Youngs se méfie des turbulences

Adaptabilité, tel est le credo de Ben Youngs et de l'équipe d'Angleterre face à deux éléments imprévisibles par nature : le typhon Hagibis et l'équipe de France.

TOKYO, le 8 octobre - Ben Youngs ne sait pas encore exactement ce que le typhon Hagibis réserve à l'Angleterre samedi pour son dernier match de la Poule C. Il est absolument certain, en revanche, de ce qu'il peut craindre de l'équipe de France.

L'approche du typhon pourrait perturber la rencontre à Yokohama, alors que l'Angleterre s'attend à des conditions difficiles - pelouse détrempée et vents puissants - face à des Bleus qu'ils ont dominé 44-8 lors du dernier Tournoi des Six Nations, en février à Twickenham.

« Si la météo se confirme, leurs avants vont faire beaucoup de pick-and-go, prévoit le demi de mêlée (en photo ci-contre). Eddie (Jones) nous dit toujours qu'on doit être capables de s'adapter en fonction des conditions du moment. Tout pourrait être différent demain matin, alors attendons de voir. Ils ont prévu de la pluie et des conditions très difficiles, alors on s'entraîne dans cette optique-là. »

« L'équipe de France aime mettre du mouvement et quand elle prend confiance elle est dangereuse. Alors à nous de préparer notre pack au combat et de les amener à jouer dans les zones où on peut leur faire le plus mal. »

À 30 ans, Youngs compte déjà 92 caps dans son escarcelle et fait figure de cadre dans cette jeune équipe d'Angleterre. Il a affronté la France à neuf reprises avec sept succès à la clé, alors il est bien placé pour mettre en perspective la large victoire du mois de février. « Je pense que la France a beaucoup changé depuis. Je vous avoue qu'on n'a pas revu la vidéo de cette rencontre (Six Nations), en revanche on a visionné leurs matches de ces deux dernières semaines. »

« En réalité, leur groupe a beaucoup évolué depuis l'arrivée du nouveau sélectionneur Fabien Galthié. Alors on préfère se focaliser sur les deux dernières semaines avec le match face aux Tonga. On l'a tous regardé. La France pourrait se servir de ce résultat (la défaite 44-8) comme source de motivation. Pour nous ça ne change rien, et on est sûrs de ne pas jouer comme l'autre fois. J'imagine qu'ils se préparent à ça. »

Après avoir analysé les trois succès des Bleus, Youngs a relevé les principales composantes de leur attaque, qui a grandement bénéficié de l'arrivée de l'ancien demi de mêlée Fabien Galthié dans le groupe. Youngs balaye d'un revers de la main les rumeurs de grogne dans le camp français - un sujet qui semble obséder les médias - après avoir entendu le même genre d'histoires il y a 8 ans lorsque Dusautoir et consorts avaient bouté les sujets de sa majesté hors de la Coupe du Monde en quarts de finale.

« La France du flair, c'est clair, ajoute-t-il. Damien Penaud a des super cannes, et Virimi Vakatawa et Alivereti Raka sont deux joueurs très instinctifs. La France est déjà qualifiée pour les quarts alors elle jouera libérée, et c'est là qu'elle est la plus dangereuse. »

« On doit limiter le nombre de rucks pour essayer de les éloigner des points de rencontre. J'imagine qu'Antoine Dupont jouera en 9, c'est un joueur fantastique qui dirige le jeu à merveille. Ils ont toujours cette étincelle et quand ils sont en confiance, on voit ce que ça a pu donner par exemple contre l'Argentine. Ils enchaînent les passes après contact, tout le monde s'enflamme et d'un coup, tout le monde veut toucher le ballon. Voilà ce qu'on peut toujours craindre de la France. »

« En 2011, on avait entendu le même genre de rumeurs (tensions internes, etc.) et la France était allée jusqu'en finale, et elle a failli gagner. Alors on n'a pas besoin de prêter l'oreille à ce genre de choses. Ils ont beaucoup d'expérience dans cette compétition. »

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