Face aux Blacks, Jones a la formule

Si la Nouvelle-Zélande a remporté 15 de ses 16 derniers matches face à l'Angleterre, Eddie Jones présente un bilan beaucoup plus flatteur, avec cinq victoires face aux All Blacks.

YOKOHAMA, le 25 octobre - Plongée vers les demi-finales de cette Coupe du Monde et un choc de titans entre la Nouvelle-Zélande et l'Angleterre. Coup d'envoi samedi à 17h, heure locale, à Yokohama.

Vue d'ensemble

Ce ne sera toujours pas pour cette année. L’Angleterre et la Nouvelle-Zélande ne se sont jamais affrontées en finale de Coupe du Monde. L'édition 2019 ne dérogera pas à la règle puisque les deux nations majeures se retrouveront en demi-finales ce samedi à Yokohama. Pourtant, cette affiche fleure bon le choc de champions en puissance.

Les deux équipes restent sur six victoires consécutives chacune (si on excepte le match annulé pour chaque formation, qui sera comptabilisé comme un nul dans les archives) et ont prouvé en quarts de finale qu’elles pouvaient légitimement briguer le titre mondial.

Pourtant, les Blacks partent favoris selon le sélectionneur de l’Angleterre, Eddie Jones. « Personne ne nous voit gagner. Il y a 120 millions de Japonais qui supportent les All Blacks comme ils supporteraient leur équipe. » Et les chiffres semblent donner raison à l’Australien puisque le XV de la Rose s’est incliné 15 fois lors de ses 16 derniers matches face aux Néo-zélandais. Seul un succès à Twickenham en décembre 2012 (38-21) est venu couper cette série entamée en juin 2004.

Une autre statistique a de quoi effrayer les plus fervents supporters britanniques : la Nouvelle-Zélande n’a plus perdu un match de Coupe du Monde depuis… 12 ans ! Il faut remonter au quart de finale 2007 face au XV de France de Thierry Dusautoir pour voir les Blacks sortir de la pelouse tête basse. Une éternité.

Depuis, la Nouvelle-Zélande reste sur une série de 18 succès consécutifs sur la plus grande scène mondiale. Le dernier, acquis le week-end dernier face à l’Irlande (46-14), n’a pas été le moins flamboyant et le moins impressionnant d’entre eux.

Et si les Anglais avaient encore un semblant d’espoir, les idées noires vont apparaître lorsqu’ils découvriront qu’ils ont battu toutes les équipes au moins une fois en Coupe du Monde… sauf la Nouvelle-Zélande.

La dépression pourrait poindre mais Eddie Jones est imperméable. Il incarne même le principal espoir de son équipe puisqu’il a remporté cinq de ses onze matches face aux Blacks lorsqu’il était à la tête des Wallabies.

« Je ne connais aucun entraîneur avec un bilan aussi bon que celui d’Eddie face à la Nouvelle-Zélande, explique Billy Vunipola. Il sait toujours ce qu’il faut faire. Ça ne marche pas à chaque fois, mais il a la bonne formule. Je fais confiance à Eddie, en espérant qu’on arrive à produire ce qu’il faut sur le terrain. »

Pour préparer ce rendez-vous, Eddie Jones a décidé de moins en faire. « Une des choses que j’ai apprises est de pas trop en faire cette semaine, confie le sélectionneur du XV anglais. S’entraîner un petit peu moins, faire un peu moins de préparation tactique. C’est pour ça que l’on prépare ce match contre la Nouvelle-Zélande depuis deux ans. »

Les Blacks sont donc prévenus, les Anglais ciblent ce match depuis deux ans. La victoire des Anglais face à l’Australie a confirmé cette impression (40-16), tout comme la courte défaite concédée l’an passé contre la Nouvelle-Zélande (15-16).

« Ils peuvent jouer très direct, en mêlée, en maul, en touche, ce genre de choses, mais ils ont aussi des joueurs de qualité qui peuvent changer le cours du match sur un coup de pied ou en passant le ballon à un arrière, énumère l’expérimenté deuxième ligne néo-zélandais Sam Whitelock. Les équipes les plus dures à battre maîtrisent plus d'un style et sont capables de basculer d'un style à l'autre en cours de match. Il faut juste qu'on soit prêts, quoi qu'il arrive. »

Forme du moment (match le plus récent en premier)

Angleterre : VNVVV*
Nouvelle-Zélande : VNVVV*

* Les matches nuls concédés par les deux équipes correspondent aux rencontres annulées en phase de poules suite au passage du typhon Hagibis. 

Face-à-face

41 matches joués – Nouvelle-Zélande : 33 victoires – Angleterre : 7 victoires – 1 nul

Zoom

Adoubé par ses coéquipiers et ses adversaires, Tom Curry est un joueur « très spécial, qui bosse extrêmement dur », selon son demi de mêlée Ben Youngs. Son tandem avec Sam Underhill, autre révélation de Japon 2019, est à 22 ans et 107 jours de moyenne le plus jeune duo de flankers à avoir débuté un match à élimination directe de Coupe du Monde.

Après avoir dominé Pocock et Hooper – deux des références mondiales à ce poste –, ils vont désormais s’atteler à la montagne néo-zélandaise, et à la paire Savea-Barrett, choisie volontairement pour annihiler l’impact des deux hommes dans les rucks.

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Laissé sur le banc face à l’Australie, George Ford retrouve sa place à l’ouverture. Conséquences, Owen Farrell retourne au centre de l’attaque aux côtés de Manu Tuilagi tandis que Henri Slade regardera le coup d’envoi depuis le banc de touche.

La surprise des compositions d’équipe est venue de la titularisation de Scott Barrett en troisième ligne côté néo-zélandais. L’habituel deuxième ligne va apporter du poids et du combat au pack des Blacks. Savea troque donc son numéro 6, laissé à Barrett, pour débuter sur l’autre flanc de la mêlée des doubles champions du monde. C’est donc Sam Cane qui a été sacrifié et prendra place sur le banc au coup d’envoi.

Faits et chiffres

Les All Blacks ont remporté leurs trois matches précédents face à l’Angleterre en Coupe du Monde.

Farrell est le joueur anglais ayant marqué le plus de points face à la Nouvelle-Zélande (60). Il devance notamment Jonny Wilkinson (53).

La Nouvelle-Zélande a atteint huit fois le dernier carré de la Coupe du Monde en neuf éditions. Seul impair en 2007, avec une élimination dès les quarts face à l’équipe de France.

Les frères Barrett ont inscrit 54 points dans cette Coupe du Monde. C’est le benjamin de la fratrie, Jordie, qui est le meilleur marqueur avec 31 points, devant le double meilleur joueur du monde (2016, 2017) Beauden (13 points) et Scott (10 points).

Déclas

« Pour jouer la Nouvelle-Zélande, il faut savoir jouer un certain style de rugby, et c’est donc quelque chose que nous avons incorporé à notre arsenal technique. On était assez confiants pour penser qu'on serait en demi-finales, donc on a l’impression d’être bien préparés pour ce match. » – Eddie Jones, sélectionneur de l'Angleterre.

« Espérons que le niveau du match soit à la hauteur du buzz qu'il génère, parce que si c’est le cas, ça va envoyer un sacré message aux amateurs de rugby et à ceux qui découvrent le sport à travers le monde. » –  Steve Hansen, sélectionneur de la Nouvelle-Zélande.

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