L'Afrique du Sud a tourné la page

Quatre ans après son revers historique face au Japon à Brighton (32-34), l’Afrique du Sud s'est imposée face à ces mêmes adversaires en quarts de finale de Coupe du Monde de Rugby 2019 (3-26).

TOKYO, le 20 octobre – Le 19 septembre 2015, l’Afrique du Sud est entrée dans l’histoire de la Coupe du Monde en s’inclinant face au Japon à Brighton au bout du temps additionnel (32-34). De quoi faire causer du Cap à Johannesbourg. Quatre ans et un mois plus tard, les Springboks ont pris leur revanche. À Tokyo, face à près de 50 000 (+ 15) Japonais, ils ont rejoint – pour la cinquième fois de leur histoire – les demi-finales de la Coupe du Monde au terme d’un match maîtrisé (3-26).

Pour écrire cette nouvelle histoire, les Springboks ont sorti les vieux grimoires. Ceux qui ont permis à la nation arc-en-ciel de conquérir deux titres mondiaux en 1995 et 2007 : une défense de fer et des avants destructeurs. Sans oublier le facteur X : l’ailier explosif qui peut faire basculer une rencontre.

Mapimpi, dans la lignée des glorieux anciens

En 1995, les Boks avaient Chester Williams. En 2007 ? Un certain Brian Habana. En 2019, Makazole Mapimpi a enfilé le costume du super-héros. Sur son aile gauche, il a rapidement lancé son équipe, évitant le plaquage de Tamura pour finir en force dès la cinquième minute (0-5).

L'Afrique du Sud devant au tableau d’affichage, l’équipe de Rassie Erasmus a pu s’attaquer au deuxième étage de la fusée : défendre comme si sa vie en dépendait. En première mi-temps, les Springboks ont plaqué, retourné, trituré des adversaires à tour de bras. Les chiffres à la pause sont éloquents : 91 plaquages à 31, 131 passes à 37 et 82 courses à 30 pour le Japon.

Souvent réputé minimaliste, ce jeu des Sud-africains se révèle diablement efficace. Les Japonais donnent tout, multiplient les passes aussi belles les unes que les autres, les combinaisons mais le résultat reste le même : un mur sur lequel ils s’épuisent à taper en vain et qui ne leur offre ni espace ni pénalité. À mi-parcours, les Boks mènent d’une courte tête (3-5).

Les avants finissent le travail

À ce moment-là, le Tokyo Stadium croit encore à un remake du Miracle de Brighton. Mais le propre d’un miracle est qu’il ne se produit qu’une fois. Les Brave Blossoms l’ont appris à leurs dépens ce dimanche.

Éreintés par le défi physique imposé par les Boks, les Japonais diminuent la cadence. Dans les tribunes, Jamie Joseph s’en rend compte et fait rapidement du coaching. De son côté, Rassie Erasmus envoie la cavalerie. Un coup préparé à l’avance. Le sélectionneur sud-africain a décidé avant la rencontre de mettre six avants sur son banc pour deux trois-quarts quand la grande majorité des équipes opte pour un « 5-3 ». Ce choix s’est avéré payant.

D’abord en enfonçant ses adversaires en mêlée fermée (49ème, 58ème) même si Pollard manque une de ses deux tentatives (3-11) puis, après l’heure de jeu, en enclenchant LE maul de cette Coupe du Monde. Partis quasiment de la ligne médiane, les gros avancent à petits pas jusqu’à l’entrée des 22 mètres. La défense nippone explose et Marx s’extirpe pour servir de Klerk, qui met un terme au suspense (3-21, 66ème).

Comme un symbole, c’est l’auteur de la première étincelle de la soirée, Mapimpi, qui va aussi mettre un terme au spectacle. En force, sur l’aile gauche, l’homme aux treize essais en douze sélections (dont cinq dans cette compétition, co-meilleur marqueur de la compétition) donne au score son éclat final (3-26).

Une autre histoire à écrire

Avant la rencontre, les Boks ont tout fait pour oublier le souvenir de 2015, à l’image de leur capitaine Siya Kolisi : « C’était dur à vivre, cette défaite en Angleterre. Cela nous a collé à la peau jusqu’au début de cette Coupe du Monde. On ne veut plus revivre ça. » Il a été entendu.

Les Boks ont tourné la page et, maintenant, le Miracle de Brighton va rester dans les livres d’histoire. Pour permettre aux hommes de Rassie Erasmus d’écrire leurs propres lignes. En s’appuyant sur ce qui a toujours fait le succès des doubles champions du monde.

La stat du match : 126

Avec trois pénalités et une transformation, Handré Pollard a scoré onze points pour son équipe et entre, avec 126 points en Coupe du Monde, dans le top 10 de toute l’histoire de la compétition. Loin, bien loin, du leader Jonny Wilkinson et ses 277 points.

Les déclas du match

« On est déjà bien avancé dans la compétition, mais on a bien l’intention d’aller au bout. Maintenant, on va jouer le pays de Galles qui est mieux classé que nous et qui a battu la France. On va les étudier dès demain, mais là, on va profiter de notre victoire ce soir. »
Rassie Erasmus, sélectionneur de l’Afrique du Sud

« Je suis très fier de ce qu'a réalisé l'équipe. Jamie Joseph a fait du super boulot et je pense qu'on a rendu notre peuple et nos fans fiers aujourd'hui. Et je suis sûr que les pays asiatiques et les nations du Tier 2 seront fiers de nous aussi. »
Michael Leitch, capitaine du Japon

RNS fl/sc