Ces cinq joueurs éliminés qui ont illuminé la phase de poules

De Semi Radradra à Felipe Berchesi, focus sur le Top 5 de ces joueurs qui ont brillé lors des matches de poules mais qu'on ne reverra pas en quarts de finale.

TOKYO, le 14 octobre - La phase de poules a livré son verdict. Et elle laisse sur le bord de la route certains talents qui l'ont pourtant éclaboussée de leur classe.

Semi Radradra (Fidji)

« Quel superbe joueur que Semi Radradra », s’enthousiasme Eddie Jones après la prestation de l’ailier fidjien face au pays de Galles. Malgré la défaite de son équipe, le pensionnaire de l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) a été élu Joueur du match. Tout un symbole. « Le voir jouer dans cette Coupe du Monde avec tant de puissance, de vitesse et de culot... C’est une leçon. J’ai vraiment trouvé qu'il a fait une prestation fantastique. Et là, je parle en tant que fan. »

Tout en Radradra respire le rugby. Son talent mais aussi son état d’esprit. Eddie Jones toujours. « C’est ça, l’esprit d’une Coupe du Monde. Radradra a dit à la fin du match qu’il n'avait plus d’essence dans le moteur après avoir tout donné sur le terrain pour son pays. » Radradra a été, sans conteste, le joueur le plus performant durant cette phase de poules. Surnommé le 'Semi-Trailer' (le Semi-Remorque, en référence à son prénom), Radradra a obtenu deux fois le titre de Joueur du match, parcouru au total 400 mètres avec le ballon, franchi à huit reprises et battu 29 défenseurs en quatre matches. Un 'Semi-Trailer' inarrêtable qui sera en fin de contrat l’été prochain avec l’UBB et qui ne manquera pas de courtisans.

Tagir Gadzhiev (Russie)

« Il faut être fort quand on veut faire quelque chose de sa vie et qu'on on vient du Daghestan. » Issu de cette république russe fédérée accolée à la Géorgie, Tagir Gadzhiev peut être fier de son parcours et de sa Coupe du Monde. Ancien adepte d’arts martiaux, il s’est reconverti troisième ligne au sein des Ours. Très présent dans le combat face au Japon pour le match d’ouverture, il s’est distingué contre l’Irlande avec 18 plaquages (45 sur l’ensemble de la première phase) et une activité incessante dans les zones de ruck.

Le joueur de 25 ans a même eu l’honneur de rencontrer son idole, Sonny Bill Williams, après avoir fait quatre heures de route pour se rendre au camp de base des All Blacks. Tous deux musulmans, les joueurs ont eu l’occasion d’échanger sur la religion mais aussi sur de nombreux autres thèmes, en privé.

Jake Polledri (Italie)

Les adieux de Sergio Parisse à la Coupe du Monde ont été annulés par le passage du typhon Hagibis. Mais le néo-Toulonnais a trouvé un digne successeur à l’arrière du pack transalpin en la personne de Jake Polledri. Né en Angleterre de grands-parents italiens, Polledri s’est mis en valeur, notamment face au Canada, où il a battu 14 défenseurs. C’est plus que n’importe quel autre avant en un match dans toute l’histoire de la Coupe du Monde !

À tout juste 23 ans, il a disputé les trois matches de son équipe, marqué un essai, plaqué avec efficacité (88 % de plaquages réussis) et parcouru 161 mètres ballon en main. Sa puissance et son agressivité – dans le bon sens du terme – lui ont valu de flatteuses comparaisons avec la star des All Blacks Ardie Savea.

Felipe Berchesi (Uruguay)

Quand l’arbitre de la rencontre a accordé une pénalité à l'Uruguay à la 75ème minute du match face aux Fidji (30-27), Felipe Berchesi était l’homme le plus calme de Kamaishi. Il avait pourtant une victoire historique au bout du pied. « Je me suis dit qu'il fallait la taper comme à l'entraînement, comme si le stade était vide », a expliqué l’ouvreur après la rencontre.

L’équipe la plus jeune, la plus petite et la plus légère de cette Coupe du Monde avait besoin d’un ouvreur en grande condition. À 28 ans, le joueur de l’US Dax n’a manqué qu’un seul coup de pied sur sept, plaqué à 12 reprises et récupéré trois ballons face aux Flying Fijians. Il termine cette phase de poules au deuxième rang des meilleurs marqueurs de la compétition avec 30 points devant des références comme Sexton (26), Mo’unga (26), Farrell (24) ou Ntamack (23).

Zane Kapeli (Tonga)

Parfois, une seule action vous permet de marquer un match ou une compétition. Demandez plutôt à Sébastien Chabal et sa percussion sur Ali Williams en 2007… À la 12ème minute du match face aux Anglais, le numéro 8 du XV de la Rose Billy Vunipola a rencontré 'Zane the Train' entrant en gare. « Je l'ai vu foncer vers moi, j'ai baissé la tête et j'ai espéré que ça passe, a confié après coup le flanker de Bay of Plenty. Les gars m'ont donné une tape dans le dos, et moi, j'avais juste envie de mettre de la glace sur mon épaule. »

« La troisième loi de Newton ne stipule-t-elle pas que tout corps A exerçant une force sur un corps B subit une force d'égale intensité ? », rappelle celui qui n'a pas oublié ses cours de physique au collège.

Mais Kapeli (1,89m – 130kg) a fait bien plus que ce plaquage. Il en a rajouté 13 lors de cette rencontre. Son essai face à l’équipe de France a fait passer un frisson dans le dos des Bleus en toute fin de match. Assurément un nom à retenir.

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