Furlong savoure le challenge des quarts

Le puissant pilier du Leinster a déjà connu le succès contre l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande. Mais il sait que les phases finales de la Coupe du Monde de Rugby 2019 seront une toute autre histoire.

FUKUOKA, le 13 octobre – Le pilier irlandais Tadhg Furlong a déjà acquis pas mal d’expérience contre les grandes nations de l’hémisphère sud. Mais il sait que les joutes passées contre la Nouvelle-Zélande ou l’Afrique du Sud ne compteront pas pour beaucoup quand l’Irlande s’apprêtera à affronter l’un de ces deux géants en quarts de finale de la Coupe du Monde de Rugby 2019, le week-end prochain.

Âgé de 26 ans, Furlong a inscrit un essai mémorable lors de la victoire 47-5 contre les Samoa samedi soir (photo ci-dessus). Il a aussi participé aux succès historiques obtenus en 2016 et 2018 contre chacun des adversaires potentiels du XV du Trèfle en quarts.

« Ça donne confiance, mais le rugby change très vite », explique-t-il ce dimanche, après avoir dormi seulement « quatre ou cinq heures » dans le sillage de l’impressionnante performance irlandaise.

« On n’a pas affronté ces deux équipes depuis quelques temps maintenant et le jeu évolue, les choses changent, les systèmes changent. Ça donne confiance parce qu’on sait qu’on l’a fait par le passé, mais ça ne garantit pas de succès à l’avenir. Cela ne veut pas dire qu’ils vont proposer le même plan de jeu que par le passé. »

Contre les Samoans, Furlong a été l’un des moteurs du jeu d’avants très dynamique de son équipe durant une première mi-temps où elle marqué quatre essais. Il a donc laissé ses coéquipiers quatre minutes après la reprise avec la satisfaction du devoir accompli et l’envie de voir plus loin.

« Le plus important, c'est de bien récupérer, d’essayer de nous reposer et de retourner au travail, reconnaît-il. Quel que soit l’adversaire, on sait que, pour le cinq de devant, ce sera un énorme défi. » 

Quand on lui a demandé ce qu'il pensait de son essai, qui l'a vu emporter quatre défenseurs avec lui, le joueur du Leinster a déclenché quelques rires dans l'assemblée. « Rien, a-t-il répondu. C’est un peu dingue quand vous revoyez tout ça et que vous n’avez aucune idée de comment une telle chose a pu se passer. »

« Je suppose que quand vous portez le ballon, vous essayez juste de gagner le premier contact, de rester bien campé sur vos appuis et de garder vos jambes en mouvement. Ensuite, vous avancez jusqu'où vous pouvez. »

La seule déception du match pour l’Irlande aura été ce carton rouge reçu par le centre Bundee Aki pour un plaquage haut qui a conduit à la sortie du demi d’ouverture samoan Ulupano Seuteni. Aki va devoir comparaître devant une commission disciplinaire indépendante présidée par Adam Casselden (Australie) à Tokyo ce lundi matin.

« On n’a pas encore reçu le rapport de l’arbitre donc c’est difficile de commenter », déclare à ce sujet l’entraîneur de la défense Andy Farrell.

« Je me sens désolé pour tout ceux qui reçoivent un carton rouge. Je ne connais aucun joueur de haut niveau dans le rugby actuel qui vise délibérément à commettre une action passible d’un carton rouge. »

« C’est très difficile de juger. Vous pouvez passer la même action au ralenti et tout le monde ira de son commentaire : ‘Oh, il s’est passé ceci, il s’est passé cela. »

En attendant, l’Irlande, qui n’a jamais passé le cap des quarts de finale, s’attend à devoir affronter des tourments bien plus grands. Même si l’exécution du plan de jeu a été très satisfaisante contre les Samoa, Farrell évoque clairement l’inconnu qui les guette : face aux All Blacks, champions du monde en titre, ou contre des Springboks de nouveau en grande forme le week-end prochain à Tokyo ?

« Nous avons fait une bonne performance hier », déclare-t-il ainsi. « Est-ce que ça va être suffisant ? On n’en sait rien. La seule chose à faire dans un quart de finale, c’est de gagner. »

« Quand on arrive au jour J, on entre dans la vérité du match. Il faut savoir s’adapter aux circonstances du moment. »

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