Gorgodze, colossal jusqu'au bout

Pour son dernier match international, le monument géorgien Mamuka Gorgodze a encore été impitoyable en défense, face à l'Australie.

SHIZUOKA, le 11 octobre - Ce n’était pas la rencontre la plus emballante de cette Coupe du Monde de Rugby 2019, loin s’en faut. La faute notamment à des conditions de jeu bien peu propices aux grandes envolées. Sous la pluie battante de Shizuoka, Australiens et Géorgiens ont eu toutes les peines du monde à faire vivre le ballon lors de leur dernier match dans la Poule D.

Heureusement pour le spectacle, la fin de partie a été beaucoup plus animée, notamment grâce à deux fulgurances signées Marika Koroibete et Lasha Khmaladze. Au final, l’Australie a assuré le service minimum avec une victoire bonifiée qui lui permet de chiper – jusqu’à dimanche au moins – la première place de la Poule D au pays de Galles.  

Mais ce match restera marqué d’une pierre blanche dans les mémoires du rugby géorgien. Les Lelos ont dit définitivement au revoir à l’un de leurs plus grands joueurs : Mamuka Gorgodze. À 35 ans, après des années de bons et loyaux services, le colosse de Tbilissi (1,95m, 118kg) va raccrocher les crampons en sélection. Définitivement cette fois, après une première retraite, écourtée pour rendre service à la patrie.

Machine à plaquer

En carrière, les statistiques de 'Gorgodzilla', qui peut évoluer en deuxième ou troisième ligne, parlent d’elles-mêmes : quatre Coupes du monde, 15 matches et 75 sélections au total sous le maillot géorgien. Idem ce vendredi. Toujours aussi endurant, le géant du RC Toulon a enquillé les plaquages face aux Aussies. Pas moins de 25 sur l’ensemble du match, soit cinq fois plus que le meilleur Australien dans l'exercice ! S’il a lui aussi eu du mal à produire du jeu (il s’est notamment rendu coupable d’un en-avant en début de première période), le Caucasien a été un véritable muraille en défense durant cette Coupe du Monde, terminant la compétition avec 97 % de plaquages réussis.

Preuve s’il en est de l’immense respect que suscite le Lelos, les Wallabies l’ont chaleureusement salué à la fin du match.

Le joueur va désormais pouvoir se consacrer à sa fin de carrière en club. Alors que son contrat à Toulon se termine en juin prochain, il n’a pas dit non à une année supplémentaire si une équipe se montrait intéressée. Il va aussi pouvoir profiter de son foyer. « Je n’ai pas assez de temps libre, avait-il regretté cette semaine. Je suis tellement occupé avec ma famille. On a aussi deux chiens à la maison, c’est dur de trouver du temps pour tout le monde. » Ce vendredi soir en tout cas, Mamuka a trouvé le temps de s'occuper des Australiens.

Les déclas du match

« En attaque, on a raté quelques occasions. On aurait pu jouer un peu plus à plat. On est restés un peu trop en profondeur, mais les conditions étaient vraiment difficiles. » 

Michael Cheika (AUS), sélectionneur de l’Australie

« Je suis fier de la façon dont les joueurs ont tenu bon pendant 75 minutes. En attaque, on n'a pas bien exploité les phases statiques, mais c’est comme ça. L’Australie est, à l'évidence, une très bonne équipe. Je trouve qu’on a défendu avec beaucoup de cœur aujourd’hui, on a vraiment fait la fierté de notre pays. »

Milton Haig (NZL), sélectionneur de la Géorgie 

La stat du match

201 Lors des 67 premières minutes du match, les Lelos avaient déjà effectué 191 plaquages. Ils terminent la rencontre à 201 et deviennent la première équipe à dépasser la barre des 200 lors de cette Coupe du Monde.