Écosse - Japon : 5 matches qui sont restés dans les mémoires

Un match à 100 points des Écossais, un duel musclé lors de la Coupe du Monde 2003, des Japonais qui craquent après le miracle de Brighton ou encore un match en l’honneur de l’Empereur Akihito : les Japon - Écosse sont rarement des matches comme les autres.

HAMAMATSU, le 11 octobre - Le Japon et l’Écosse se sont affrontés à sept reprises dont trois en Coupe du Monde. Leur quatrième affrontement aura lieu à Yokohama ce dimanche. De 1991 à 2016, c'est l’occasion de se replonger dans ce qui s’apparente à un classique… mais où le Japon ne s’est jamais imposé.

Écosse 47-9 Japon

Murrayfield, 5 octobre 1991, Coupe du Monde

Pour cette deuxième Coupe du Monde de l’histoire, l’Écosse évolue à domicile. Dans son antre de Murrayfield, les Calédoniens signent une entrée dans la compétition remarquée avec sept essais au compteur (contre un seul encaissé). C’est le trois-quart centre Scott Hastings qui a lancé ce festival dès la 12ème minute de jeu. Une revanche sur le passé.

« Je me suis déchiré l’ischio-jambier en Nouvelle-Zélande en 1987 et je n’ai joué que quelques secondes lors d’un match (face à la Roumanie). J’étais décidé à tourner la page et me faire pardonner en 1991, confie Hastings. J’avais l’état d’esprit qu’il faut avoir dans un tel match. »

« Sur mon premier ballon, j’ai simplement pris un bon angle de course pour aller marquer le premier essai de l’Écosse. Cela m’a lancé dans cette campagne et a boosté ma confiance en moi. »

« J’ai tenté d’y aller une seconde fois mais il y a un petit ailier japonais qui m’a balancé dans les tribunes de Murrayfield. Je savais que j’avais pris un sacré choc parce que j’étais un peu sonné. On savait que le Japon était un adversaire coriace. Leur mêlée était légère mais ils tenaient bien le ballon et on a dû gérer ça. »

Si le Japon a également perdu contre l’Irlande, il a battu le Zimbabwe pour sa toute première victoire en Coupe du Monde. De son côté, l’Écosse d’un certain Gavin Hastings s’est arrêtée en demi-finale, battue par l’Angleterre (9-6). Le meilleur résultat de son histoire jusqu’à présent.

Écosse 32-11 Japon

Dairy Farmers Stadium, Townsville, 12 octobre 2003, Coupe du Monde                       

Pour ce rendez-vous, les Japonais sont survoltés en défense. Ils effectuent 168 plaquages et sont dans le coup jusqu’à l’heure de jeu. Le Japan Times - un des plus importants quotidiens anglophones de l’archipel - considère alors cette performance comme étant « sans doute la meilleure de l’équipe nationale. »

« Les conditions étaient chaudes, humides, mais ce n’était pas aussi terrible qu’on l’attendait, se souvient l’arrière Chris Paterson, auteur du premier et troisième essais écossais. Au début, c’était compliqué de les traverser, et nous avons commis quelques erreurs. On manquait de justesse et on a gâché quelques occasions d’essais. »

« C’était un match difficile, et on n’a pas particulièrement brillé. Les Japonais étaient physiques, notamment au centre du terrain et leur troisième ligne. On a trébuché sur le chemin de la victoire. Le score ne reflète pas la physionomie du match. »

Le Japon a perdu ses quatre matches dans cette Coupe du Monde tandis que l’Écosse a atteint les quarts de finale, éliminée par l’hôte de la compétition, l’Australie.

Écosse 100-8 Japon

McDiarmid Park, Perth, 13 novembre 2004

Le troisième rendez-vous a lieu quelques mois plus tard à Perth, entre deux test-matches des Écossais face à l’Australie. Pour la première - et actuellement seule - fois de leur histoire, les Calédoniens inscrivent 100 points. Avec 40 points, Chris Paterson a fait monter le mercure de son compteur personnel pour un record en carrière. Au total, l’arrière a signé trois essais et onze transformations (sur les quinze réalisations écossaises).

