Un dernier tango et des regrets

L'équipe d'Argentine a terminé sa Coupe du Monde par une belle sortie face aux États-Unis. Mais les Pumas de Ledesma pourront nourrir de gros regrets.

KUMAGAYA, le 9 octobre - Dommage que le concert se soit terminé par une fausse note. Ce mercredi, les Américains et leur capitaine Blaine Scully ont désaccordé l’orchestre argentin à la dernière minute en plantant un essai après la sirène. Pas de quoi ternir en profondeur la performance scénique des hommes de Mario Ledesma, qui auront rempli leur contrat dans ce match, avec cinq points et un jeu alléchant pour une victoire convaincante (47-17). Mais aussi une troisième place de poule assurée, synonyme de qualification pour la prochaine Coupe du Monde, en France.

Sur la pelouse de Kumagaya, les Argentins se sont fait - et ont fait - plaisir. Déjà éliminés et donc sans pression, ils ont allumé des mèches de tous les côtés, refusant quasi systématiquement le jeu au pied d’occupation pour faire feu de tout bois. Résultat : sept essais et quelques actions de grande classe, notamment de Mallia, élu Joueur du match. Une rencontre plaisante qui doit aussi beaucoup aux Eagles américains, qui n’ont jamais fermé le jeu et ont été récompensés de leur initiative par trois essais.  

Cette prestation de haute volée laissera néanmoins une belle dose de regrets côté sud-américain. Qu’aura-t-il manqué aux Pumas, demi-finalistes en 2015, pour sortir de cette Poule C ultra-relevée ? Quelques mètres face à la France, répondront les plus prosaïques. Certes, si le coup de pied de dernière minute de Boffelli était passé entre les perches, il est fort probable que les Sud-américains auraient nettement plus le sourire aujourd’hui.

Mais tout ne se résume pas à cette fin de match à suspense et les Argentins peuvent également maudire leur indiscipline. Le carton rouge de Lavanini - après un plaquage dangereux sur Farrell - a ainsi définitivement condamné les espoirs pumas alors que les Argentins tenaient la dragée haute à l’Angleterre, samedi dernier.

Et face aux Bleus, qui avaient certes démarré très fort, ils pourront aussi regretter une première mi-temps jouée à l’envers. Trop inconstants, les Pumas de Ledesma n'ont pas assez montré les dents pour voir les quarts de finale de la Coupe du Monde - une première depuis 2003. Mais au vu de la qualité montrée par certains jeunes aujourd'hui, ils devraient revenir encore plus mordants en 2023.  

Les déclas du match

« On attendait que les jeunes alignés aujourd'hui nous prouvent qu'ils étaient à la hauteur, et ils ont répondu présents. La Coupe du Monde est finie pour nous, mais avec des joueurs comme ça, je ne me fais pas de souci pour le futur du rugby argentin. »

Mario Ledesma (ARG), sélectionneur de l'Argentine

« On s'était dit avant le match qu'il faudrait mieux concrétiser nos occasions que contre la France. Mais on n'a pas su le faire malgré 20 très bonnes premières minutes. On a bien fini la première et la seconde mi-temps, mais entre les deux, on s'est un peu égarés. En face, il y avait une grosse équipe et ils ont su nous punir. »

Gary Gold (RSA), sélectionneur des États-Unis

La stat du match

87 La dernière danse argentine de la Coupe du Monde était aussi l’ultime tango de Juan Manuel Leguizamon, 87 sélections chez les Pumas. Le vétéran de la génération dorée qui avait fini 3ème de la Coupe du Monde 2007 raccroche en effet définitivement les crampons avec les Pumas. 

 

RNS eb/sc