Un break salutaire pour l'Angleterre ? Pas si sûr...

Le sélectionneur de l’Angleterre, Eddie Jones, affirme que le taux de victoires de son équipe après une pause de deux semaines est de « 95 % ». Vraiment ?

TOKYO, le 12 octobre - Eddie Jones est un homme de statistiques. Pour aborder l’annulation de la rencontre face à l’équipe de France et la pause de deux semaines pour son équipe, il a fait preuve de philosophie et voulu s’appuyer sur des chiffres rassurants pour ses hommes.

Interrogé sur cet intermède, le sélectionneur australien a ainsi affirmé que c’était une bonne nouvelle pour son équipe, qui affiche un bilan de « 95 % de victoires » quand elle a un tel laps de temps pour se préparer et récupérer. Les Australiens ou les Gallois, que les Anglais retrouveront le 19 octobre prochain, sont donc prévenus : « On a des résultats assez exceptionnels quand on a deux semaines de préparation. On est à environ 95 % de nos possibilités, donc il va falloir chercher à gratter les 5% manquants. »

Pourtant, un coup d’œil sur le bilan d’Eddie Jones donne un éclairage bien différent. Depuis son arrivée à la tête de la sélection anglaise, l’Australien présente un bilan de huit victoires en onze matches lorsqu’il a un minimum de deux semaines pour préparer son rendez-vous… soit 73 % de réussite. Cette statistique comprend notamment la victoire face aux Tonga en début de Coupe du Monde à Sapporo.

En allant plus loin, on s’aperçoit que le ratio de victoires global du XV de la Rose sous Eddie Jones est de 79 %. Il est donc plus élevé lorsque les rencontres sont rapprochées.

Jones / Cheika, le match est lancé

Cette difficulté à relancer la machine est particulièrement prégnante durant le Tournoi des Six Nations. Trois des quatre dernières défaites anglaises dans la compétition continentale se sont produites après une pause de deux semaines. Cette année, les Anglais ont ainsi subi la loi du pays de Galles (21-13). En 2018, la France s’était imposée (22-16), tout comme l’Écosse (25-13).

Interrogé à ce sujet après la victoire de son équipe face à la Géorgie (27-8), Michael Cheika, sélectionneur de l'Australie (probable futur adversaire de l’Angleterre en quart de finale), a réagi avec recul et un certain humour : « J'ai vu ça, il a dit que ce serait un avantage et que les dieux des typhons lui souriaient. D'après leur sélectionneur, ils ont eu la meilleure préparation, donc il vaudra mieux qu’ils s’imposent à l'arrivée. On verra. » Le match est déjà lancé…

Les All Blacks pas à l'abri non plus

Reprendre après deux semaines est toujours compliqué. Même la Nouvelle-Zélande souffre dans de telles conditions. Sur les quatre matches perdus depuis la prise de fonction de Steve Hansen en 2012, deux ont eu lieu après une pause de deux semaines : en 2015 face à l’Australie (27-19) et cette année face aux mêmes Wallabies (47-26).

Une statistique loin d’être anodine, puisque les Blacks ont également vu leur match face à l’Italie annulé et auront donc une pause de deux semaines avant leur quart de finale de samedi prochain au Tokyo Stadium (face au Japon, à l'Irlande ou à l'Écosse).

Une semaine de régénération ou non ? Quelle est la meilleure solution ? La réponse la semaine prochaine à l'issue des quarts de finale.

RNS cj/ns/ajr/fl/pf