Alun Wyn Jones, l'autre prince de Galles

Alors que le prince de Galles a assisté à l'entraînement de son équipe ce mercredi, Alun Wyn Jones s'impose de plus en plus comme l'autre personnage incontournable du pays. Bien plus qu'un rugbyman.

TOKYO, le 23 octobre – Il fallait bien ça pour lui faire un peu d’ombre. Alors qu’il devrait disputer face à l’Afrique du Sud son 142ème match international, Alun Wyn Jones a finalement trouvé quelqu’un qui représente encore plus que lui le pays de Galles à travers le monde.

Ce mercredi, le prince de Galles était présent au centre d’entraînement de l’équipe nationale. De quoi braquer, le temps de quelques heures, les projecteurs sur un autre homme que l’illustre capitaine du XV du Poireau.

Car progressivement, la question se pose et la réponse devient une évidence. Alun Wyn Jones est-il le meilleur rugbyman gallois de tous les temps ? Parmi les prétendants à ce titre honorifique, l’ancien ouvreur Neil Jenkins s’incline volontiers devant son deuxième ligne.

« Le pays de Galles a eu d’incroyables rugbymen et c'est l’un des meilleurs si ce n’est le meilleur, confie celui qui s’occupe désormais des skills au sein de la sélection. Quand vous regardez les joueurs qu’on a eus par le passé, ça en dit long sur ce qu’il est. C’est un athlète incroyable. »

Outre le talent et le sens du sacrifice de Jones, c'est sa longévité qui marque. Avec 142 sélections - 133 pour le pays de Galles et 9 pour les Lions -, Jones va égaler Parisse et devenir le deuxième joueur le plus capé de l'histoire derrière les 148 de McCaw. « Une carrière aussi longue, c’est un exploit incroyable, surtout à son poste, affirme Jenkins. Deuxième ligne, c'est l’un des postes les plus exigeants. »

« Alun Wyn Jones, je ne l'ai jamais vu à 99 %. Je l'ai toujours vu à 100 %. C’est 100 % ou rien du tout, c’est aussi simple que ça. Il est exceptionnel dans tout ce qu’il fait. C’est un joueur incroyable, un leader incroyable, conte l’ancien demi d’ouverture, qui le côtoie au quotidien. J’ai eu la chance de le fréquenter en 2006, lors du Tournoi des Six Nations des moins de 21 ans (Alun Wyn Jones joueur, Jenkins jeune retraité des terrains). Il a toujours voulu être le meilleur sur la durée et il y est parvenu. Il semble même se bonifier avec l’âge. »

« À l’époque déjà, on voyait qu'il avait un truc en plus, se remémore Jenkins. Mais on ne pensait pas qu’il serait à ce point au-dessus du lot. Tous les éloges qu'il reçoit, il les mérite. C’est un leader par la parole et par les actes. »

À 34 ans, Jones dispute sa quatrième Coupe du Monde. La vie de groupe, il connaît. Les autres le connaissent également. « Le mieux, c'est le lundi parce que c’est là qu’il est le plus grincheux, sourit Jenkins. C’est ça, Alun Wyn. Il exige le meilleur de lui-même mais aussi des gens qui l’entourent. Cela se voit dans la façon dont les joueurs se comportent. Ils ont un leader charismatique qu’ils admirent. »

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