Coupe du Monde 2011 - Dusautoir, l’œuvre inachevée

Il n’aura manqué que le Graal à Thierry Dusautoir, finaliste de la Coupe du Monde 2011 et désigné meilleur de la planète la même année : le titre mondial. Il était pourtant si près…

TOKYO, le 29 octobre - « Ça n'a pas été suffisant. C'est dur à avaler, c'est vraiment difficile, parce qu'on n’est pas passés loin. C'est dur de dire ce qui n'a pas marché. On a montré que la France avait sa place en finale. » Quelques minutes après la défaite face à la Nouvelle-Zélande en 2011 (8-7), Thierry Dusautoir n’arrivait pas encore à mettre des mots sur ce qui venait de se passer.

Le capitaine de l’équipe de France est passé à un point d’un titre de champion du monde en Nouvelle-Zélande, le pays du rugby, face à l’hôte de la compétition. Désigné Joueur de la finale malgré la défaite, il a tout tenté pour aller chercher cette Coupe Webb Ellis, qui s’est finalement dérobée sous ses doigts sur un coup de pied de l’inattendu Stephen Donald.

À 30 ans, Thierry Dusautoir est alors à l’apogée de sa carrière. Tout juste auréolé de son quatrième titre de champion de France, il arrive dans cette Coupe du Monde sur la pointe des pieds. L’année précédente, son capitanat et son leadership en bleu étaient remis en cause.

Un haka mémorable

Mais ça, c’était avant… Avant cette finale mémorable à l’Eden Park d’Auckland. Devant 61 079 spectateurs (et plusieurs millions en France répartis devant leurs écrans et les enceintes sportives comme le Stade de France), les Français ont fait douter jusqu’au bout des Blacks ultra-favoris. « C’est pour ça que ça reste un peu dur mais pour moi, Français, disputer une finale de Coupe du Monde contre la Nouvelle-Zélande en Nouvelle-Zélande, il n’y a pas plus beau. Avoir eu l’opportunité de jouer ce match-là, c’est fabuleux. »

Dès le haka, les Français ont répondu présent. « J'ai senti mes coéquipiers près de moi. À un moment, je les ai même sentis un peu trop ! Ils voulaient aller embrasser les Néo-zélandais, il m'a fallu essayer de les calmer », confiait en souriant Dusautoir après le match. De quoi mettre immédiatement dans l’ambiance... Menés par leur troisième ligne emblématique, les Français ont fait le match de leur vie.

Reconnu par ses pairs comme l’un des meilleurs joueurs de l’histoire, Thierry Dusautoir était ciblé par le sélectionneur néo-zélandais. : « Leur paquet d’avants est probablement le meilleur que nous ayons affronté depuis le début de cette compétition. Leur mêlée est très bonne, ils ont une troisième ligne de classe internationale », affirmait Graham Henry en dressant la liste des qualités françaises. Il n’a pas eu tort tant l’équipe de France a semblé dominatrice sur certaines phases de cette finale.

La Nouvelle-Zélande lui réussit

Parce que Graham Henry n’avait peut-être pas noté que Thierry Dusautoir était particulièrement inspiré par le maillot noir. Réputé pour ses qualités défensives, « Titi » a inscrit le seul essai français ce jour-là. Une arrivée à hauteur conclue par un plongeon au pied du poteau pour ce qui sera le seul moment où les Français auront trouvé la clé.

Thierry Dusautoir est un récidiviste puisque. Quatre ans plus tôt, lors du succès en quarts de finale face à ces mêmes Blacks, il avait déjà marqué un essai. Deux de ses six réalisations avec le maillot frappé du coq.

Ce match de 2007 aura d’ailleurs marqué l’histoire du rugby puisque Thierry Dusautoir a réalisé… 38 plaquages ! Un record toujours inégalé dans l’histoire de ce sport qui lui a valu son surnom de « Dark Destroyer » !

0:00
/
0:00
RWC TV

« L’un des plus beaux matches de l’histoire du rugby »

Quatre années plus tard, en 2011, Thierry Dusautoir est donc bien installé sur la scène internationale, au point de se voir décerner le titre de meilleur joueur du monde. « C’est à l’issue de ce match-là qu’on m’a nommé meilleur joueur de l’année. J’étais honoré individuellement mais je le prends plus comme une victoire collective parce qu’on était vraiment très proches du titre. »

Aucun Français n’aura même été aussi proche que lui de soulever la Coupe Webb Ellis. Des années plus tard, les gens n’ont pas oublié cette épopée et lui en parlent encore. « Je pense que c’est vraiment un match qui a marqué l’histoire de la Coupe du Monde. Pourtant le score n’est pas impressionnant (8-7) mais l’atmosphère, le scénario ont fait de ce match l’un des plus beaux de l’histoire du rugby. C’est fabuleux d’avoir pu le jouer. »

Si les Français n’ont pas oublié cette finale déchirante, ils se souviennent également de l’année exceptionnelle de leur capitaine. Champion de France avec le Stade toulousain, vice-champion du monde, meilleur joueur de la finale et désigné meilleur rugbyman de la planète, il a posé son empreinte à tout jamais sur cette année 2011. Il ne manquera finalement que la couronne suprême à poser sur la tête du Roi Dusautoir.

RNS fl/hc/sc