L'Eire n'est plus au passé, selon Healy

Le vétéran irlandais reconnaît que le quart de finale face à la Nouvelle-Zélande sera un moment décisif dans sa carrière.

TOKYO, le 15 octobre – Cian Healy peut se targuer d'avoir été des deux victoires historiques de l'Irlande sur la Nouvelle-Zélande. En 2016, à Chicago, le pilier gauche était sorti du banc pour apporter sa pierre au premier succès de l'histoire du Trèfle sur les hommes en noir. Deux ans plus tard, à Dublin, il était titulaire pour une victoire qui allait propulser son équipe au 2ème rang du classement mondial.

Mais à quatre jours des retrouvailles entre les deux équipes, cette fois en quarts de finale de la Coupe du Monde, le pilier gauche de 32 ans préfère ne pas s'attarder sur de grandes heures qui, à ses yeux, sont déjà de l'histoire ancienne.

« Pour moi, c'est du passé, assène-t-il, lui qui a tout de même perdu sept de ses neuf précédentes rencontres face aux Kiwis. Je n'y pense pas plus que ça, surtout qu'elles n'ont pas eu lieu dans le cadre d'une Coupe du Monde. »

Tout comme Johnny Sexton, et malgré ses 94 sélections et une armoire à trophées bien remplie, Healy sent qu'il a besoin d'une victoire d'éclat dans ce qui constitue le plus grand rendez-vous de la planète ovale s'il veut pouvoir être pleinement comblé par sa carrière. Voilà pourquoi il n'hésite pas lorsqu'on lui demande si ce match sera le plus important de sa vie :

« Oui, c'est clair. Ce sera à quitte ou double. Tout le monde en est conscient, je pense. Tout le monde sait qu'on a une belle opportunité devant nous. Et tout le monde a envie d'être de la partie. Ça va être un sacré casse-tête pour les coaches. »

Mais immédiatement, il prévient : « Là, ça ne va pas être la même musique. Eux, ils sont allés au bout plusieurs fois, pas nous. »

 

Il y a encore quelques semaines, le vétéran du Leinster se demandait ouvertement s'il pourrait résister longtemps encore à la concurrence incarnée par Dave Kilcoyne. Depuis, il n'a fait qu'asseoir sa domination au poste de pilier gauche et semble bien parti pour être dans le fauteuil de titulaire samedi au coup d'envoi, aux côtés du capitaine Rory Best et du droitier Tadhg Furlong.

Pour beaucoup d'observateurs, c'est justement au niveau du cinq de devant que va se décider le sort de la rencontre. Healy en tout cas s'attend à ce que les Blacks fassent mieux que répondre présents dans le jeu d'avants.

« Ils ont un alignement très efficace et ils ne perdent pas de temps pour lancer. On y travaille beaucoup : comment défendre, comment assurer nos propres lancers. Leur mêlée est très tactique. À nous d'être intelligents. »

Il y a un peu moins d'un an, c'est avant tout dans le sillage d'un pack dominateur que le XV du Trèfle a su confirmer son exploit de Chicago. De toute façon, les avants irlandais, Healy en tête, savent que s'ils ne délivrent pas de bons ballons à leurs trois-quarts, ils vont entendre parler du vert pays...  

« On a tellement de talents derrière que ce serait malheureux de ne pas être capables de leur offrir une bonne rampe de lancement. En fait, c'est eux qui nous mettent le plus de pression, ou plutôt le 9 et le 10, qui nous aboient dessus si on ne leur sort pas des ballons propres. »

Le bruit a beaucoup couru selon lequel, pour ce match qui, en cas de défaite, mettrait un point final à ses six ans de mandat, le sélectionneur Joe Schmidt allait sortir de sa manche plusieurs nouveautés. Et Healy n'a pas cherché un seul instant à le démentir :

« On a quelques nouveaux trucs qu'on n'a jamais faits avant, à eux de les découvrir. »

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