Alun-Wyn Jones, le totem gallois

Nos analystes décortiquent le style de plusieurs joueurs qu'il faudra surveiller de près ce week-end pour les quarts de finale. Gros plan sur le futur adversaire des Bleus, le capitaine gallois Alun-Wyn Jones.

TOKYO, le 19 octobre – Au pays de Galles, Jones est le patronyme le plus porté. Mais lui, il a réussi l'exploit de se faire un prénom. Capitaine du XV du Poireau, Alun-Wyn Jones est inoxydable, un roc. Ce dimanche, face aux Bleus, le deuxième ligne va disputer son 19ème match de Coupe du Monde. Un record pour un Gallois.

Pas si mal pour un adolescent un peu grassouillet qui s’était entendu dire par son entraîneur à Swansea : « Toi t'es pas fait pour courir vite, t'es fait pour rester dans les rucks ».

Pourtant, on ne fait pas la carrière d’Alun-Wyn Jones simplement en mettant la tête là où d’autres ne mettraient certainement pas l’orteil. International depuis 13 ans, il dispute sa quatrième Coupe du Monde (2007, 2011, 2015 et 2019).

En quarts de finale, le capitaine des Dragons va fêter sa 141ème cap avec le pays de Galles (132) et les Lions britanniques et anglais (9). Il sera alors l’égal d’un certain Brian O’Driscoll. Seuls Sergio Parisse (142) et Richie McCaw (148) le devancent encore.

Deuxième ligne « à l’ancienne », rugueux, Jones n’est pas du genre à figurer dans les highlights. Les sautées et double croisées, très peu pour lui. Ses oreilles mâchées par les chocs constituent sa meilleure carte de visite.

Travailleur de l'ombre

Les chiffres aussi sont éloquents. Depuis le début de la compétition, Alun-Wyn Jones plaque en moyenne toutes les cinq minutes ! Seul le deuxième ligne écossais Jonny Gray a fait mieux que lui à son poste lors de la phase de poules. Tracteur en mêlée, voleur de touches occasionnel (2 contres), c’est un leader par l’exemple mais également le patron vocal de ce XV du Poireau.

« Plus le match est important, plus le défi à relever est compliqué, plus il est fort », glisse, admiratif, son sélectionneur Warren Gatland qui en a fait un cadre depuis sa prise de fonction.

Jones a confirmé les dires de son sélectionneur face à l’Australie en phase de poules pour la première victoire galloise face aux Wallabies en Coupe du Monde depuis 1987. Contre Pocock et les siens, le deuxième ligne a effectué 25 plaquages. Un total éloquent lorsqu’on sait que seuls quatre joueurs ont fait au moins 25 plaquages depuis le début de cette Coupe du Monde.

Véritable guerrier, Jones a confié être inspiré par un documentaire, « Ice Guardians », qui revient sur la violence des chocs en National Hockey League (NHL). « À la fin du documentaire, on demande à un des joueurs ce qu’il changerait s’il pouvait le faire. Il répond 'je referais tout, j'irais même encore plus fort'. »

Présent en 2011 lors de la défaite contre l’équipe de France en demi-finales de la Coupe du Monde, Alun-Wyn Jones ne veut pas revivre pareille mésaventure pour ce qui sera, probablement, sa dernière Coupe du Monde. Pour sortir par la grande porte, il va tenter de percuter et plaquer le plus fort possible. Comme il l’a fait lors de ses 140 premières sélections.

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