Slade fait contre mauvaise fortune bon cœur

Pour l'instant cantonné au rôle de spectateur pour sa deuxième Coupe du Monde de Rugby, Henry Slade est prêt à jouer, mais ne prend pas ombrage de sa situation.

OITA, le 14 octobre - La frustration en Coupe du Monde, Henry Slade connaît. Et le centre anglais pourrait bien devoir continuer à prendre son mal en patience.

Largement inutilisé en 2015, lors d'une campagne anglaise qui a tourné au fiasco, l'élégant trois-quarts centre guettait l'opportunité d'une première titularisation contre la France ce weekend. Espoir finalement douché par le passage du typhon Hagibis.

Il y a quatre ans, alors que le pays hôte n'avait pas réussi à s'extirper de sa poule, Slade avait dû attendre le match comptant pour du beurre face à l'Uruguay pour avoir sa chance, inscrivant un essai dans la victoire fleuve des Anglais (60-3) face aux Teros. Pas de quoi toutefois compenser le fait d'avoir été laissé sur la touche la plupart du temps. 

« J'ai vraiment une carte à jouer, juge Slade, tourné vers le quart de finale face à l'Australie, samedi à Oita. C'est une situation très frustrante pour moi d'avoir si peu de temps de jeu. Mais les gars jouent tellement bien qu'il n'y a pas de problème par rapport à ça. » 

« J'ai envie de jouer, c'est évident. Mais si je dois choisir entre jouer l'intégralité des matchs de poules mais perdre en quarts de finale, ou être remplaçant à chaque match, ou même ne pas jouer du tout et gagner la Coupe du Monde, je vais évidemment choisir la Coupe du Monde. »

Slade (24 sélections) a pu faire le voyage au Japon en dépit d'une blessure au genou subie à l'entraînement avec l'Angleterre, qui l'a privé des matches de préparation. Son entrée en jeu à la 52ème minute du match contre les Tonga constituait sa première apparition avec le XV de la Rose depuis l'incroyable match nul 38-38 face à l'Écosse lors du Tournoi des Six Nations.

Mais il s'est blessé au genou une nouvelle fois, ce qui l'a privé du match aux États-Unis. De retour face à l'Argentine, il est de nouveau sorti du banc, à la 68ème minute, pour prendre part à la victoire des siens sur des Pumas réduits à 14 une bonne partie du match. 

Depuis quelques matches, l'Angleterre privilégie la paire George Ford - Owen Farrell aux postes de demi d'ouverture et premier centre, ce qui ne laisse qu'une place à prendre au centre du terrain. Qui revient pour l'instant à Manu Tuilagi (photo ci-dessus, avec Slade), auteur de deux essais lors de la victoire face aux Tonga.

« Quand les coaches ont décidé d'associer à nouveau 'Fordy' et 'Faz' lors de la deuxième mi-temps du match de préparation contre l'Italie, l'équipe a bien tourné. Sur cette Coupe du Monde, c'est aussi le cas », reconnaît Slade.

« Je ne vais pas me plaindre. On forme un groupe de 31, quels que soient les joueurs qui nous font gagner la Coupe du Monde, on est tous champions du monde. Je me donne à fond tous les jours à l'entraînement pour me faire une place dans l'équipe. Si je ne suis pas sélectionné, je n'ai pas grand-chose à me reprocher. »

Selon lui, le comportement des joueurs qui ne font pas partie des 23 sélectionnés est un facteur clé de la réussite anglaise jusqu'à maintenant. 

« La manière dont ces gars tirent l'équipe vers le haut, cela reflète ce qu'on apporte depuis le début de la compétition, juge-t-il. Il ne faut pas sous-estimer l'apport de chacun dans un groupe de 31. Si tu ne joues pas mais qu'on gagne la Coupe du Monde, tu reçois quand même la médaille du vainqueur. C'est quelque chose de très important pour tout le monde et c'est ce pourquoi on est là. »

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