris ce vendredi qui serait titularisé à l’ouverture pour la première fois de sa carrière avec les All Blacks. L'ouverture, un royaume où son frère Beauden Barrett a laissé la couronne de roi à Richie Mo’unga, c’est dire la richesse de l’effectif à disposition de Steve Hansen…

La Namibie aurait alors pu être tentée de faire une impasse sur ce match en se focalisant sur le prochain rendez-vous, plus abordable sur le papier face au Canada. Car les Blacks ne prennent pas cette rencontre à la légère et vont l’utiliser comme un test grandeur nature, comme le confirme la titularisation du deuxième ligne Brodie Retallick, absent depuis 10 semaines et qui fait son retour à la compétition.

Il y aura tout de même un Néo-zélandais qui aura le cœur partagé ce dimanche. Entraîneur de la défense des Welwitschias, Dale McIntosh vient du pays au long nuage blanc. Le sélectionneur de la Namibie Phil Davies espère le voir exécuter un haka d’ici la fin de la compétition. Nul doute qu’en cas de nouvel essai de son équipe face à la Nouvelle-Zélande ou de défaite de moins de 30 points, McIntosh pourrait s’exécuter dès dimanche soir.

Une petite victoire en somme pour des Namibiens, qui donneront tout sur le terrain alors que les bookmakers prédisent une victoire de la Nouvelle-Zélande de 70 points.

Forme du moment (match le plus récent en premier)

Nouvelle-Zélande : VVVVD

Namibie : DDDVV 

Face-à-face

Match joué : 1 – Nouvelle-Zélande : 1 victoire

Zoom

Deux joueurs blessés à l’épaule font leur retour pour ce match. Brodie Retallick, deuxième ligne néo-zélandais, est absent depuis dix semaines pour une luxation de l’épaule gauche qui laissait craindre une absence pour l’ensemble de la compétition. Finalement, le comparse de Sam Whitelock a récupéré plus vite que prévu et fait son retour avec deux semaines d’avance sur le protocole.

Côté namibien, c’est aussi un cadre qui revient. Auteur du seul essai des Welwitschias en 2015 face aux All Blacks, Deysel a manqué le premier rendez-vous de la compétition, face à l’Italie, avant d’entrer en jeu face à l’Afrique du Sud. Celui qui est surnommé ‘Buffy’ « parce que c’est un tueur sur le terrain », expliquent ses coéquipiers voudra sans nul doute se rappeler au bon souvenir des Néo-zélandais.

News

On change tout ou presque côté All Blacks. Les deux habituels ouvreurs Richie Mo’unga et Beauden Barrett sont laissés au repos. C’est le jeune frère de ce dernier, Jordie, qui portera le n°10 pour la première fois de sa carrière avec les triples champions du monde. Sur le banc, c’est l’habituel demi de mêlée TJ Perenara qui sera la solution de secours à l’ouverture, au cas où.

Pour la Namibie, c’est aussi un grand chambardement avec neuf changements et l’envie de faire profiter tout le monde. Seuls le deuxième ligne Tijuee Uanivi (qui perd le capitanat, laissé à Deysel), l’ailier gauche JC Greyling et l’arrière Johan Tromp ont débuté les trois matches des Welwitschias dans cette Coupe du Monde. Habituel titulaire – il n’a plus manqué un match depuis novembre 2018 –, l’habituel ouvreur Cliven Loubser est laissé au repos pour soigner une entorse de la cheville contractée face aux Springboks. C’est Helarius Axasman Kisting, qui évolue habituellement en Roumanie, qui démarrera avec le numéro 10 dans le dos.

Faits et chiffres

La Nouvelle-Zélande vise sa 31ème victoire en 31 matches de poule en Coupe du Monde. Sur les 30 premiers succès, un seul n’a pas été obtenu sur une marge de plus de 10 points…

La plus grosse défaite de la Namibie en Coupe du Monde remonte à la Coupe du Monde 2003. L’Australie s’est alors offert la plus large victoire de l’histoire dans son antre de l’Adélaïde Oval (142-0).

Les 63 points inscrits par la Nouvelle-Zélande est le total le plus important inscrit lors de cette Coupe du Monde.

La dernière Nation de Tier 1 battue par la Namibie est l’Irlande (26-15 à Windhoek). C’était il y a 28 ans.

Déclas

« C’était un moment incroyable. Cet essai a eu un impact considérable dans ma vie. Beaucoup de gens se souviennent de cet essai. Cela a placé la Namibie sur la carte du monde du rugby. Cela peut arriver à n’importe quel autre joueur ce dimanche. De petites opportunités comme celle-ci peuvent avoir un impact énorme sur votre carrière et votre vie. »
Johan Deysel, capitaine de la Namibie, auteur du seul essai de son équipe contre les All Blacks en 2015.

« Il est plein d'aplomb. C'est clair qu'il n'en manque pas. Mais je ne crois pas que l’on doive confondre cet aplomb, cette confiance qu’il a en lui, avec de l’arrogance. Il n’est pas arrogant. C'est un garçon humble. Il va entrer sur le terrain et prendre ses responsabilités à la tête de l’équipe. »
Steve Hansen, sélectionneur de la Nouvelle-Zélande, à propos de son jeune ouvreur Jordie Barrett.

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