Reid s'éclate au Japon, malgré les sushis

L'optimiste pilier écossais a régalé les journalistes japonais avec ses histoires de boulettes de viande violettes et de météo écossaise.

HAMAMATSU, le 8 octobre – Si le pilier écossais Gordon Reid est capable de mettre autant d'énergie et d'inspiration dans le match contre la Russie que devant les journalistes ce lundi, gageons qu'il n'aura besoin de personne d'autre pour terrasser les Ours de Sibérie.  

Depuis le début, le pétillant pilier, joker dans le groupe écossais, poste sur les réseaux sociaux des vidéos de ses tentatives pour communiquer avec les chauffeurs de taxi japonais dans son inimitable dialecte écossais.

Dans sa dernière vidéo, il avait trouvé un nouvel exutoire à son espièglerie, épinglant cette fois le capitaine Stuart McInally, qui dispose d'une chambre double pour lui tout seul, quand ses 30 coéquipiers doivent se contenter de partager la leur et de dormir sur des lits simples.

« Gregor (Townsend, le sélectionneur) m'a un peu tiré les oreilles pour certaines d'entre elles, reconnaît l'intéressé. Mais j'ai envie de me faire plaisir. Ce n'est pas tous les jours qu'on a une occasion pareille, j'ai envie d'en profiter au maximum. »

Reid n'aura parlé en tout et pour tout que 10 minutes ce lundi au musée des instruments de musique de Hamamatsu. Mais les journalistes japonais présents ne sont pas prêts d'oublier ce moment.

Après avoir évoqué le « sacré client » qui l'attend en la personne du pilier russe Kirill Gotovtsev, le gaucher écossais a enchaîné sur un tout autre défi majeur qu'il doit relever jour après jour au Japon : la nourriture.

« J'ai essayé les sushis. C'est pas vraiment mon truc, mais je fais l'effort. J'ai aussi essayé des trucs que je qualifierais de boulettes de viande, il y en avait une qui était violette et l'autre verte. Je n'avais pas la moindre idée de ce que c'était, mais j'ai goûté, et franchement, c'était pas mal. Pas ce que j'ai mangé de meilleur dans ma vie, mais pas mal. Et j'adore le poulet Katsu au curry. »

À 32 ans, Reid semble déterminé à prendre du bon temps. Sans doute parce que cette deuxième Coupe du Monde sera probablement sa dernière, mais aussi parce qu'il retrouve enfin du plaisir après une saison malheureuse aux London Irish, où il dit avoir connu des moments compliqués et avoir souffert de l'éloignement de sa famille.

Au Japon, il partage sa chambre avec un autre pilier, Willem Nel, qui évoquait la semaine dernière ses propres difficultés à être séparé de sa jeune famille pour si longtemps.

« On est dans le même bateau et on se soutient. C'est ça être une équipe, souligne Reid (à gauche sur la photo, avec sa fille Emerson ainsi que Stuart Hogg et sa fille Olivia à la fin d'un match de préparation contre la France au mois d'août). Mais bon, il ne faut pas exagérer, ce n'est pas si dur. Tout le monde n'a pas la chance de venir ici au Japon et de représenter son pays. Il y a des gens qui donneraient leur deux bras pour être ici. C'est une chance qu'on a. »

Reid voit toujours le verre à moitié plein, tout le monde a pu s'en rendre compte à sa façon d'envisager le typhon qui pourrait toucher dimanche la région de Tokyo et Yokohama, à l'heure du match contre le Japon : « Il faut arrêter avec ça, on est Écossais. On est habitués à pire. Pluie, grêle, soleil, le tout dans la même journée, c'est pas ça qui nous fait peur. On vient de Glasgow. Il peut pleuvoir ou neiger, on n'est pas inquiets. On va aller sur le terrain et tout donner. »

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