Pour Tuilagi, c’est le match d’une vie

Quand il était petit, Manu Tuilagi rêvait d’être Jonah Lomu, la légende du rugby néo-zélandais. Pour cette demi-finale de Coupe du Monde, le centre anglais rêve désormais de mettre les doubles champions du monde en titre au pas, comme il l’a déjà fait en 2012.

TOKYO, le 24 octobre - Petit, il rêvait d’être Jonah Lomu. Aujourd’hui, Manu Tuilagi est lui-même devenu le bulldozer le plus dévastateur du rugby anglais. Pourtant, d'après le centre de Leicester, personne ne pourra jamais égaler le mélange de puissance et de vitesse qui faisait toute la force du plus célèbre des ailiers néo-zélandais de l’histoire.

La demi-finale de la Coupe du Monde de Rugby 1995 entre la Nouvelle-Zélande et l’Angleterre restera à tout jamais le jour où le rugby a changé d’ère. Auteur de quatre essais dévastateurs, Lomu avait marqué les esprits en dirigeant les All Blacks vers une étourdissante victoire 45-29 sur de méritants Anglais emmenés par Will Carling.

Membre de la plus célèbre famille de rugbymen des Samoa, Tuilagi a grandi en admirant les All Blacks et leur ailier de légende : « Le grand Jonah... Je suis un fan absolu. J'adorais son jeu. Il était unique. C’est une légende du rugby. On a beau essayer de l’imiter, c’est impossible. »

Vingt-quatre ans plus tard, à l’approche d’une nouvelle demi-finale mondiale entre les deux pays, une grande partie des espoirs de l’Angleterre reposent sur les épaules de Tuilagi (en photo). En novembre 2012 à Twickenham, il avait réalisé une performance sensationnelle qui avait permis aux hommes en blanc de s’imposer 38-21 face à des All Blacks alors emmenés par le capitaine Richie McCaw.

Éblouissant ce jour-là, Tuilagi avait inscrit un essai sur interception, envoyé Brad Barritt à l’essai sur une sublime passe intérieure et créé une énorme brèche dans la défense des All Blacks pour permettre à Chris Ashton de franchir la ligne d’en-but en grand style.

Face à des doubles champions du monde en titre au sommet de leur art, l’Angleterre sera dans l’obligation de livrer un match épique et comptera indubitablement sur un Tuilagi de gala.

Accablé par les blessures pendant plusieurs années, le centre de Leicester est déjà heureux de pouvoir à nouveau exercer son art sur les terrains. Pour lui, cette victoire de 2012 a beau être un incroyable souvenir, il ne convient pas pour autant d’en faire l'alpha et l’oméga de cette demi-finale à venir. 

« C'était une belle journée et une belle victoire, mais aujourd’hui, il n’est plus question de ce match. Ce qui compte, c’est samedi. Il faut simplement tirer les enseignements de ce match, en espérant pouvoir les appliquer ce week-end. »

D’ailleurs, le mot d’ordre n’est visiblement pas au branle-bas de combat dans le camp anglais, où on tente plutôt de respecter une routine qui a plutôt réussi au XV de la Rose jusqu’ici.

« Chacun fait son boulot, sans rien tenter d’exceptionnel. C’est exactement ce qu’il nous faut. Se concentrer sur notre propre jeu et faire pour le mieux. Le reste suivra. »

« C’est probablement le match le plus important de notre vie, et c’est difficile de se mettre dans la bonne condition mentale et physique. Le truc, c’est d’essayer de monter en pression lentement, du lundi jusqu’au moment du coup d’envoi. Il faut simplement trouver le bon équilibre. On est motivés, mais il faut garder l’esprit clair et rester maîtres de nos émotions. »

Quant à l’admiration pour les All Blacks qui a nourri toute son enfance, Tuilagi ne la renie pas. Ce match restera pour lui un moment spécial dans sa carrière.

« C’est un honneur d’assister au haka et d’accepter le défi qui nous est proposé. Ça force le respect. Pour moi, qui ai grandi en regardant les All Blacks à la télé, c’est fantastique de me retrouver finalement là, face à eux. »

Gageons qu’une victoire rendrait ce haka encore plus mémorable pour lui.

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