Leitch : « Continuer d'écrire l'histoire du rugby japonais »

Le capitaine des Brave Blossoms, qui n'a pas pu trouver le sommeil après le succès face à l'Écosse, échafaude un plan pour que ses joueurs continuent d'écrire l'histoire.

YOKOHAMA, le 14 octobre – En 2002, le Japon avait accueilli une Coupe du Monde où le ballon était un peu plus arrondi. Les locaux avait proposé un football épatant... mais la fin avait été quelque peu amère, le groupe ayant sans doute trop vite célébré son parcours. Une expérience que ne veut surtout pas vivre Michael Leitch. Incapable de trouver le sommeil après un des plus grands exploits du sport japonais, le valeureux capitaine des Brave Blossoms a eu tout le temps de réfléchir au chemin parcouru par son équipe ces huit dernières années.

« Pour être honnête, je n’ai pas dormi, a-t-il confié aux médias 12 heures après la victoire face à l’Écosse (28-21). Je me suis couché à 1h30, mais je n'ai pas fermé l’œil. J'ai un peu de mal aujourd'hui. Pfff... Quand on repense à notre situation en 2011, l'équipe a fait des progrès impressionnants. Maintenant, il faut voir plus loin. L'objectif n'est pas atteint. L'objectif, c'est de gagner le match d'après. Et puis celui d'après. C'est ça qui est important. On veut continuer d'écrire l'histoire du rugby japonais. » 

Le numéro 6 nippon a ensuite évoqué le destin de l'équipe japonaise de football en 2002. « J'ai eu l'occasion de parler avec le joueur qui était capitaine de l'équipe à l'époque où le Japon avait accueilli la Coupe du Monde (Tsuneyasu Miyamoto, 2002), et il m'a dit que pour lui, l'objectif était atteint à partir du moment où ils s'étaient retrouvés en huitièmes, et qu’ils avaient commencé à célébrer leur parcours dès la semaine suivante », a-t-il expliqué.

Les Japonais s’inclineront dès la rencontre suivante, une défaite frustrante 1-0 face à la Turquie. Bien conscient de la morale de cette fable, Leitch veut faire en sorte de tirer les leçons de cet échec avant d’affronter l’Afrique du Sud en quarts de finale.

Pour parfaire son plan, Leitch souhaite parler à des joueurs ayant œuvré dans des équipes couronnées de succès. « J'ai envie de parler à des All Blacks que j'ai côtoyés sur les terrains, comme Richard Kahui, Scott Donald ou Cory Jane, pour savoir comment ils s'étaient préparés, quelles avaient été leurs priorités, etc. Le mental va être important. On va vouloir offrir un autre grand match à notre public. Les joueurs sont heureux d'avoir une opportunité pareille. »

Toujours plus haut

En moins d'une décennie, le Japon a connu une ascension fulgurante. Avant de débuter la Coupe du Monde 2015 en Angleterre, les Brave Blossoms n’avaient remporté qu’une seule victoire en 24 rencontres dans cette compétition. Quatre ans plus tard, ils ont enchaîné sept succès en huit matches, dominant trois nations du Tier 1 au passage. En plus d’un billet pour les quarts, la victoire bonifiée face à l’Écosse a également offert au Japon la 7ème place au classement World Rugby.

Clin d’œil du destin, la suite se fera face aux Sud-africains. Ces mêmes Springboks qu’avaient dominés le Japon il y a quatre ans, lors d’un des actes fondateurs du rugby japonais, le fameux Miracle de Brighton. Les Boks ont pris une première revanche en battant les Asiatiques 41-7 le 6 septembre dernier, en préparation.

Mais Leitch estime que le Japon d’aujoud’hui n’est pas le même qu’il y a quelques semaines. « La dernière fois, on sortait de la Pacific Nations Cup (gagnée par le Japon), il y avait une grosse marche à franchir, a-t-il analysé. On avait eu un certain nombre d'occasions, mais on avait fait des erreurs dans les moments importants. Aujourd'hui, on s'est habitués à la pression, on a aussi une meilleure vision du jeu. »

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