Erasmus met la pression sur les « nouveaux »

Le sélectionneur des Boks a procédé à plusieurs changements en vue du match contre le Canada. Mais il a laissé entendre que les joueurs sélectionnés n'avaient pas vraiment le droit à l'erreur.

KOBE, le 6 octobre – S’améliorer, encore et toujours. Après avoir pris une option pour les quarts en maîtrisant l’Italie (49-3), les Boks ne veulent pas relâcher la pression face au Canada ce mardi. Si l'entraîneur sud-africain Rassie Erasmus a déjà annoncé les changements dimanche pour le match au Kobe Misaki Stadium, il n'a pas manqué d'avertir les joueurs sélectionnés qu'il leur restait encore du pain sur la planche. Deux joueurs seront particulièrement scrutés et auront à cœur de gagner leur place pour les quarts de finale : l’arrière Damian Willemse, qui fera ses débuts dans cette Coupe du Monde de Rugby, et l’ailier S'Busiso Nkosi.

« L’ossature de l’équipe est un peu différente, mais j’attends la même intensité, a commenté le coach. Gagner largement ne sert finalement pas à grand-chose si tu ne t’améliores pas dans tous les compartiments du jeu. Un des compartiments qui fera la différence lors des matches à éliminations directes, ce sera l’intensité, l’intensité déployée par les équipes en quart et en demi-finale. Si les gars qui vont jouer ne se mettent pas au même niveau, ou au niveau au-dessus des titulaires habituels, leur place dans le groupe sera menacée. Ils en sont conscients et ce sera un des enjeux du match. »

Le capitaine Siya Kolisi (en photo sur la gauche) est l'un des deux titulaires habituels à avoir été retenus face au Canada (l’autre est le centre Damian de Allende). Erasmus estime que son capitaine flanker a besoin de jeu avant les matchs couperets, lui qui a souffert d’une blessure au genou il y a quelques mois.

« Siya a joué les 80 minutes la semaine dernière (contre l’Italie) et je l'ai trouvé fantastique, s’est réjoui Erasmus. C’était son meilleur match depuis son retour de blessure. Il va dérouler maintenant. L’idée a toujours été de le sélectionner pour la Coupe du Monde, à condition que son genou tienne. Je pense qu’il est de retour au top de sa forme et qu’il peut jouer 80 minutes maintenant. »

Vaillants mais encore un peu tendres en défense, les Canucks du Canada ont encaissé 111 points lors de leur deux matches contre l’Italie et la Nouvelle-Zélande. Pourtant, Erasmus (qui a les a affrontés en tant que joueurs en 2000) se dit impressionné par leur évolution.

« Il faut reconnaître la qualité du travail effectué par World Rugby, a-t-il observé. Quand on voit la Namibie, le Canada et le Japon... En 1995, pour la Coupe du Monde en Afrique du Sud, les Japonais étaient basés à Bloemfontein, où j’habitais à l’époque, et ils avaient pris 125 et 105 points. » 

« Et le Canada, c'était un peu la même chose, une promenade de santé. Mais contre l’Italie, ils ont produit de belles phases de jeu, en gâchant quelques essais au passage. Ils auraient pu marquer quatre ou cinq beaux essais. »

« Dans l’ensemble, World Rugby a fait un super boulot auprès des nations du Tier 2. On a passé beaucoup de temps à étudier le jeu du Canada, parce qu’il suffit d'avoir un moment de déconcentration pour faire quelques petites erreurs dont ils vont profiter. Ils sont durs au mal et puissants physiquement. Ça se voit dans les sports qu'ils pratiquent. Ils sont costauds et vont tout faire pour se donner une chance de gagner. »

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