Le pays de Galles ne peut plus compter sur la chance

À l'image de son demi d'ouverture Dan Biggar, le pays de Galles est conscient d'être passé près de la sortie face à l'équipe de France. Mais, désormais, une autre compétition commence et le rêve est au bout du couloir.

TOKYO, le 22 octobre – À l’image de son sélectionneur Warren Gatland, le demi d’ouverture du pays de Galles Dan Biggar a reconnu que la qualification de son équipe pour les demi-finales était pour le moins chanceuse.

« Soulagés est probablement le bon mot, a confié Dan Biggar après la victoire face à l’équipe de France. Si on appelle un chat un chat, on a été mauvais pendant les 40 premières minutes. On peut s’estimer chanceux mais, pour être honnête, je m’en moque. »

Il a fallu un essai de Moriarty à quatre minutes de la fin et la transformation de Biggar pour que les Gallois prennent l’avantage pour la seule et unique fois du match.

« On est en demi-finale. On a deux matches qui ont le potentiel de changer nos vies, glisse l’ambitieux ouvreur. Beaucoup d’équipes n’auraient eu ni le caractère ni l’envie de s’imposer comme on l’a fait face à l’équipe de France. C’est tout ce qui compte. Tu n’as de point bonus parce que tu joues bien, il n’y a pas de point cadeau à ce stade de la compétition. Il faut marquer plus de points que ton adversaire, et c’est ce qu’on a fait. »

Un état d'esprit unique

Interrogé sur ce qui fait la moelle si particulière de cette équipe galloise, Dan Biggar a confié qu’il n’existait pas de solution miracle. « Il n’y a pas de formule magique. C’est simplement un groupe qui veut à tout prix réussir et qui est prêt à puiser au plus profond de lui-même pour y arriver. »

« On s’est énormément entraînés pour en arriver là, ajoute-t-il en référence à l’intense préparation physique estivale des Dragons rouges. Les entraîneurs savent qu’ils ont la chance d’avoir un groupe capable de se dépasser comme aucun autre dans cette Coupe du Monde. »

Ces deux dernières semaines de compétition seront aussi les dernières de Warren Gatland à la tête du XV du Poireau, et ses joueurs rêvent de lui offrir une sortie par la grande porte avec la Coupe Webb Ellis. « On ne veut pas s’enfermer dans le fait que ‘Gats’ termine dans quinze jours. Il a suffisamment d’expérience pour s’assurer que tout soit prêt pour le match de dimanche », a confié le n° 10 de Northampton.

Les Blacks face au reste du monde

« Quand on arrive en demi-finale, on se dit que tout est possible, n’importe laquelle des quatre équipes peut s’imposer, explique Biggar, les yeux pleins d’étoiles mais également lucides sur la performance de son équipe. Si on regarde les quarts de finale, on était en-deçà des autres équipes. Mais nous, ce qu’on a en abondance, c’est cette envie de nous battre et de ne pas céder. »

Au moment de faire l’inventaire des forces en présence, Biggar a avoué avoir été impressionné par une équipe durant ces quarts. Et, heureusement pour lui, elle n’est pas dans sa partie de tableau. « Les All Blacks ont été exceptionnels. Nous, on passe sous les radars, on fait notre travail dans notre coin. »

« Maintenant, seule la victoire compte. Si on gagne deux matches dans les deux semaines qui arrivent, ce sera deux belles semaines », sourit-il en maniant l’euphémisme de celui qui se rêve champion du monde.

Face aux Springboks, Biggar et ses coéquipiers devront montrer autre chose. « On devra faire mieux contre l’Afrique du Sud, c’est indéniable. On va travailler sur ça cette semaine.

« La motivation est là, au niveau individuel et collectif. On est à 80 minutes d’une finale de Coupe du Monde. » Ce serait une première pour le pays de Galles, double demi-finaliste en 1987 et 2011.

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