France - Galles : le refrain de la revanche

Privés de leur rêve de revanche contre les Anglais, les Bleus se préparent avec ce moteur contre les Gallois, marqués par leur décompression et échec dans le dernier Tournoi.

OITA, le 14 octobre – Les Bleus rêvaient d'une revanche contre l’Angleterre. Balayés le 10 février 2019 à Twickenham lors de la deuxième journée du Tournoi des Six Nations (44-8, 6 essais à 1), ils caressaient l’espoir de remettre les pendules à l’heure dans cette Coupe du Monde à l’occasion de leur dernier match de la phase de poules. Le typhon Hagibis a ruiné l’ambition en entraînant l’annulation du match. Certains de figurer quoi qu'il arrive en quarts de finale, les Bleus auront tout de même droit à un match à l’allure de revanche. 

Parce que l’adversaire pour ouvrir la phase finale est un autre des bourreaux du XV de France dans le dernier Tournoi : le pays de Galles. C’était le premier round du Six Nations 2019. Depuis, les Bleus ont joué dix matches mais son souvenir est encore vif, scénario oblige. Ils menaient 16-0 à la mi-temps, ils sont tombés 24-19 (photo ci-dessus)…

« On a péché par manque de maîtrise. Si on regarde ce match, on se souvient qu’il y a 16-0 à la mi-temps. Le pays de Galles ne change pas de stratégie, sort de son camp de la même manière. Sauf que nous commettons des erreurs dans notre camp. On leur donne le contrôle de la partie. Par notre manque de maîtrise, le match a basculé. Je ne pense pas encore que notre équipe a progressé sur cette maîtrise mais on va essayer de retenir les leçons », se souvenait le sélectionneur, Jacques Brunel.

Enfin ? S’incliner contre le pays de Galles est en effet devenu une mauvaise habitude. Depuis la victoire des coéquipiers de Thierry Dusautoir en demi-finales de la Coupe du Monde 2011, les Gallois ont gagné sept des huit confrontations. Et la seule victoire tricolore tient du miracle : en mars 2017 au Stade de France, à l’époque où Guy Novès était le sélectionneur, les Bleus s’en sont sortis grâce à un essai de Chouly après 12 mêlées et 21 minutes d’arrêt de jeu. Il reste des rescapés : Fickou, Vakatawa, Lopez, Serin, Baille, Guirado, Slimani, Vahaamahina, Picamoles, Chat, Dupont et Huget étaient de la partie.

Une base de travail

En tant que sélectionneur, Jacques Brunel n'a lui forcément jamais goûté à ce bonheur. Une défaite 14-13 à Cardiff en 2018 et donc celle du 1er février dernier au Stade de France avec, parmi les titulaires, onze joueurs engagés dans cette Coupe du Monde (Médard, Penaud, Ntamack, Huget, Lopez, Poirot, Guirado, Vahaamahina, Lauret, Iturria et Picamoles) ainsi que trois remplaçants (Alldritt, Serin, Fickou).

Presque un traumatisme. Baptiste Serin confiait : « Tout le monde y pense, quand on fait une telle première mi-temps et qu’à la fin on perd, ça marque … » C’est au moins un souvenir comme un moteur. Romain Ntamack insiste : «On va s’en servir forcément. On avait fait une grosse première mi-temps, on les avait mis à mal. Il faut s’en servir comme base de travail. Mais il faudra corriger des choses : on avait joué 40 minutes conte eux. Là, il faudra jouer 80 minutes voire plus. Et tenir 80 minutes… »

Mais avant le 98ème pays de Galles - France de l’Histoire, le deuxième en Coupe du Monde, l’enjeu est clair : il faudra aussi être capable de dépasser ce souvenir du Tournoi. Serin le sait : « On va se servir de ce match, voir ce qui a été, travailler sur ce qui n’a pas été. Mais on ne va pas se focaliser sur ce match : entre le Tournoi et un quart de finale de Coupe du Monde, il y a un écart immense. On va aussi bien travailler sur ce que les Gallois ont fait lors des derniers matches… » 

Apprendre des erreurs passées, s’avancer sans complexe et surtout tenir le cap des convictions, voilà la trilogie requise avant le quart de finale. Jacques Brunel promet au moins des raisons d’espérer. Sourire déterminé : « Depuis que je suis arrivé, on a perdu 14-13 à Cardiff et de la façon dont on sait à Paris (19-24 alors que les Bleus menaient 16-0). On était moins structurés qu’aujourd’hui. Nous verrons… »

RNS gl/sc