L'hémisphère nord veut rattraper son retard

Historiquement dominées par les nations du Sud, les équipes de l'hémisphère nord voient leurs espoirs reposer sur les épaules de l'Angleterre et du pays de Galles.

TOKYO, le 22 octobre – Le Nord face au Sud. En grossissant le trait, c’est ce qui attend les spectateurs présents à Yokohama ce week-end, durant les deux demi-finales de cette Coupe du Monde Angleterre – Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud – pays de Galles.

Cela fait 20 ans qu’une demi-finale de Coupe du Monde n’a pas opposé les deux hémisphères. Il faut remonter à la rencontre entre l’équipe de France de Titou Lamaison et les All Blacks de Jonah Lomu pour voir les deux mondes s’affronter. Une confrontation alors remportée par les Bleus (31-43).

La France, terre de rébellion

Cinq demi-finales dans l’histoire ont vu le Nord et le Sud s’affronter pour trois victoires de l’hémisphère sud. Seule l’équipe de France a réussi, à deux reprises (1987 contre l’Australie et donc 1999), à endiguer cette domination sudiste.

Si ce bilan historique ne plaide pas en faveur des équipes des Six Nations, celui des titres mondiaux encore moins. Aux sept titres combinés des nations majeures du Sud (Nouvelle-Zélande x 2, Australie x 2, Afrique du Sud x 2), l’Angleterre est la seule à pouvoir répondre, avec son succès acquis en 2003.

Une nette amélioration

L’histoire de la Coupe du Monde ne plaide pas en faveur du Nord. Mais qu’en est-il de l’évolution récente du rugby mondial ?

Lors des trois années précédant la Coupe du Monde 2015, les principales équipes venues de l’hémisphère nord n’ont remporté que 20 des 66 rencontres disputées face à leurs rivales de l’autre bout de la planète. En retirant l’Argentine, équipe la plus faible du Sud (parmi les quatre majeures), le bilan est encore plus alarmant avec 9 victoires en 52 matches.

En comparaison, ces trois dernières saisons ressemblent à une bouffée d’air frais puisque le Nord a inversé la tendance en remportant 57 % des confrontations (37 sur 65). Un bilan qui avoisine les 50 % si on retire les victoires acquises contre l’Argentine (23 sur 50).

Dans ces chiffres, l’Angleterre et le pays de Galles s’en sortent avec les félicitations du jury, puisque les deux équipes ont battu 14 fois (sur 23 tentatives) l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud entre janvier 2016 et septembre 2019.

La météo, un atout supplémentaire pour le Sud

Habituées à jouer sur quatre continents pour le Super Rugby (Océanie, Asie, Afrique, Amérique du Sud), les équipes de l’hémisphère sud sont habituées aux changements climatiques et aux aléas du ciel. Pour les nations européennes, au climat beaucoup plus tempéré et dont les variations sont moins importantes, l’humidité et la chaleur du Japon pourraient peser lourd lors des demi-finales.

L’arme des deuxièmes périodes

Cinq rencontres entre nations principales des deux hémisphères ont eu lieu depuis le début de cette Coupe du Monde (pays de Galles – Australie ; France – Argentine ; Angleterre – Argentine ; Angleterre – Australie et Irlande – Nouvelle-Zélande), et une tendance claire se dégage.

En première période, les équipes des Six Nations tiennent la dragée haute à leurs adversaires. Mais, en deuxième mi-temps, le rapport de force s’inverse. Contre l’Irlande, Jordie Barrett inscrit le 10ème essai des équipes du Sud en deuxième période sur ces cinq rencontres.

Ce week-end, le pays de Galles et l’Angleterre ont l’occasion de marquer l’histoire en se qualifiant pour une première finale 100 % hémisphère nord. Mais, à l’heure actuelle, les chiffres ne plaident pas en leur faveur.

 

Demi-finales Nord / Sud

1987 : Nouvelle-Zélande 49 – 6 pays de Galles

1987 : Australie 24 – 30 France

1995 : Afrique du Sud 19 – 15 France

1995 : Nouvelle-Zélande 45 – 29 Angleterre

1999 : Nouvelle-Zélande 31 – 43 France

RNS dc/bo/ns/fl