Le Japon en cruel déficit de puissance

Le Japon a subi la puissance sud-africaine, que cela soit en mêlée fermée ou dans le jeu courant.

TOKYO, le 20 octobre – Le quart de finale entre l’Afrique du Sud et le Japon était le choc de deux mondes. Pas forcément de deux équipes représentant le Tier 1 (Afrique du Sud) et le Tier 2 (Japon) mais plutôt entre la puissance des Boks et les envolées japonaises.

Pour s’imposer, le Japon connaissait la recette, déjà éprouvée en 2015 : prendre le périphérique pour user les Sud-africains. Obligés de chasser les virevoltants Brave Blossoms, les coéquipiers de Handre Pollard auraient alors manqué de force au moment de concasser le paquet adverse. Sur le premier point, le Japon a plutôt réussi son pari en première période, tenant le ballon, balayant le terrain de droite à gauche puis en sens inverse à la recherche d’une faille.

Malheureusement pour les dizaines de millions de téléspectateurs japonais devant ce match, les hôtes n’ont pas réussi à maintenir ce rythme enlevé tout le match et, dès que le jeu a ralenti, l’Afrique du Sud a pris le dessus.

Cibler la faiblesse adverse

À l’image de leur premier essai signé, Mapimpi, les avants sud-africains ont fait le travail pour dominer leurs adversaires. Voyant ses joueurs céder physiquement, Jamie Joseph a tenté de faire du coaching très tôt dans le match, en vain. Le mal était fait.

Outre l'obtention de potentielles pénalités, la mêlée met aussi l’équipe dans l’avancée. Sur les images ci-dessous, les Japonais tentent de « cacher » leur ouvreur Yu Tamura, leur défenseur le plus faible, côté fermé. Mais les Boks dominent l’épreuve de force et ciblent cette zone.

Sur son aile, Tamura est censé être protégé car, le temps que le ballon vienne dans son couloir, il devrait recevoir le soutien de ses troisièmes lignes Michael Leitch et Kazuki Himeno, proches de l'action. Mais les Springboks remportent la poussée et tournent l’édifice de sorte que les Japonais sont à l’opposé de l’action et de leur ouvreur, qui ne peut arrêter Makazole Mapimpi.

À noter également la filouterie de Pieter-Steph du Toit, qui retient légèrement Leitch au début de l’action pour ralentir le capitaine japonais au moment où celui-ci se détache de la mêlée pour secourir son ouvreur.

Un maul de plus de 50 mètres

Les Japonais ont souffert sur toutes les phases de conquête, y compris les touches et la défense des mauls. Les Brave Blossoms ont perdu cinq lancers face au contre des Boks d'un Eben Etzebeth devenu la tour de contrôle du Tokyo Stadium ce dimanche.

Sur cette nouvelle action ci-dessous, Lood de Jager capte le lancer de Malcolm Marx. Le paquet d’avants ne démarre qu’à l’arrivée du puissant du Toit, qui donne une autre direction, une impulsion au groupé-pénétrant. Une fois désaxée et dans l’avancée, la « tortue » est quasi indéfendable. Pendant que les Japonais reculent et approvisionnent en nouveaux joueurs pour permettre aux autres de revenir, les Boks avancent avec les mêmes tout en manœuvrant pour changer les axes de poussées.

Actif pour donner des ordres, Faf de Klerk « menace » la défense japonaise, qui ne peut envoyer ses arrières dans le combat sous peine d’être en grand sous-nombre au large. Cinquante mètres de progression qui permettent à Marx puis de Klerk de finir derrière la ligne et mettre fin au suspense.

Si le jeu du Japon a enthousiasmé les foules, la façon dont les Springboks l’a contré est tout aussi admirable. Face à des Gallois autrement plus solides devant et moins flamboyants derrière que les Japonais, l’Afrique du Sud appliquera-t-elle la même recette ? Rassie Erasmus et son staff ont une semaine pour donner leur réponse.

RNS sl/sdg/mr/fl/sc