Namibie : s’inspirer des meilleurs

Après s’être confrontés aux Springboks et aux All Blacks, les Namibiens veulent tirer les enseignements de ces rencontres pour dominer une équipe canadienne beaucoup plus à leur portée.

MORIOKA, le 8 octobre – Cela restera l’une des images de cette Coupe du Monde. La joie du staff namibien en voyant la pénalité de Damian Stevens passer entre les perches de la Nouvelle-Zélande dès la 2ème minute de jeu a marqué cette phase de poules.

Pendant une demi-heure, dimanche après-midi, une équipe composée d’agriculteurs, d’étudiants, de dentistes, de banquiers a tenu tête à l’une des plus grandes équipes de l’histoire du sport (10-9 à la 29ème minute de jeu).

Si les doubles champions du monde en titre ont finalement fait respecter la logique avec 11 essais et une victoire sans appel (71-9), les Welwitchias ont montré une très belle image du rugby namibien.

« On devait simplement récupérer le ballon et le tenir le plus loin possible d’eux, a expliqué après le match le capitaine de la Nambie Johan Deysel. C’était un de nos objectifs et ç'a bien fonctionné en première période. »

L’exemple japonais

Deysel et ses coéquipiers n’ont pas eu à chercher bien loin une inspiration pour rêver d’exploit et de grandes performances. « Le Japon a prouvé qu'on pouvait battre des nations du Tier 1 en travaillant dur et en multipliant les test matches contre ces équipes. Pour nous, c'était une belle opportunité d'affronter les All Blacks et d'apprendre à leur contact (c’est le cas de le dire…). Si on arrive à retenir les points positifs pour notre prochain match, on va gagner sur le plan du jeu et de la confiance. »

Le demi d’ouverture Helarius Kisting, qui a laissé parler son instinct dans ce jeu alerte, a également souligné la chance qu’ils avaient d’affronter les coéquipiers de Beauden Barrett. « Je me suis contenté de fermer les yeux et de courir, explique-t-il avec le sourire. Je ne sais pas d’où ça sort, mais en tout cas, ce genre d’occasion ne se présente qu’une fois dans la vie, donc il faut en profiter au maximum. On n’avait rien à perdre et c’est dans cet état d’esprit que j'ai essayé de jouer. »

S’ils n’avaient rien à perdre, ils avaient en revanche tout à gagner. « Ces gars n’ont pas conscience de leur niveau. Il y a des joueurs vraiment talentueux en Namibie, affirme le talonneur Torsten van Jaarsveld. Les gars ont un cœur gros comme ça et beaucoup de cran. Au bout du compte, c’est juste une question de confiance en soi. Il faut qu’ils se rendent compte que ce sont des êtres humains en face, qui tombent aussi quand on les plaque. Même contre la Nouvelle-Zélande, ça reste un jeu où 15 mecs affrontent 15 autres mecs. »

Trois Tier 1 d’affilée

Avant leur premier match face à l’Italie, la Namibie n’avait plus affronté d’équipe de Tier 1 depuis l’Argentine… lors de la Coupe du Monde 2015. En trois semaines, ils ont défié trois grosses écuries dont deux nations de l’hémisphère sud qui comptent parmi les favorites de la compétition.

« Je préférerais cent fois jouer contre les All Blacks toutes les semaines plutôt que de jouer contre toutes les équipes d’Afrique et les battre de 80 points, affirme Janco Venter. Si on jouait contre eux chaque semaine, on finirait par pouvoir rivaliser, parce qu’on n'arrêterait pas d'apprendre des choses et de s'améliorer. »

« C’est quelque chose dont la Namibie a besoin. On a besoin de jouer contre de meilleures nations. C’est ce que le Japon a fait, et c’est grâce à ça qu'il est à ce niveau aujourd’hui. »

Désormais, la Namibie se dirige vers le nord-est du pays et Kamaishi où elle va retrouver le Canada. Une équipe classée juste devant elle par World Rugby (22ème contre 23ème) et qui présente un challenge à la portée des Welwitchias. Mais, pour cela, il faudra transposer l’esprit qui a guidé les Namibiens lors de la première demi-heure face aux All Blacks sur toute la durée d’une rencontre. Et ce pour mettre fin à une disette record de 22 matches sans victoire en Coupe du Monde.

« On aura notre chance, il faudra bien travailler cette semaine, prophétise Deysel. C'est l'équipe la plus motivée qui gagnera ce match. » Sur ce dernier point, les Namibiens répondront assurément présents ! Leur premier succès en Coupe du Monde n’a jamais semblé aussi proche.

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