« On était menés 7-8, mais on était disciplinés et structurés, explique Paterson, auteur de 809 points (record d’Écosse) avec le maillot national. On a marqué beaucoup d’essais à partir de notre conquête et de mouvements qu’on avait travaillés en amont. »

« Une fois que le stress de l’entame s’est évaporé, on a pris les choses en mains. On a tenu le ballon, souvent traversé le terrain et marqué beaucoup de points. Ça faisait bizarre, je n’avais jamais disputé un match qui atteignait les 100 points. Clairement, c’était un bon match de notre part. »

« Les Japonais ont effectué une large revue d’effectif par rapport à l’année précédente (cinq novices). Mais ils ne manquaient pas d’agressivité, d’envie ou de force. Il y a eu des moments du match où on a senti une vraie adversité. »

« Robbie Russell a marqué le dernier essai pour porter le score à 98-8. Je devais réussir la transformation pour atteindre la barre des 100. C’est amusant parce que je regardais le tableau d’affichage et je me disais ‘Qu’est-ce qu’ils vont faire si on atteint les 100 points ? Il n’y a pas assez de place sur le tableau…’ »

Écosse 45-10 Japon

Kingsholm, Gloucester, 23 septembre 2015, Coupe du Monde

Trois jours seulement après le « Miracle de Brighton » et la victoire face à l’Afrique du Sud (34-32), le Japon devait remettre l’ouvrage sur le métier. Face à des Écossais qui entraient dans la compétition, les jambes sont lourdes, les esprits ailleurs. Aux commentaires du match, Scott Hastings se souvient…

« Je me rappelle à quel point les deux équipes étaient proches pendant un certain temps (12-7 à la pause pour l’Écosse). Le Japon a posé des problèmes à l’Écosse, ils ont fait preuve d’un engagement total tout au long du match avec leurs gros plaquages. »

Après un essai de Amanaki Mafi, le Japon menait très tôt dans le match (7-6). Mais le pied de Laidlaw et ses quatre pénalités ont permis aux Calédoniens de virer en tête à la mi-temps. Alors que le match tarde à choisir son vainqueur (12-10), le Japon perd son emblématique n° 8 Mafi en début de deuxième acte. Le début de la fin pour les Brave Blossoms, qui vont encaisser cinq essais en 40 minutes. Auteur du dernier d’entre eux, Finn Russell (en photo) a fait des gros dégâts à l’ouverture.

« L’Écosse s’est appuyée sur ses points forts, les phases statiques. Elle a marqué deux essais sur des mauls consécutifs à des touches et obtenus des pénalités sur mêlée fermée, se remémore Hastings. On voyait que les Japonais tiraient la langue en fin de match. »

Japon 16-21 Écosse

Test-match, 25 Juin 2016, Tokyo Stadium

Après un premier test-match remporté par l’Écosse (26-13), les deux équipes se retrouvaient quelques jours plus tard au Tokyo Stadium pour une revanche. Une rencontre au goût particulier puisque c’était la première sortie pour voir un match de rugby de l’Empereur Akihito et de l’Impératrice du Japon Michiko. Ils ne sont arrivés qu’à la pause et ont manqué un essai sensationnel de 90 mètres des Japonais, conclu par Kaito Shigeno.

Capitaine du XV du Chardon ce jour-là, Henry Pyrgos est également présent cette année. Il a été rappelé en dernier recours pour remplacer Ali Price. Le demi de mêlée a inscrit les trois premières pénalités de son équipe avant de céder sa place à un certain Greig Laidlaw, qui a fini le travail avec quatre nouvelles frappes passées entre les perches (17-21). Les Japonais ont payé cher leur indiscipline.

« Il faisait chaud et humide. Le ballon était glissant, et le Japon a très bien joué. Il était en jambes et ont bien fait vivre le ballon, se souvient Pyrgos. On n’était pas aussi précis et dominants qu’on aurait souhaité. C’était un match difficile. »

« Je me souviens de la foule, bruyante. Je ne peux pas imaginer à quel niveau de décibels on sera pour ce match (ce dimanche)… » Réponse à Yokohama sur les coups de 19h45 devant plus de 70 000 personnes acquises à la cause de leur équipe. Une première qualification pour les quarts de finale est à la clé.

 

RNS bp/mj/bo/fl