Les Tonguiens en mode samouraïs face aux Bleus

Les Tonguiens vont s'inspirer de l'esprit des samouraïs de Satsuma pour renverser l'équipe de France. Les Bleus sont prévenus, ce dimanche, ça va cogner fort !

KUMAMOTO, le 5 octobre – Kumamoto et son château – l’un des plus beaux du Japon – restent des lieux préservés, authentiques, où l’histoire entrecroise souvent la route des samouraïs depuis plus de dix siècles. C’est peut-être de cette proximité avec les combattants japonais que vont s’imprégner les Tonga à l’heure d’affronter l’équipe de France ce dimanche dans l’enceinte locale.

Entre février et avril 1877, le siège du château de Kumamoto a été l’un des événements les plus marquants de ce qu’on a appelé « la rébellion de Satsuma ». Un combat entre les samouraïs locaux, le domaine de Satsuma, et l’armée impériale japonaise qui a entraîné de nombreuses pertes humaines des deux côtés.

Kumamoto est également la ville d’une des figures les plus emblématiques du Japon, Miyamoto Musashi. Un samouraï d’exception aux multiples talents, ancien gouverneur, qui s’était retiré dans une grotte près de Kumamoto.

Visiblement bien au fait de cette histoire, le capitaine des Tonga Siale Piutau en a parlé durant la semaine : « Le samouraï de Kumamoto incarne un esprit combatif qu’il va nous falloir retrouver. Nous avons évoqué son histoire pendant notre préparation cette semaine. Nous sortons de deux défaites, j’espère que ça va créer quelque chose de spécial. »

Un match de guerriers

Piutau a déjà remporté un combat face aux Français. C’était en 2011, à Wellington. À la tête des Aigles de Mer, il a défié les troupes du capitaine Dusautoir. Accompagné de son fidèle camarade Sione Kalamafoni, toujours présent aujourd’hui avec lui, il avait fait tomber les Bleus pour une version contemporaine de David contre Goliath (19-14).

Déjà présent à l’époque – en tant qu’entraîneur adjoint – Toutai Kefu est cette fois le big boss des Tonga. Pour ce rendez-vous qui fleure bon la surprise, il a effectué deux changements par rapport à l’équipe vaincue par l’Argentine samedi dernier (28-12). Le puissant ailier Cooper Vuna va tenter de prendre à revers la défense tricolore en lieu et place de Viliami Lolohea. Quant au « Bélier » local, l’homme qui peut avancer malgré trois adversaires sur le dos, Ben Tameifuna (151kg), il a dû renoncer sur blessure, remplacé par Ma’afu Fia.

« Cooper fait de très bonnes choses et a beaucoup d’énergie. C’est un très bon joueur avec beaucoup d’expérience au niveau du rugby international, à XV comme à XIII. On pense qu’il va amener beaucoup d’impact, prophétise Kefu. Ma’afu nous apporte plus de mobilité dans le jeu que Ben (Tameifuna). Nous sacrifions un peu notre force en mêlée, où Ben fait un travail fantastique, mais nous avons d’excellents piliers. Chacun d’entre eux a ses propres qualités. »

Des Français imprévisibles

Victorieuse de ses deux premiers matches, face à l’Argentine (23-21) et aux États-Unis (33-9), l’équipe de France peut définitivement se qualifier pour les quarts de finale en cas de résultat positif (victoire, match nul ou défaite avec le bonus offensif et défensif). Toutai Kefu se méfie de cette escouade menée par Jefferson Poirot.

« Ils n’ont pas encore montré leur meilleur visage, mais on ne les prendra pas à la légère. Ils ont gagné leurs deux matches. Ils ont donc fait l’essentiel et c’est déjà deux victoires de plus que nous. Les Français, ce sont les Français – imprévisibles -, mais nous allons nous concentrer sur nous. »

Les infiltrés

Agents infiltrés dans les rangs adverses, cinq Tonguiens évoluent en France : le pilier Siegfried Fisi’ihoi (Pau), le talonneur Paula Ngauamo (Agen), le deuxième ligne Leva Fifita (Grenoble), le troisième ligne centre Maama Vaipulu (Castres) et le centre de Bayonne Malietoa Hingano.

« Je pense que ça nous aide, reconnaît Piutau qui évolue de son côté en Angleterre. Ils comprennent la mentalité et la psychologie des joueurs français. Quand on les a battus en 2011, on avait plusieurs joueurs qui jouaient déjà en France. C’est bien sûr un gros apport. »

Impressionnant après son entrée en jeu contre l’Argentine avec des passes bien senties, Cooper Vuna a montré que les Tonguiens avaient cet esprit de guerriers si cher à l’île de Kyushu et la ville de Kumamoto. « On ne voulait pas rentrer aux vestiaires sans avoir montré quelque chose sur le terrain, glisse-t-il en souvenir du match face aux Pumas. Nous avons dû puiser en nous-mêmes pour sortir quelque chose du chapeau. On y est parvenus. »

L’équipe de France est donc prévenue. Elle aura face à elle une équipe déterminée et sans complexe. Et l’exploit de 2011 résonne encore dans les têtes de tous ces joueurs. « On sait que les gars de l’équipe d’alors l’ont fait en 2011. Maintenant, c’est à nous de refrapper un grand coup », scande Vuna. Le ton est donné, il faudra livrer un grand combat à Kumamoto !

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