50ème match au sifflet pour Peyper

À l'approche d'un quart qui s'annonce « intense », l'officiel sud-africain nous explique que le triptyque pression- professionnalisme- préparation est aussi au cœur du job des arbitres.

TOKYO, le 19 octobre – On parle souvent de la pression qui pèse sur les joueurs, mais que dire de la responsabilité supportée par les arbitres ? Jaco Peyper, qui s'apprête à fêter son 50ème match au sifflet, est bien placé pour nous en parler. 

Ce dimanche à Oita, à l'occasion du quart de finale entre la France et le pays de Galles, le Sud-africain de 39 ans va entrer dans le top 10 des arbitres les plus expérimentés au niveau international. Mais même si ce genre de rencontre relèverait presque pour lui de la routine, il n'en oublie pas que les yeux du monde seront rivés sur lui.

« Chaque match est différent. Je suis très content de pouvoir arbitrer une nouvelle rencontre au sommet, se félicite-t-il. Un quart de finale, ça signifie beaucoup de pression, mais j'espère que j'aurai le temps d'en profiter un peu. »

« Arriver à 50 matches, c'est plutôt bien pour un arbitre, ça demande une certaine endurance. Je suis fier d'être toujours là et de continuer à servir ce jeu du mieux que je le peux. »

« On a vu au début de la compétition que le corps arbitral était mis sous pression », souligne Peyper en référence à l'application des règles relatives aux plaquages dangereux.

« Mais la sécurité des joueurs est en jeu, donc c'est à nous de nous adapter, insiste-t-il. C'est un secteur du jeu qui est plus délicat à arbitrer que les rucks, mais espérons qu'avec le guide, qui s'adresse autant aux joueurs et aux arbitres qu'au public, nous arriverons à gommer au moins en partie les incohérences. »

La fréquence des rencontres constitue un autre défi de la mission arbitrale en Coupe du Monde. Durant la phase de poules, Peyper, arbitre assistant un jeudi à Higashiosaka (Géorgie - Fidji), s'est ainsi retrouvé au sifflet le samedi suivant à Toyota pour Japon - Samoa.

« C'est un challenge, reconnaît l'intéressé. En règle générale, on court sept à huit kilomètres par match, en fonction du jeu pratiqué. Mais nos temps de récupération reflètent plus ou moins ceux des joueurs. »

« On essaie d'être aussi professionnels que possible, avec l'aide notamment de préparateurs physiques pour rester en forme et d'un staff médical et de kinés pour bien récupérer. »

« Pour arbitrer au plus haut niveau, il faut bien sûr commencer par avoir les connaissances techniques nécessaires. Mais il faut aussi impérativement avoir les capacités physiques pour suivre les joueurs. Et puis évidemment, il y a l'aspect mental : il faut savoir garder son sang-froid malgré la pression. »

Du sang-froid, Peyper en aura bien besoin pour arbitrer ce pays de Galles - France.

« Je les ai arbitrés une fois, en 2015. Un match intense », se souvient-il.

Les cinq arbitres les plus expérimentés au niveau international

Nigel Owens 95

Wayne Barnes 88

Jonathan Kaplan 70

Craig Joubert 69

Romain Poite 68

RNS lm/sw/pf/sc