Objectif atteint pour l’Uruguay

L’Uruguay a « choqué le monde » du rugby en battant les Fidji et en regardant longuement dans les yeux l’Australie et le pays de Galles. Les jalons pour 2023 et 2027 sont posés.

TOKYO, le 14 octobre – Plongé dans un groupe relevé, avec le pays de Galles, l’Australie ou encore les Fidji, l’Uruguay n’avait que peu d’espoirs de rallier les quarts de finale. En revanche, les Teros voulaient « choquer le monde ». Leur victoire face aux Fidji (30-27) a en effet surpris autant qu’elle a enthousiasmé la planète rugby.

La suite a été plus compliquée avec trois revers pour finir face à la Géorgie (33-7), l’Australie (45-10) et le pays de Galles (35-13). Mais les Uruguayens ont conquis le cœur des supporters avec leur jeu dynamique, leur volonté de ne rien lâcher et leur combativité exemplaire.

Le sélectionneur

Esteban Menezes peut rentrer à Montevideo avec le sentiment du devoir accompli et beaucoup de satisfaction dans les valises. Ses hommes ont répondu présents sur le terrain, et il a répondu aux attentes de sa fédération. La victoire face aux Fidji est la cerise sur la gâteau. Son contrat avec la Fédération uruguayenne de rugby prenant fin bientôt, son avenir n’est pas encore scellé, mais nul doute que cette campagne japonaise lui a fait gagner un certain crédit.

Le joueur de la compétition

Difficile d’extirper un nom dans un groupe qui a fait de l’esprit d’équipe sa valeur cardinale. « Nous jouons en équipe » n’ont eu de cesse de rappeler deux des stars et cadres des Teros, le capitaine Juan Manuel Gaminara et le demi d’ouverture Felipe Berchesi.

On s’en souviendra

Barbecue et maté. Quel que soit le jour, l’heure ou l’endroit, les Uruguayens ont toujours su allumer quelques braises pour se faire un barbecue. Peu importe la météo. Et la tradition du fameux maté sud-américain a accompagné les Teros durant toute la compétition. Une sorte de 16ème homme, présent dans les vestiaires avant et après les matches. Un symbole de cette équipe où partager, vivre ensemble des moments de souffrance mais aussi de détente était fondamental. Traditions locales, même loin de chez soi.

Le fait de jeu à retenir

La victoire face aux Fidji, bien évidemment. Un souvenir mémorable. Ce match, ils le visaient depuis un certain temps. C’est la troisième victoire en Coupe du Monde pour les Teros, vingt ans après avoir triomphé de l’Espagne et seize ans après le succès contre la Géorgie.

Face à l’Australie et au pays de Galles, les Uruguayens ont prouvé qu’ils pouvaient regarder les nations du Tier 1 les yeux dans les yeux. Ceux qui avaient annoncé avant la compétition vouloir « choquer le monde » ont atteint leur cible.

Et maintenant ?

Pour l’Uruguay, cette Coupe du Monde doit être un déclencheur. En dominant les Fidji et en tenant tête aux Wallabies et aux Dragons, ils ont clairement candidaté pour affronter des équipes de Tier 1 (et les meilleures de Tier 2) lors des épisodes internationaux en juin-juillet et lors de la tournée d’automne.

L’Uruguay souhaite désormais pouvoir se mesurer régulièrement à ce qu’il se fait de mieux et ne pas attendre quatre années supplémentaires. Les investissements de World Rugby auprès des équipes de Tier 2 ont porté leur fruit. La récolte peut commencer.

La décla de la compétition

« On espère que les gens ont regardé en direct à la télé en Uruguay, pour qu’on puisse recruter plus de joueurs, parce qu’on est vraiment une petite fédération et on veut continuer à s'améliorer. Aujourd’hui (jour de la victoire face aux Fidji), on a un peu montré au monde entier qu’on pouvait obtenir des résultats. »
Felipe Berchesi, demi d’ouverture de l’Uruguay

Les résultats

Victoire 27-30 face aux Fidji

Défaite 33-7 face à la Géorgie

Défaite 45-10 face à l’Australie

Défaite 35-13 face au pays de Galles

L’Uruguay en chiffres

812 – Le poids du pack uruguayen face à l’Australie. Pour comparaison, les avants des Wallabies faisaient près de 90 kg de plus ce jour-là. Bis repetita face à la Géorgie. Des « poids plumes » qui ont pris du poids sur la scène internationale.

30 – Face aux Fidji, l’Uruguay a battu son record de points en un match de Coupe du Monde. En 1999, ils avaient inscrit 27 points face à l’Espagne.

26 – L’âge moyen du groupe uruguayen, ce qui en fait le squad le plus jeune de cette compétition. L’Uruguay présentait également l’effectif le plus léger et le plus petit en moyenne.

4 – L’Uruguay a marqué au moins un essai face à ses quatre adversaires durant cette phase de poules. Une première dans l’histoire des Teros.

0 – Le nombre de matches disputés par les Teros contre des équipes de Tier 1 entre la Coupe du Monde 2015 et l’actuelle.

RNS ea/fo/jg/fl