Galinovskiy savoure son dernier défi

À l'approche de sa retraite internationale, le vétéran russe Igor Galinovskiy se délecte d’avoir enfin pu disputer une Coupe du Monde de Rugby.

AWAJI, le 6 octobre – Avec trois défaites en trois matches, la Russie est désormais éliminée de la Coupe du Monde de Rugby 2019. Une éviction presque attendue, qui ne remet pas en question l’intérêt tout particulier qu’aura Igor Galinovskiy à disputer le dernier match des Ours, face à l’Écosse, mercredi prochain dans la Poule A au Shizuoka Stadium.

Le centre, aujourd'hui âgé de 33 ans, avoue volontiers que ce match pourrait bien être son dernier au niveau international. Mais s’il pense à prendre sa retraite, il reste très motivé à l’idée de compléter encore son album-souvenir de la compétition japonaise.

« Je pense que ça suffit. Je vais continuer ma carrière, mais à l'international, c'est probablement terminé, explique-t-il. D’abord, je dois rentrer à la maison et finir ma saison avec mon club. Après, je ferai une pause pour m’éclaircir les idées. Cette année a été tellement intense, mais aussi si belle et mémorable. »

En dépit de sa situation comptable, la Russie va aborder ce match contre l’Écosse avec beaucoup de positif. Et ce même si la perspective d’un premier succès dans cette compétition, depuis sa première participation en 2011, s’annonce sans doute comme un vœu pieux.

Absent de cette Coupe du Monde en Nouvelle-Zélande sur blessure, Galinovskiy résume bien la confiance du groupe.

« On est prêts. On a analysé et corrigé nos erreurs, on va tout donner. Chaque joueur va entrer sur le terrain avec la rage de vaincre. On veut gagner et on va jouer pour gagner », annonce-t-il ainsi.

« J’ai longtemps été déçu de ne pas y être allé (à la Coupe du Monde 2011), mais c’est le lot des carrières sportives. Le championnat russe a repris ensuite, et j’ai pu jouer la finale de la Coupe de Russie. Ça m’a bien changé les idées. Ça m’a calmé rapidement. J’ai ensuite enchaîné avec la Coupe du Monde de Rugby à 7 en 2013 à Moscou, et puis 2019 est arrivé vite. »

Avant le match contre l’Irlande, le dernier match de Galinovskiy avec la Russie remontait à février 2018 face à la Belgique. Son rappel lors du match de préparation perdu contre les Jersey Reds a néanmoins conduit à son intégration dans la liste des 31.  

« Au début, je n’étais pas sûr de venir au Japon parce que je n’avais plus été retenu dans l’équipe jusqu’à l’été 2019. Mais quand j’ai rejoint l’équipe, j’ai renoué avec mon rêve de vivre une telle expérience. »

Un spécialiste du rugby à 7

Vétéran du rugby à 7 (photo, lors d’un match contre les Îles Cook en 2014), Galinovskiy a fait ses débuts lors de l’étape londonienne de la tournée mondiale de rugby à 7 en 2006. Il y a inscrit un triplé lors de la mémorable victoire 21-5 contre l’Australie.

Mais ce n’est que lors du troisième match de l’équipe de Russie, contre l’Irlande, que Galinovskiy a enfin pu accéder à son rêve de disputer un match de Coupe du Monde de Rugby, tout en fêtant sa cinquantième sélection pour les Ours.

« Ce sont des sensations inoubliables, parce qu’on avait une très bonne équipe en face de nous. Je les remercie d'avoir aligné une aussi belle équipe contre nous, dit-il ainsi. C’était bien de pouvoir se mesurer à des joueurs aussi réputés dans un stade aussi impressionnant. »

Après cet avant-goût, Galinovskiy a sans doute encore plus d’appétit pour le match à venir contre l’Écosse. 

« C’est mon rêve de revivre des moments aussi remarquables, mais il y a beaucoup de joueurs dans le groupe russe qui n’ont pas encore joué dans cette Coupe du Monde, avoue-t-il. Ça les travaille, et je les comprends parfaitement. Je suis un peu désolé pour eux, mais c’est le sport, on n’y peut rien. »

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