Le pays de Galles sait à quoi s'en tenir face aux Fidji

Le douloureux souvenir de la défaite du pays de Galles face aux Fidji en 2007 est toujours vivace dans les esprits. De quoi mettre sur leurs gardes Warren Gatland et ses hommes.

OITA, le 8 octobre – Plongée dans l’un des derniers chocs attendus de cette phase de poules : pays de Galles - Fidji, mercredi à 18h45 à Oita dans la Poule D.

Vue d’ensemble

« Nantes 2007 ». Cette mention fait naturellement surgir une goutte de sueur dans le dos de chaque Gallois, fébrile, la mâchoire serrée. Non pas que le club de Swansea ou celui de Cardiff a trébuché sous les attaques répétées des Canaris, portés par les envolées lyriques du regretté Eugène Saccomano. Non, il s’agit de l’une des grandes surprises que nous a offertes le rugby. Un match d’anthologie entre le pays de Galles et les Fidji, remporté par ces derniers (38-34). Nul doute que l’animateur aurait voulu faire et refaire ce match…

Présente dans le Top 5 mondial, l’équipe au Chardon s’est avancée sereine, sure de son fait en ce 29 septembre ensoleillé. Sereine, peut-être trop. Avant même le coup d’envoi de leur dernier match de poule, les joueurs ont été informés des préparatifs pour les quarts de finale qui se profilaient. Crime de lèse-majesté : sous-estimer l’adversaire !

Dans ce qui est régulièrement considéré comme le plus beau match de l’histoire des Coupes du Monde de Rugby, les Fidjiens ont fait tomber pour la seule et unique fois de leur histoire les favoris britanniques. Un duel de titans ponctué de neuf essais (quatre côté fidjien, cinq côté gallois) et d’une course poursuite de tous les instants.

Sur la pelouse, des stars immenses se faisaient face. Gethin Jenkins, Alun Wyn Jones, Colin Charvis, Alix Popham, Stephen Jones, Shane Williams, James Hook et autre Gareth Thomas défiaient des Fidjiens en état de grâce comme Akapusi Qera, Sisa Koyamaibole, Mosese Rauluni, Nicky Little, Seremaia Baï, Seru Rabeni, Vilimoni Delasau ou Sireli Bobo. C’est finalement l’un des plus méconnus des joueurs sur la pelouse, le pilier Graham Dewes qui a fait la différence à moins de cinq minutes du terme (38-34).

Les Gallois tombent alors de haut, de très haut. Au point de laisser sur le parking de la Beaujoire l’entraîneur Gareth Jenkins, limogé sur le champ. Un départ pas si anodin que cela puisque le poste est alors confié à un certain… Warren Gatland.

Depuis son arrivée, le sélectionneur néo-zélandais compte quatre Tournois des Six Nations (dont trois Grand Chelem), une demi-finale de Coupe du Monde 2011 perdue contre la France et un quart de finale épique en 2015, à Twickenham. Lors de ces deux exercices, les Gallois ont largement pris leur revanche sur les Fidjiens : 66-0 en 2011 et 23-13 quatre ans plus tard.

À Oita, ce mercredi, un revers gallois aurait surement moins de conséquences qu’en 2007 puisque les hommes de Warren Gatland auront une autre balle de qualification, contre l’Uruguay dimanche prochain.

Présent lors de ce triste épisode nantais, Alun Wyn Jones améliorera ce mercredi le record national de caps avec sa 131ème sélection. Avec Stephen Jones, désormais membre du staff, il est le seul survivant de cette défaite historique.

« Ça a été une énorme déception d’être éliminés dès la phase de poules, se remémore Stephen Jones, alors considéré comme l’un des meilleurs ouvreurs du monde. Ça a mis en avant le rugby fidjien. Donnez-leur de l’espace et du temps, ils déplaceront bien le ballon, enchaîneront les offloads et vous mettront sous pression. Ce jour-là, ils ont marqué des essais fabuleux. »

Sélectionneur des Fidji, John McKee a confié qu’il s’appuierait certainement sur cet exploit historique pour préparer ce dernier rendez-vous des phases de poules pour son équipe : « C’est un des plus beaux exploits du rugby fidjien, et on va certainement s’en servir pour se motiver. L’Histoire peut être une source d’inspiration, mais ce sont les joueurs qui détermineront de l’issue du match. »

Après 2007, c’est désormais à la génération de Nakarawa, Radradra et Tuisova d’écrire leur propre histoire. Pour que, dans douze ans, de jeunes Fidjiens croient de nouveau en leur étoile et fassent tomber les meilleures équipes de Tier 1.

Forme du moment (match le plus récent en premier)

Pays de Galles : VVDDV

Fidji : VDDVV

Face-à-face

Joués : 11 – Pays de Galles : 9 Victoires ; Fidji : 1 Victoire ; 1 match nul

Zoom

Le troisième ligne centre des Fidji Viliame Mata sera l’équation inconnue pour la défense galloise. Il fait son retour après une blessure au mollet. Désigné meilleur joueur de Pro 14 cette saison avec sa franchise écossaise d’Édimbourg, il apportera sa puissance et son double mètre face à des adversaires qu’il a déjà affrontés à de nombreuses reprises.

« Édimbourg a mis en place un programme personnel qui me convient très bien en tant que Fidjien qui joue dans l’hémisphère nord. Je les remercie pour ça. J’ai l’impression que plein de Fidjiens viennent en Europe, et c’est définitivement une aubaine pour le rugby de mon pays. »

Star du 7, il était de l’aventure 2016 lorsque les Flying Fijians ont décroché l’or olympique en dominant notamment la Grande-Bretagne. Son entrée convaincante face à la Géorgie a rassuré le staff du Pacifique. 

News

Le pays de Galles a procédé à deux changements dans son XV de départ par rapport à l’équipe qui a dominé l’Australie. Le n° 8 Moriarty va disputer son premier match dans cette Coupe du Monde en tant que titulaire tandis que James Davies épousera le rôle de flanker. Justin Tipuric, habituel titulaire en troisième ligne, est laissé au repos en prévision du match face à l’Uruguay.

Faits et chiffres

Le centre gallois Jonathan Davies est surnommé « Fox » (renard) car il a grandi au-dessus d’un pub tenu par ses parents, le Fox & Hounds à Bancyfelin. Son plus jeune frère, James, est lui surnommé « Cubby Boi » ou « Cub » qu’il s’est tatoué sur les doigts suite à des vacances à Las Vegas.

En 2011 et 2015, les Fidji n’ont remporté qu’un seul match de poules. Il faut remonter à 2007 – et notamment la fameuse victoire contre les Gallois – pour trouver trace de plusieurs succès fidjiens dans une même Coupe du Monde.

Déclarations

« Quand les Fidjiens prennent confiance, ils sont incroyablement dangereux. En deuxième période contre la Géorgie, ils ont été impressionnants. »
Warren Gatland, sélectionneur du pays de Galles

« On va jouer ce match comme une finale et les mecs vont tout donner. Les Gallois veulent finir premiers de leur poule. Ils ont des joueurs de classe internationale, j’en connais certains du Pro 14, et je sais qu’ils vont sortir un gros match. »
Viliame Mata, troisième ligne des Fidji

RNS ig/sg/rl/fl/mp