Adam Hastings trace sa propre route

Cantonné jusqu'ici à un rôle de doublure de Finn Russell, le fils de la légende écossaise, Gavin Hastings n'a pas tardé à se mettre en évidence face à la Russie (61-0). C'est lui qui a débloqué la situation alors que la résistance russe tenait encore bon.

TOKYO, le 9 octobre - La filiation ne fait pas tout. Il a beau être le fils unique du plus grand joueur écossais de tous les temps (Gavin) et le neveu de celui qui fut à son époque le joueur le plus capé du pays (Scott), Adam Hastings savait ce qui l'attendait dans cette Coupe du Monde. Le titulaire en 10 sous le maillot du XV du Chardon, c'est Finn Russell. « Finn est un joueur d'une telle qualité, je savais que je n'aurais pas beaucoup de temps de jeu », reconnaissait-il quand il a su qu'il serait aligné face à la Russie. 

Car Gregor Townsend, le sélectionneur de l'Écosse, a procédé à un vaste turnover (14 changements par rapport au match précédent) pour affronter les Ours. Les « coiffeurs » se sont donc retrouvés propulsés sur le front russe, avec une mission claire et capitale pour la suite de la compétition : gagner et engranger le bonus offensif.

Adam Hastings, 23 ans depuis le 5 octobre, y gagne sa première cape en Coupe du Monde. Un peu plus d'un an après sa première convocation en équipe nationale (juin 2018), qui avait provoqué la bonheur de son paternel. « Je suis simplement fier. Je suis un papa très, très heureux, savourait l'ancien arrière aux trois Coupes du Monde. Mais il n'a encore rien gagné. »

Adam ne le savait que trop bien, lui qui a longtemps mis sa légitimité en doute. Pas toujours facile de porter un tel nom en Écosse. « J'avais du mal avec ça quand j'étais plus jeune. Ça m'a fait cogiter. C'était difficile de savoir si c'était grâce à mes performances ou seulement à ce lien. Puis en grandissant, tu comprends que les coaches ne sont pas assez stupides pour faire ça », confiait-il à ce moment.

Sous les yeux de Gavin et Scott

Surtout que le coach en question, à l'époque, c'était déjà Townsend. Lequel lui a, depuis, témoigné deux nouvelles fois sa confiance. Tout d'abord en le convoquant pour la Coupe du Monde, puis en lui offrant donc une première titularisation. Et Hastings Junior a su lui rendre. C'est lui qui, le premier, a fait rendre les armes aux Russes. Le match avait commencé depuis 14 minutes et le score était toujours de 0-0. Le numéro 10 a alors pris les choses en main en deux temps.

Tout d'abord, en étant le premier à trouver l'intervalle dans la ligne défensive russe, pour ouvrir le score (7-0, 14ème). Puis en tapant de l'extérieur un petit coup de pied en profondeur, qu'il a poursuivi en dribbling jusqu'à l'en-but. Deuxième essai personnel, deuxième facette de son jeu dévoilée (14-0, 19ème). Le tout sous les yeux de ses parents, arrivés mardi sur l'archipel, et de son oncle Scott, qui travaille sur place pour un média écossais.

Il a même été à deux doigts du triplé sur la sirène, la vidéo lui refusant ce plaisir. « J'ai bien cru que j'en avais marqué un troisième, mais la passe était en avant. Je n'ai pas souvent l'occasion d'en marquer, donc deux c'est déjà pas mal », savourait le joueur des Glasgow Warriors, auteur à l'arrivée de 26 points (deux essais, huit transformations).

Vingt-six points, c'est encore loin du record familial (45 points pour Gavin face à la Côte d'Ivoire en 1995). Mais son jeu au pied d'occupation - la touche trouvée à la 22ème fut un régal -, sa régularité face aux perches (8/9), sa vista et son opportunisme sont une preuve supplémentaire que le talent, dans une certaine mesure, se transmet de père en fils.

Reste à le voir se confronter à une opposition plus relevée que celle proposée par les Russes, qui ont paru épuisés pour leur quatrième match de la compétition. Pourquoi pas face au Japon, pour un match à la vie à la mort entre l'Écosse et le pays hôte ?

RNS jf/sc