États-Unis - Tonga, la fin des promesses ?

Si cette rencontre de la Poule C n'aura que peu d'enjeu en termes comptables, elle pourrait venir récompenser les belles promesses parfois affichées par les deux équipes.

OSAKA, le 12 octobre – Présentation du match de la Poule C entre les États-Unis et les Tonga, dont le coup d'envoi sera donné dimanche à 14h45 au Hanazono Rugby Stadium.

Vue d'ensemble

Au premier regard, cette rencontre pourrait passer pour un match sans véritable enjeu, tout juste bon à attribuer les places d’honneur de la Poule C. Mais il faut parfois savoir se détacher du pur classement comptable.

Sur le terrain, les États-Unis comme les Tonga ont notamment donné du fil à retordre à la France. Les Eagles américains n’avaient que trois points de retard à 15 minutes de la fin du match (12-9), avant d’être vaincus par les Bleus 33-9. Quant aux Aigles des mers (Ikale Tahi) tonguiens, ils ont cru un temps pouvoir rééditer le scénario de 2011 (victoire contre la France). Menés 17-0, ils n’ont finalement courbé l’échine que sur le score de 23-21.

Sur ce match de dimanche, l’équipe îlienne apparaît comme légèrement favorite. En plus de leur potentiel physique, les Tonguiens ont bénéficié d’une semaine de repos complète pour préparer ce rendez-vous, alors que les États-Unis sortent à peine d’un épuisant duel face à l’Argentine mercredi. Les Américains débuteront d’ailleurs la rencontre avec 12 des 15 titulaires du match contre les Pumas.

 

Les Tonguiens ont remporté huit de leurs neuf rencontres face aux « boys » des États-Unis. Il faut remonter 20 ans en arrière pour retrouver trace de leur unique défaite, à San Francisco, lors de leur premier duel.

« Quand on s'en est tenus au plan de jeu, on était plutôt bons, a jugé le sélectionneur américain Gary Gold à propos des performances de son équipe face à la France, l’Argentine et l’Angleterre. Quand on ne l'a pas fait, on a été punis. C'est comme ça face à des équipes de ce calibre. C'est une leçon utile, même si la pilule est difficile à avaler. »

Du côté tonguien, on pourra regretter des retards à l'allumage qui ont coûté très cher. Comme les Français, les Argentins avaient pris le large face à eux avant un retour en force - trop tardif - des îliens. Le sélectionneur Toutai Kefu a affirmé que son équipe allait proposer quelque chose de différent cette fois. Les échauffements sont particulièrement scrutés par l’encadrement.

« On va essayer de rassembler les joueurs un peu plus tôt ce jour-là et de changer quelques trucs dans les vestiaires. On a regardé le match des Américains mercredi (contre l’Argentine) et on a vu qu’ils étaient très agressifs. Si on ne fait pas de notre mieux, ça risque d’être très compliqué. »

Gold n’a pas manqué de souligner la puissance physique des Tonguiens. Il a analysé : « Ils ont pris de la confiance au cours de cette Coupe du Monde. Quand on pense qu'il y a quelques semaines, ils avaient pris près de 90 points par les Blacks ! Toutai (Kefu) et ses joueurs ont su relever la tête et repartir de l'avant. Bravo à eux. Je suis sûr qu'ils se sont mordu les doigts d'avoir laissé échapper la victoire face aux Français. Ils l'auraient méritée. »

Forme du moment (match le plus récent en premier)

États-Unis : DDDVD

Tonga : DDDDD

Face-à-face

Neuf rencontres entre les deux équipes et un large avantage aux Tonga : huit succès pour une seule victoire américaine.

Zoom

À 34 ans, le capitaine des Tonga, Siale Piutau, va faire ses adieux à la scène internationale lors de ce match, tout comme le flanker Sione Kalamafoni.

Les deux joueurs ont participé à trois Coupes du Monde et faisaient notamment partie du groupe qui a battu les Français en 2011, pour la plus belle victoire du rugby tonguien.

Dimanche, Piutau et Kalamafoni vont établir un nouveau record national en termes de matches joués en Coupe du Monde (12). De son côté, le capitaine américain Blaine Scully va égaler ce record dans sa propre sélection (11 matches).

Le demi de mêlée américain Ruben de Haas, 21 ans, a débuté dans le XV de départ des Eagles pour la première fois de la compétition lors de la défaite face à l’Argentine. Il sera de nouveau aligné ce dimanche, aux dépens de Shaun Davies, qui était titulaire contre la France et l’Angleterre.

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Malgré le peu de jours de récupération, Gary Gold n’a procédé qu’à trois changements. Will Hooley fait son retour dans le XV de départ au poste d’arrière, après sa commotion cérébrale subie face à l’Angleterre. Mike Teo lui laisse la place.

Le deuxième ligne Nick Civetta prend la place de Nate Brakeley. Malon Al-Jiboori profite de la suspension de John Quill (exclu après un plaquage sur le capitaine anglais Owen Farrell) pour entrer en jeu pour la première fois dans cette Coupe du Monde.

Trois changements également sont à signaler du côté des Tonga. Viliami Lolohea et Atieli Pakalani occuperont les postes d’ailiers en lieu et place de Cooper Vuna et David Halaifonua, tandis que le pilier Siosiua Halanukonuka connaîtra sa première titularisation de la compétition.

Faits et chiffres

Dimanche, les deux équipes pourraient bien écrire l’histoire... mais sans doute pas comme ils l’espéraient. En cas de défaite, les États-Unis égaleraient leur pire série en Coupe du Monde (10 défaites d’affilée). Avec cinq défaites de suite, les Tonga ont quant à elles déjà égalé leur plus mauvaise série.

Le saviez-vous ? Les deuxièmes lignes îliens Sam Lousi et Leva Fifita ont des frères célèbres ! Sione Lousi a joué au rugby à XIII pour les Tonga. Quant à Vaea Fifita, il compte 12 sélections chez les All Blacks. Blessé, il ne fait pas partie du groupe néo-zélandais pour cette compétition.

Enfin, le père de Maama Vaipulu a porté le maillot de la sélection tonguienne lors de la première Coupe du Monde de Rugby en 1987.

Déclarations

« Les deux équipes ont faim de victoires. On a regardé le match des Américains mercredi (contre l’Argentine) et on a vu qu’ils étaient très agressifs. Si on ne fait pas de notre mieux, ça risque d’être très compliqué. Pour nous, ce match est comme une finale. Après tous les efforts de ces dernières semaines, toutes les améliorations dans notre jeu, on ne veut pas tout gâcher par une piètre performance. »

Toutai Kefu (AUS), sélectionneur des Tonga

« Les deux équipes se battront pour l’honneur, tout le monde aura envie de rentrer au pays la tête haute après quatre matches compliqués, dans une poule relevée. »

Gary Gold (RSA), sélectionneur américain

RNS mg/ar/eb/sc