L'Afrique du Sud face à un défi inédit

L'Afrique du Sud va devoir s'adapter aux conditions particulières d'un match face au Japon : une équipe au jeu rythmée, qui va évoluer à domicile et connaît bien la culture sud-africaine.

TOKYO, le 16 octobre – Opposée au Japon en quart de finale, l’Afrique du Sud se trouve face à un problème qui ne s'est pas posée jusqu'à présent dans cette Coupe du Monde. Elle devra travailler de nouvelles annonces pour ne pas être trop facilement décryptée par des Brave Blossoms qui parlent afrikaans.

« Ce qui est regrettable au niveau de la communication, c'est qu'ils ont quelques Sud-africains dans leurs rangs, a reconnu l’entraîneur adjoint des Springboks Mzwandile Stick. Généralement, quand on parle afrikaans, c'est un avantage car personne ne nous comprend. »

Les Brave Blossoms proposent donc un profil atypique avec trois joueurs qui ont baigné dans le rugby Bok depuis leur plus tendre enfance. « Ils ont Lappies (le troisième ligne Pieter Labuschagne), Wimpie (le deuxième ligne van der Walt) et même l'ailier (Kotaro Matsushima), qui est né en Afrique du Sud, glisse Stick, décidément bien au fait des profils adverses. Ils vont probablement réussir à décrypter un peu notre communication. »

Labuschagne, le « Bok Blossom »

Symbole de ce rapprochement entre les deux nations, Pieter Labuschagne. Biberonné à Pretoria sur les exploits des coéquipiers de François Pienaar (il avait six ans lors du premier titre des Boks, à domicile, en 1995), il a évolué en Super Rugby avec certains internationaux sud-africains tels que Willie Le Roux. Appelé dans une sélection sud-africaine en 2013, il n’a jamais porté le maillot national… avant de déménager sur l’archipel nippon en 2016.

Son impact aux Kubota Spears, puis dans la province des Sunwolves, a été tel qu’il a fini par devenir international japonais et même capitaine lors du match historique contre l’Irlande (19-12). Infatigable, son abattage en fait le deuxième meilleur plaqueur de la compétition (56) derrière le Samoan TJ Ioane (67).

Tout comme Labuschagne, Wimpie van der Walt a fait toute sa formation dans des équipes sud-africaines (Western Province, Eastern Province Kings) avant de goûter au Super Rugby avec les Southern Kings et les Bulls. À l’image de Labuschagne, il a également connu les plaisirs de la sélection sud-africaine (en 2007 au sein d’une équipe scolaire) avant de faire le pari de rejoindre le Japon, où il est devenu international A en 2017.

Troisième membre de ce groupe des Boks réunis sous le maillot des Brave Blossoms, Kotaro Matsushima est né à Pretoria d’une mère japonaise et d’un père zimbabwéen. Il a découvert le haut niveau en 2013 avec les Sharks avant de mettre le cap sur le Japon.

Matsushima, la force du mélange

Le deuxième meilleur marqueur d’essais de cette Coupe du Monde (4) est le porte-étendard de cette équipe japonaise qui s’est enrichie des cultures extérieures en allant dans les franchises de l’hémisphère sud. Outre sa formation sud-africaine, il a également évolué en Australie (Eastern Suburbs, Rebels) avant de rejoindre les Sunwolves.

Son duel face à Cheslin Kolbe – qui devrait être remis de sa blessure à la cheville – sera l’une des clés de ce quart de finale aux arrières goûts de Miracle de Brighton. « On sait tout ce que peut nous apporter Cheslin et à quel point ce joueur est spécial », a confié Stick.

« Ils jouent sur un tempo très élevé. On sait que leur plan de jeu, c'est d'avoir la possession pendant près de cinquante minutes, donc ça va être un sacré défi pour nous », rajoute l’entraîneur adjoint sud-africain. Face au rythme imposé par les Japonais, les Boks devront être à 100 %. Le staff de Rassie Erasmus a dû être rassuré en ce début de semaine en voyant le demi de mêlée Herschel Jantjies (blessé aux ischio-jambiers) et le deuxième ligne François Louw (genou) participer à la séance d’entraînement au Fushu Asahi Football Park de Tokyo.

« C'est le pays hôte, on se doute qu'ils vont mettre beaucoup de passion dans leur jeu et qu'ils seront portés par le soutien de leurs supporters, rajoute Mzwandile Stick. Même en regardant le match à la télé (Japon - Écosse), on entendait la clameur du stade de Yokohama. Ça va être un sacré défi. » Entre deux équipes aux styles diamétralement opposés, ce quart de finale promet des étincelles !

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