Les Anglais au régime bœuf et bière

Eddie Jones emmène ses joueurs, privés de match par le typhon Hagibis, à Miyazaki pour trois jours de détente relative. Tout en gardant à l'esprit le quart de finale que l'Angleterre disputera le week-end prochain.

TOKYO, le 10 octobre - Le typhon Hagibis offre à l'Angleterre du temps libre qu'elle n'attendait pas. Son sélectionneur, Eddie Jones, en profite pour troquer un petit coin de parapluie contre son petit coin de paradis rugbystique à Miyzaki, loin de Yokohama, où devait avoir lieu France - Angleterre, samedi. 

Il prévoit d'en faire une coupure « bœuf et bière » qui marquera le lancement de la préparation du quart de finale, que ses joueurs disputeront soit face à l'Australie, soit face au pays de Galles.

Le technicien australien retrouvera pour l'occasion le camp de base qu'il a fréquenté à l'époque où il dirigeait les Brave Blossoms. C'est en effet dans cette ville du sud du Japon que la sélection nippone avait préparé la Coupe du Monde 2015, terminée dès la phase de poules malgré trois victoires, dont une sur l'Afrique du Sud à Brighton.

Avant que les Anglais n'attaquent l'édition 2019, ils ont passé huit jours dans cet hôtel 5 étoiles situé tout près d'une côté agitée. C'est d'ailleurs là qu'ont eu lieu les Mondiaux de surf, le mois dernier. Les joueurs y ont bénéficié des mêmes installations que les Japonais en 2015 et ont pratiqué quelques activités annexes, à l'image de Joe Cokanasiga en paddle (photo).

Quand il a su que l'Angleterre était au repos forcé ce week-end, Jones n'a pas eu une once d'hésitation. Direction Miyazaki pour un mini-camp de trois jours. Ensuite, le squad de la Rose rejoindra Oita en bus, à trois heures de là, où se disputera le quart de finale samedi 19 octobre. 

« On a très envie de bien se préparer pour le quart de finale maintenant. On a une certaine liberté sur notre programme des trois prochains jours, alors on file à Miyazaki. Ce sera comme un petit camp de pré-saison. »

« On adore le bœuf de Miyazaki. On en a commandé 80 kilos, qui doivent arriver spécialement samedi soir, et Billy (Vunipola) a de nouveau l'autorisation d'en manger. On va s'entraîner tranquillement vendredi, plus intensément samedi, on va descendre quelques bières, déguster un peu de bœuf et puis se préparer pour la semaine qui vient », détaille-t-il.

« On n'est pas du tout inquiets, on est plutôt ravis. Qui aurait cru qu'on aurait deux matches plutôt faciles, un plus compliqué et ensuite deux semaines pour se préparer à la phase finale ? Il y quelqu'un qui veille sur nous. Peut-être les dieux des typhons. »

Jones voudra s'assurer que ses joueurs utilisent leur temps d'entraînement à bon escient. Et balaie d'un revers de manche la possibilité qu'une coupure de deux semaines leur soit néfaste dans leur quête de demi-finale.

« On a des résultats assez exceptionnels quand on a deux semaines de préparation. On est à 95 % de nos possibilités, donc on va faire en sorte de trouver les 5 % manquants. »

« Bien sûr, tout le monde est déçu de ne pas affronter la France. On avait énormément travaillé sur l'approche émotionnelle, physique et tactique. Mais pourquoi s'inquiéter de bénéficier de deux semaines de préparation ? On est prêts à l'encaisser. »

L'autre bon côté de la chose, c'est que le numéro 8 Billy Vunipola, le pilier Joe Marler et l'ailier Jack Nowell disposent de plus de temps pour se soigner. Ces trois joueurs auraient manqué à coup sûr le crunch, mais Jones estime qu'il aura ses 31 joueurs à disposition en vue du quart de finale.

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