Navidi, le retour de l'enfant prodigue

Le troisième ligne du pays de Galles a réussi à se faire une place dans un groupe où la concurrence fait rage.

BEPPU, le 8 octobre – Quatre ans ! Quatre ans d’attente, presque de purgatoire pour Josh Navidi. Annoncé très jeune comme l’avenir de la sélection galloise (première sélection en 2013 à seulement 22 ans), il a passé quatre années loin des radars de Warren Gatland. Ce n’est qu’en 2017 qu’il est revenu dans les petits papiers de la sélection, à force de travail.

« La tournée d’automne et le Tournoi des Six Nations qui ont suivi ma première sélection ont été difficiles, reconnaît aujourd’hui le polyvalent troisième ligne. Je me suis dit que je devais simplement me concentrer sur mon travail avec les Blues (équipe de Cardiff où il a effectué l’ensemble de sa carrière). À partir de là, ça s’est bien passé. »

Interrogé sur son joueur, Warren Gatland a donné les raisons de sa longue absence. « C’est un joueur de qualité et je sais que, par le passé, beaucoup de gens ont réclamé son retour en sélection. Malheureusement, il a eu quelques blessures. Mais quand il était en bonne santé, il faisait partie intégrante du groupe. Il est sous-coté. »

Le Japon, une histoire d’amour

Désormais, les blessures et cette attente semblent loin derrière lui, et il compte profiter de cette chance qui lui est donnée : disputer sa première Coupe du Monde à 28 ans (il fêtera ses 29 ans en fin d’année). « C’est fou ! Il y a quelques mois, j’ai pris un peu de recul pour réfléchir à tout ça. Si vous m’aviez dit il y a quatre ans que je participerais à cette Coupe du Monde, je ne vous aurais probablement pas cru ! »

Mais Navidi semble avoir une histoire particulière avec le Japon. Sa première sélection, en 2013, il l’a honorée contre… les Brave Blossoms. Rien de plus logique donc que de disputer sa première compétition intercontinentale sur l’archipel. « C’est bien d’être ici, d'en profiter et de saisir cette occasion. Espérons simplement que je pourrai continuer à porter ce maillot et jouer. »

 

Si Navidi a mis autant de temps à revenir en sélection, c’est notamment dû à une concurrence féroce à son poste. Jamais le pays de Galles n’a disposé d’autant de talents à son poste que ces dernières années (Warburton, Lydiate, Moriarty, Tipuric, Faletau, Wainwright). « Je sais qu'en un clin d’œil, on peut perdre sa place. Il faut vraiment en profiter et tout donner lorsqu'on en a l'occasion, pour que ça dure le plus longtemps possible. »

Propre et polyvalent

À l’heure d’affronter les Fidji pour le troisième match de poules des Gallois, Warren Gatland a décidé de maintenir sa confiance en Navidi. Le troisième ligne a profité de sa polyvalence pour glisser du n° 8 au poste de flanker côté fermé.

« Il est juste humble et dur à la tâche, explique le sélectionneur du pays de Galles. Courir, faire des gros plaquages, il maîtrise parfaitement toutes les bases de son poste, il ne fait pas beaucoup d’erreurs. Il est très bon dans les zones de ruck. »

Reconnu par ses pairs

En règle générale, la qualité d’un joueur est d’être respecté et reconnu par ses adversaires. C’est le cas de Navidi. « Je me souviens d’avoir parlé avec John Mitchell (entraîneur de la défense de l’Angleterre) après avoir affronté le XV de la Rose à domicile, confie aujourd’hui Warren Gatland. Il m’a dit que les joueurs anglais avaient un énorme respect pour lui. À mes yeux, c’est la reconnaissance ultime. »

Et lorsque le compliment provient du pays du Rugby Roi, celui-ci prend encore plus d’ampleur. « Il y a quelques années, se remémore Gatland, c’était un des tous premiers matches de Josh, et on a affronté les All Blacks. Steve Hansen (sélectionneur de la Nouvelle-Zélande) a demandé ‘Vous l’avez trouvé où votre n° 7 ?’ On sait qu’on a beaucoup de chance d’avoir autant de talents à ce poste. C’est un secteur où il y a une énorme concurrence. »

 

Les Fidji, dernier obstacle avant les quarts

Preuve de cette concurrence féroce, Justin Tipuric, l’un des meilleurs troisièmes lignes du monde, n’a pas été retenu pour affronter les Fidji. Il regardera depuis les tribunes Josh Navidi tenter d’envoyer les Gallois en quart de finale en cas de victoire contre les joueurs du Pacifique.

« Leur jeu à base de offloads et la façon dont ils négocient les ballons de récupération, soupire le Gallois au moment d’énoncer les principales qualités des Flying Fijians. Ils aiment proposer un jeu plein de fougue, ouvert. On doit simplement se concentrer sur nous-mêmes, assurer nos possessions sur les phases statiques et coller à notre plan de jeu. »