Carbery veut renvoyer l'ascenseur

Au sortir d'une année compliquée par les blessures, le demi d'ouverture irlandais ne veut qu'une chose : aider son équipe à valider son ticket pour les quarts.

FUKUOKA, le 8 octobre - Joey Carbery en est convaincu, ses blessures appartiennent au passé. Et il n'a maintenant qu'une envie, c'est de rendre à Joe Schmidt la confiance qu'il lui a accordée.

Un joueur moins doué que lui n'aurait probablement pas pris l'avion pour le Japon. En août, au cœur de la préparation irlandaise, le demi d'ouverture s'est fait contre l'Italie une blessure à la cheville qui aurait pu mettre fin à ses rêves de Coupe du Monde. Pas encore complètement remis au début de la compétition, il a d'ailleurs raté la première levée du XV du Trèfle, face à l'Écosse. Mais Joe Schmidt n'avait pas l'intention de faire une croix sur un élément aussi brillant.

« J'ai eu de la chance qu'on m'appelle, a admis le Munsterman mardi. Les coaches m'ont fait confiance et je les en remercie. J'ai envie de leur renvoyer l'ascenseur.  De leur montrer qu'ils ont eu raison. » 

Johnny Sexton demeure certes le premier choix du sélectionneur à l'ouverture. Mais Carbery a prouvé qu'il était une formidable doublure et il y a de fortes chances pour qu'on le retrouve sur le banc face aux Samoa ce samedi à Fukuoka.

Passé en 2018 du Leinster (où il était en concurrence avec Sexton) au Munster dans l'idée d'avoir plus de temps de jeu à son poste de prédilection, il avait fait d'excellents débuts avant de se voir freiné dans son élan par une blessure.

« Ç'a été une année frustrante sur le plan des blessures. Maintenant, je me sens de nouveau bien », souligne l'intéressé, désireux de minimiser une autre alerte (cheville) survenue à quelques encablures du match contre la Russie, pour lequel il avait finalement déclaré forfait : « Ce n’était rien de grave. Là, je me sens bien. Il fallait juste quelques jours de repos de plus. »

Carbery a cependant été au cœur de l'action dans cette Coupe du Monde, et ce durant la seconde période du match contre le Japon, qu'il avait attaqué sur le banc. Ce jour-là, menés 19-12, les Irlandais s'étaient retrouvés acculés sur leur ligne par les Brave Blossoms alors que la sirène avait déjà retenti. Même leur petit point de bonus défensif était en danger. Pourtant, le dégagement en touche de Carbery en a fait tousser plus d'un. Fallait-il tenter de remonter le terrain pour aller chercher le nul et un second point ? 

« Je savais qu’on avait le point de bonus (défensif), se défend Carbery. Le ballon est arrivé très vite. Il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire. Sur le coup, j’ai juste pensé que c’était la meilleure option. »

De toute façon, ce jour-là, peu de joueurs irlandais peuvent se targuer d'avoir reçu des louanges et Carbery s'est lui-même dit peu satisfait de sa propre prestation : « Je me suis senti un peu rouillé. Le Japon nous a mis beaucoup de pression. Ils nous ont étouffés. Il faut les féliciter, on n'a pas su trouver la clé. Mais cette défaite a été dure à avaler. »

L'une des principales qualités de Carbery est sa capacité à prendre les bonnes décisions en une fraction de seconde. « À l'ouverture, la clé, c'est la capacité à anticiper », confirme-t-il.

Avec le talent qui est le sien, il a le potentiel pour jouer un rôle majeur dans une campagne irlandaise qui semble ne pas avoir tout à fait démarré.

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