Adams vise le gros lot

Impressionnant depuis le début de la compétition, le dragster gallois peut viser un record prestigieux : celui du meilleur marqueur d'essais lors d'une Coupe du Monde.

OITA, le 15 octobre - À l’exception d’une performance majuscule face à l’Australie, et même s'ils terminent la phase de poules avec quatre victoires en autant de matches, les Gallois n’ont pas toujours pratiqué leur meilleur rugby dans cette Coupe du Monde au Japon. Cela dit, il est un Dragon qui a eu les griffes bien acérées en phase de poules. Josh Adams, joueur des Cardiff Blues, pourrait même rejoindre le club des ailiers de légende de l'histoire des Coupes du Monde.

À l’issue des matches de poules, lui et le Japonais Kotaro Matsushima sont au sommet du classement des marqueurs d’essais de la compétition, avec cinq réalisations chacun. Adams n’est plus qu’à une unité du record gallois en la matière, qui appartient à Shane Williams, auteur de six essais en 2007. Mais l’ailier peut également viser un autre record, encore plus prestigieux : celui du meilleur marqueur toutes sélections confondues. Pour le moment, les All Blacks Jonah Lomu (1999) et Julian Savea (2015) ainsi que le Springbok Bryan Habana (2007) règnent avec huit essais.  

« Ce serait plutôt cool de faire partie de ce groupe, non ? », s’est amusé Adams, qui a frappé une fois contre l’Uruguay et la Géorgie, en plus de son hat-trick contre les Fidji. Il y a de sacrées légendes tout là-haut. J’adorerais faire partie de cette liste, mais le plus important, c’est de gagner nos matches. Je croise les doigts : avec encore trois rencontres à jouer, j'espère que j’aurai l’occasion de rejoindre Shane (Williams). On verra bien. »

Adams, qui se verrait bien soigner ses statistiques dès le match face à la France, avoue avoir été le premier surpris de sa rapide éclosion au plus haut niveau international. Le joueur de 24 ans a débuté en sélection galloise il y a un peu plus d’un an, lors du Tournoi des Six Nations 2018, quand ses performances à Worcester ont tapé dans l’œil de Warren Gatland.

Il s’est révélé décisif dans le Grand Chelem gallois de cette année, en aplatissant derrière la ligne contre l’Italie, l’Angleterre et l’Écosse. Il compte aujourd’hui neuf essais en 18 sélections.  

« C’est la semaine la plus importante de ma carrière, admet-il. Je n’aurais jamais imaginé me trouver ici il y a 18 mois, c’est comme dans un rêve. Quand Alun Wyn Jone (le capitaine gallois) te dit qu’on est plus qu’à 240 minutes de la gloire suprême, ça fait vraiment quelque chose. On va avoir 80 minutes très difficiles dimanche, mais je ne vois pourquoi ce groupe ne pourrait pas s'en sortir. On doit avoir confiance en nous. »

La dernière fois que les Gallois ont affronté les Bleus, en février dans le Tournoi, ils avaient pris un bien mauvais départ, étant menés 16-0 à la mi-temps par des tricolores incisifs. Mais quelques coupables erreurs françaises ont réveillé le XV du Poireau, qui s’est finalement imposé 24-19. Cette victoire avait constitué le premier pas vers le troisième et dernier Grand Chelem de l’ère Gatland, le sélectionneur néo-zélandais ayant annoncé qu’il quittait le groupe gallois à la fin de la Coupe du Monde.

Pour autant, Adams ne veut pas tomber dans le piège de sous-estimer les hommes de Jacques Brunel. « On le sait, les Français sont célèbres pour pouvoir prendre feu à n'importe quel moment, a-t-il précisé. Quand ils font ça, ils sont extrêmement dangereux. Et je trouve qu’ils ont été bons depuis le début de la compétition. »

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