Une victoire charnière pour l'Écosse

Autour d'une charnière impériale auteure de cinq essais, l'Écosse a fait le show face à la Russie (61-0). Après cette mise en bouche, place désormais au plat de résistance avec un « huitième de finale » face au Japon, dimanche, pour savoir laquelle des deux équipes se qualifiera pour les quarts.

SHIZUOKA, le 9 octobre - Face à la Russie, l’Écosse abattait sa dernière carte dans la course aux quarts de finale. Une victoire, si possible bonifiée, était indispensable aux hommes de Gregor Townsend s’ils voulaient s’offrir un « huitième de finale » dans cette Poule A face au Japon dimanche à Yokohama. Mission accomplie pour le XV du Chardon, qui a pu se reposer sur ses habituelles doublures à la charnière Horne - Hastings pour dominer la Russie (61-0).

Les premières minutes donnent le ton. Les deux équipes veulent jouer et multiplient les temps de jeu. Seize phases sur la première possession russe mais auxquelles répondent les multiples offensives écossaises mais souvent stoppées par des Ours rugueux en défense. C’est finalement Adam Hastings – fils du grand Gavin – qui va débloquer la situation. Derrière une mêlée dominatrice, le demi d’ouverture feinte la passe extérieure pour naviguer dans la défense et marquer le premier essai de la rencontre au quart d’heure de jeu (7-0, 15ème).

Trois essais en huit minutes

Très en jambes, le n°10 montre que les gènes ne mentent pas. Il a besoin de quatre minutes supplémentaires pour doubler la mise. Sur un service de Graham, l'ouvreur joue au pied dans le dos du rideau adverse. À la course, il devance son adversaire et poursuit encore au pied. Artemyev semble le premier sur le ballon dans l'en-but mais l'arrière russe perd ses appuis, permettant à l'Écossais de marquer son deuxième essai personnel (14-0, 19ème).

Si cet essai semblait évitable, le suivant l'est encore plus. Acculés dans leurs 22 mètres, les Russes ont une touche complexe à négocier. La prise de balle est bonne mais la transmission de Perov pour Gaisin est interceptée par le demi de mêlée écossais George Horne, qui n'a plus qu'à poser le ballon derrière la ligne (21-0, 23ème). Après une entame convaincante, les Russes sont assommés.

Cette équipe d'Écosse remaniée - quatorze changements par rapport au dernier match - ne renie pas l'esprit imprimé par Townsend et Cotter avant lui. Ils veulent voir leur équipe proposer le jeu le plus rapide du monde. Les Russes sont proches de l'asphyxie mais ils tiennent le choc avec beaucoup de courage et de ténacité. Les Écossais pensent avoir fait le plus dur avec ces trois essais consécutifs et relèvent inconsciemment le pied.

La charnière s'offre un « triple-double » 

Les fautes de main se multiplient dans une fin de première période qui manque de rythme par rapport à l'entame échevelée. Il faut finalement attendre le retour des vestiaires pour voir l'Écosse accélérer de nouveau par l'intermédiaire de Darcy Graham. L'ailier part de ses 22 mètres et traverse le rideau adverse. Nelson est débordé, Artemyev ne peut rien et Graham joue parfaitement le coup en décalant son demi de mêlée Horne, qui signe un doublé et assure le bonus offensif (28-0, 44ème).

Rassurés, les Écossais peuvent jouer libérés. Derrière un maul gagnant, le talonneur Turner inscrit le cinquième essai (35-0, 50ème). Les vagues s'enchaînent avec Kinghorn qui assure un jeu au pied rasant parfait pour Seymour, qui plonge dans l'en-but (42-0, 57ème) juste avant que Horne ne s'offre un triplé sur une offrande de Pyrgos (47-0, 59ème). En toute fin de match, le capitaine Barclay et le talonneur McInally parachèvent le succès écossais (61-0).

L'Écosse n'avait plus réalisé une telle performance en Coupe du Monde - inscrire au moins neuf essais - depuis 1995 !

Pour la première fois de l'histoire, une équipe (l'Écosse) parvient à boucler deux matches de suite en Coupe du Monde de Rugby sans encaisser de point et... pour la première fois également, une équipe (la Russie) ne parvient pas à en marquer durant deux rencontres consécutives de Coupe du Monde.

RNS fl/sc