Himeno, le « chacal » qui avait les crocs

À l’origine d’un grand nombre de récupérations qui permettent de lancer des attaques rapides, le numéro huit joue un rôle crucial au sein des Brave Blossoms.

TOKYO, le 18 octobre - Dans l'équipe du Japon, Kazuki Himeno ne passe pas inaperçu. Sur le terrain, il s’est spécialisé dans la récupération du ballon après plaquage et avant la formation d’un ruck, d’un geste dit « du chacal » qui lui vaut aujourd’hui d'être célèbre à travers tout le Japon.

Au-delà de l’image ludique d’un chacal japonais qui guetterait tous les ballons au sol, cette reconnaissance est loin d’être anecdotique. Lors du match contre l’Irlande, quand les Brave Blossoms sont repassés devant au score, ils ont dû s’employer pour défendre leur avantage. Menés 16-12 à la 65ème minute, c’est une intervention parfaitement coordonnée de Himeno qui leur a permis de contrer une offensive potentiellement fatale du XV du Trèfle. Rebelote face à l’Écosse, où une nouvelle intervention de ce type a sauvé la patrie en danger alors que les Écossais, menés 21-28, mettaient tout dans la balance pour revenir au tableau d’affichage.

« J'ai réussi pas mal d’interventions comme celles-ci, mais il y a des joueurs qui sont meilleurs que moi à ce jeu-là, comme [le flanker australien Michael] Hooper, que j’admire beaucoup. Il faut que je continue à peaufiner ça », explique le numéro 8 (ci-dessus).

Blessé à une cheville, Himeno était absent le 6 septembre, quand le Japon a perdu 7-41 un match de préparation face aux Springboks. Il se réjouit à l’idée de les retrouver dimanche en quart de finale pour ce qui promet de devenir une nouvelle journée historique pour le Japon.

« L’Afrique du Sud est une des meilleures équipes du monde. C’est une expérience incroyable à vivre, et je voulais jouer ce match. Maintenant que j’y suis, je suis incroyablement motivé, raconte-t-il. J'ai hâte de voir à quel point je pourrai avancer face à la dimension physique des Sud-africains. »

« N’importe quelle phase de jeu peut être importante pour le résultat final. Dans mon cas, ce sont les charges ballon en main. Il faut que je me baisse bien sur mes appuis pour éviter de me faire aplatir, vu comme ils sont costauds. Je dois encore travailler sur mes charges. Les détails tactiques auront aussi leur importance. On va étudier ça tous ensemble pour essayer d’avoir la même vision. »

Troisième au nombre de courses ballon en main dans cette Coupe du Monde, ce qui le place devant son coéquipier, l’ailier vif-argent Kotaro Matsushima, Himeno bénéficie également des conseils avisés de Jake White, sélectionneur de l’Afrique du Sud championne du monde en 2007 et aujourd’hui entraîneur de Himeno au Toyota Verblitz, en Top League japonaise.

« J’ai la sensation que l’Afrique du Sud essaye de faire quelque chose qui ressemble à ce que Jake veut faire, précise-t-il. Toyota joue un rugby du même genre. Ça me donne une idée de la façon dont les Springboks jouent, donc c’est un plus. »

Nommé dès son arrivée en 2017 capitaine du Toyota Verblitz, il a connu la même année sa première sélection en équipe du Japon. De retour dans la ville de Toyota pour affronter les Samoa en poules, il en a profité pour inscrire son tout premier essai en Coupe du Monde.

Himeno n’a pas attendu le début de la Coupe du Monde pour insister sur le fait que les Japonais sont capables de rivaliser dans l’intensité avec les meilleures équipes du monde. Pour lui, les victoires sur l’Irlande et l’Écosse permettent au Japon de regarder l’Afrique du Sud droit dans les yeux à l’approche de ce quart de finale.

« Le message est passé, le monde entier sait que le Japon possède les qualités nécessaires pour s’insérer dans le Tier 1. C’est un truc énorme pour le rugby japonais. C’est génial de voir toute cette ferveur qui anime le Japon. J’espère qu’on va réussir à implanter la culture du rugby dans le pays. Ce serait fantastique que les Japonais nous sentent capables de rivaliser à ce niveau. »  

« On pratique un très bon rugby et on a joué avec beaucoup d'aplomb face à l’Irlande et à l’Écosse. Je peux donc sans complexe affirmer qu’on joue suffisamment bien pour rivaliser au plus haut niveau. »

RNS mn/ajr/bo/hc