Revanche sud-africaine ou confirmation japonaise ?

L'opposition de styles de dimanche s'annonce d'autant plus prometteuse que les Sud-africains doivent encore prendre leur « véritable » revanche.

TOKYO, le 19 octobre – Présentation du quart de finale Afrique du Sud - Japon, dont le coup d'envoi sera donné dimanche à 19h15 au Tokyo Stadium.

Vue d'ensemble

Les Springboks n'ont de cesse de le répéter, le fameux « miracle de Brighton » appartient au passé depuis qu'ils ont battu le Japon 41-7 en septembre dernier en match de préparation à la Coupe du Monde. Mais la réalité, ils le savent, c'est que seule une victoire dimanche en quarts pourra vraiment effacer la défaite sur le fil d'il y a quatre ans (34-32).

En mettant six avants sur le banc, le sélectionneur Rassie Erasmus a clairement annoncé la couleur : il veut prendre les Japonais devant.

Mais est-ce que ce sera suffisant ? Le jeu fait de passes et de vitesse des Brave Blossoms n'a pas seulement conquis le monde du rugby, il leur a aussi permis de terrasser des équipes aussi redoutables que l'Irlande et l'Écosse. Les hommes de Jamie Joseph essaient de ne jamais attaquer la ligne au même endroit, laissant la défense dans l'incertitude. Et nul doute que le sélectionneur leur aura donné pour consigne de déplacer les lourds avants sud-africains pour les fatiguer.

Erasmus en est conscient bien évidemment, et ces joueurs savent qu'il vont devoir s'accrocher pour tenir la distance.

« Les 23 joueurs sur la feuille de match sont probablement les plus en forme du groupe. Je voulais avoir un cinq de devant frais sur le banc », a expliqué le sélectionneur.

Et de poursuivre en soulignant que la tactique sud-africaine consistera à « combler les espaces autour de leur cinq de devant pour les empêcher d'accélérer, et jouer sur (nos) qualités, à savoir l'impact physique, les phases statiques, les ballons portés, la mêlée. »

« C'est sûr qu'on va essayer de dicter notre tempo, et eux le leur », conclut-il.

Du côté japonais, l'objectif était d'abord de bien récupérer mentalement et physiquement après l'affrontement de dimanche soir contre l'Écosse. Un match dont la tenue est longtemps restée incertaine du fait du typhon Hagibis, un match chargé d'émotion aussi pour les représentants d'une nation meurtrie. Sans compter bien évidemment la prestation des joueurs du Chardon, revenus très fort en seconde période.

De leur côté, les Springboks n'ont plus joué depuis le 8 octobre et ont eu le temps de bien récupérer.

« D’une certaine façon, après un match aussi physique que celui face à l’Écosse, on a dû tout remettre à zéro. On a profité d’avoir une semaine complète pour ça, s'est félicité Jamie Joseph. On a décidé de profiter des deux premiers jours et demi pour récupérer, sans trop penser au rugby. »

« On a vraiment commencé à s'entraîner mercredi. Je pense que ça s’est avéré utile. Ç'a permis aux joueurs de récupérer du match contre l’Écosse, mais aussi de réaliser la portée de ce qu’ils avaient accompli en se qualifiant. »

S'il en est un que l'arrivée des matches à élimination directe n'inquiète pas outre mesure, c'est le capitaine springbok Siya Kolisi, qui souligne que de toute façon, son équipe est en mode phases finales depuis la défaite initiale contre la Nouvelle-Zélande.

Pour son homologue Michael Leitch, il s'agira d’offrir un nouveau miracle au peuple japonais :

« Le monde entier a découvert le rugby japonais il y a quatre ans, et les fans japonais s'en souviennent encore. Cette fois, on a l'occasion de leur faire revivre ça en direct. Ce qui compte pour nous, ce n'est pas tant l'adversaire que de montrer ce qu'on sait faire. C'est vraiment bien que le peuple japonais puisse voir ça. »

Forme du moment (match le plus récent en premier)

Afrique du Sud : VVVDV

Japon : VVVVD

Face-à-face 

Deux matches, une victoire partout

Zoom

Si les ailiers Kenki Fukuoka et Kotaro Matsushima ont fait les gros titres, Erasmus préfère insister sur le rôle clé du demi de mêlée Yutaka Nagare dans le système japonais : « Leur n°9, celui qui dicte le tempo dans cette équipe, celui qui éjecte plus vite que n'importe qui dans cette Coupe du Monde ».

Mais Nagare sera-t-il aussi en vue derrière un paquet soumis à la pression des poids lourds sud-africains ? Pourra-t-il sortir les ballons aussi vite que d'habitude ? Si oui, la soirée risque d'être longue pour les Springboks.

La performance de son vis-à-vis, Faf de Klerk, risque elle aussi d'avoir un impact majeur sur l'issue de la rencontre. À ses débuts sous le maillot national, le demi de mêlée était connu pour sa vitesse et sa capacité à éjecter rapidement le ballon des rucks. Mais le plan de jeu des Boks l'oblige à envoyer plusieurs coups de pied dans la boîte par match, ce qui ne lui convient pas forcément. Les Sud-africains auront besoin d'un De Klerk précis dans son jeu au pied et capable de mettre de la variété dans l'animation offensive de son équipe.

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Erasmus a décidé de faire confiance à la recette qui a fonctionné dans le match le plus important de ses troupes dans cette Coupe du Monde, alignant exactement la même équipe, remplaçants compris, que celle qui s'est débarrassée de l'Italie dans la Poule B.

Cependant, les choix n'ont pas été si faciles qu'il y paraît, notamment après les prestations impressionnantes de joueurs comme le demi de mêlée Cobus Reinach (auteur d'un hat-trick), le demi d'ouverture Elton Jantjies, et les ailiers Warrick Gelant et S’Busiso Nkosi face au Canada.

Dans le camp japonais, on note l'absence de l'arrière William Tupou, victime d'une commotion face à l'Écosse. C'est Ryohei Yamanaka, déjà aligné contre l'Irlande, qui reprendra le n°15.

Le pilier droit Jiwon Koo a récupéré de sa blessure aux côtes, tandis que le gaucher Amanaki Mafi est suffisamment remis pour prendre place sur le banc.

Faits et chiffres

Duane Vermeulen disputera son 50ème test au centre de la troisième ligne, plus que n'importe quel autre Springbok à ce poste.

Le demi d'ouverture japonais Yu Tamura est pour l'heure le meilleur scoreur de cette compétition avec 48 points, tandis que l'ailier Kotaro Matsushima est en tête du classement des marqueurs d'essais à égalité avec l'ailier gallois Josh Adams (5).

Déclarations

« Les Japonais sont persuadés de pouvoir nous battre. Pour être honnête, je pense que nous sommes les favoris. Je ne fais pas partie de ces sélectionneurs qui vous diront 'Je ne sais pas vraiment', car si on se prépare, c'est pour gagner. »

Rassie Erasmus, le sélectionneur de l'Afrique du Sud.

« Ça paraissait un peu intimidant d'affronter l'Afrique du Sud en début de semaine, mais l'excitation monte à mesure que l'on réfléchit aux moyens de les mettre en échec. La peur s'efface progressivement pour laisser place à la confiance. »

Michael Leitch, le capitaine japonais.

RNS am/mn/lm/ajr/pf/sc