Les Blacks prêts à aller aux tirs au but

À l’image de Scott Barrett, les Néo-zélandais ne s’inquiètent pas d’une potentielle épreuve des tirs au but face à l’Angleterre

TOKYO, le 23 octobre – Pour pour la Nouvelle-Zélande, s’imposer aux tirs au but face à l’Angleterre, le pays qui a inventé le football, serait un sacré pied de nez de l’histoire. Pourtant, les Blacks n’écartent pas l’hypothèse d’avoir recours à la séance fatidique pour accéder à la finale, samedi soir, à Yokohama.

Frère de deux buteurs renommés (Beauden et Jordie), Scott Barrett est deuxième ligne. Mais bon sang ne saurait mentir, buter ne lui fait pas peur. « Ça dépendra des éventuels blessés... Je suis sûr qu'il y aurait quelques arrières qui passeraient avant moi. Mais parmi les avants, oui je me sentirais de le faire, c'est sûr », glisse celui qui a passé des heures avec ses frères à buter dans le jardin familial.

110 minutes de jeu avant la séance

Interrogé sur ce sujet, Steve Hansen a botté… en touche en estimant les chances de voir un tel dénouement très faibles. « C’est peu probable que ça se décide comme ça, confie le sélectionneur néo-zélandais. Est-ce qu’on s’est préparés pour cela ? Nous savons que c’est le règlement, donc oui. »

Mais, justement, que dit le règlement ? En cas d’égalité, une prolongation de 20 minutes se joue (deux mi-temps de 10 minutes, entrecoupées d’une pause de cinq minutes). Si les équipes n’arrivent toujours pas à se départager au tableau d’affichage, 10 minutes de 'mort subite' sont alors jouées. La première équipe à marquer des points durant ce laps de temps est déclarée vainqueur.

La séance se déroule ainsi (schéma ci-dessous) : le buteur 1 tire depuis la position 1, le buteur 2 depuis la position 2, le buteur 3 depuis la position 3, le buteur 4 depuis la position 1, le buteur 5 depuis la position 2. Le vainqueur est l’équipe qui a réussi le plus de coups de pied après cinq tentatives. Si tel n’est pas le cas, la séance continue avec une ‘mort subite’

Pour Hansen, ce scénario est donc peu probable et aussi peu souhaitable, tant pour les joueurs que pour les spectateurs. « Ça me surprendrait quand même qu’après 80 minutes, et deux fois dix minutes de prolongations, et encore dix minutes de mort subite - ce qui enquiquinerait sans doute tout le monde dans le stade – personne n’ait marqué le moindre point. »

Un antécédent en... cricket

Pour retrouver trace d’un match nul puis d’une prolongation qui ne parvienne pas à départager l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande lors d’un match de Coupe du Monde, il faut remonter au 15 juillet 2019 lors de finale mondiale de… cricket. Au terme des 600 balles réglementaires et de la prolongation, le tie-break décisif a sacré les Anglais.

 

S’il ne s’agit pas du même sport, les Blacks ont gardé ça dans un coin de leur tête. « J'ai vu ça en effet, confie le deuxième ligne Sam Whitelock. Ça a été un sacré match. On était un peu déçus, c'est sûr, mais j'ai croisé quelques joueurs de l'équipe après ça et ils étaient vraiment fiers d'être revenus si près. » Nul doute qu’une victoire des doubles champions du monde en titre saurait également donner le sourire aux joueurs de cricket néo-zélandais. Et qu’importe s’il faut en passer par une séance de tirs au but ou pas.

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