Les choses sérieuses commencent pour Pollard

Meilleur marqueur des Springboks en Coupe du Monde, le demi d'ouverture Handre Pollard ne compte pas s'arrêter face à l'obstacle japonais. Objectifs : atteindre le dernier carré et oublier le passé.

TOKYO, le 18 octobre – Discret depuis le début de la compétition, Handre Pollard est prêt à sortir de sa réserve. Face au Japon, le demi d’ouverture veut mettre un terme à la belle aventure des hôtes de la compétition.

À 25 ans, le garçon est un précoce. En marquant 14 points face à l’Italie, il est devenu le meilleur marqueur de l’histoire de l’Afrique du Sud en Coupe du Monde (115 points), dépassant un certain Percy Montgomery (111 points, champion du monde 2007). 

Sa réussite au pied sera un facteur déterminant. Mais pas question pour lui d’aborder en conférence de presse la possibilité de tenter des drops ou des pénalités plus ou moins lointaines. « Je ne vais pas tout vous dévoiler ici ! Ni même notre plan de jeu, sourit Pollard. C’est un match de rugby. On connaît l’importance des pénalités dans l’histoire de la Coupe du Monde. Ce n’est un secret pour personne, c’est très important et ça pourrait jouer un rôle considérable dans ce match. Tous les points qu’on peut marquer, que ce soit trois, cinq ou sept, seront précieux. »

S’il n’a pas donné de réponse directe, son entraînement face aux poteaux ce vendredi sous la pluie au Tokyo Stadium montre qu’il ne laisse rien de côté. « Le terrain est superbe, confiait-il en sortant du rectangle vert. Surtout après le temps qu’on a eu ces dernières semaines. Chapeau au personnel, qui a super bien travaillé. J’espère que ça tiendra après le match de demain pour le nôtre, dimanche. »

Oublier le Miracle de Brighton

International depuis 2014, Pollard est habitué aux rouages du circuit mondial. S’il a connu des grands moments, il était aussi là lors de défaites historiques, comme ce 57-0 encaissé face aux Blacks en septembre 2017 ou encore en 2015 lorsque les Springboks se sont inclinés face aux Japonais. De quoi donner une saveur particulière à ces retrouvailles.

« Il y a quatre ans, c’était totalement différent, affirme Pollard, remplaçant et entré à l’heure de jeu ce jour-là. Ce n’était pas la même Afrique du Sud, pas la même Coupe du Monde, pas le même stade. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis. »

« Ceux qui étaient là en 2015 ont appris de leurs erreurs, rajoute-t-il. On espère faire mieux cette année. Mais ce n’est pas ce qui compte. Ce qui compte, c’est de jouer notre meilleur rugby dimanche et gagner, qu’importe la manière. »

Face aux Brave Blossoms, l’Afrique du Sud a l’occasion de tirer un trait sur quatre années marquées par ce revers historique. Et comme l'a confié son capitaine, Siya Kolisi, en conférence de presse ce vendredi, « on sait ce qu’on a à faire. On a besoin de personne pour nous dire que c’est un grand match. Si on n’est pas au courant, on n’a rien à faire ici. » Le décor est planté.

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