Francis se souvient pour mieux oublier

Le pilier gallois s'est plongé dans la vidéo de la mêlée qui a précipité la défaite de son équipe en quarts de finale de l'édition 2015, dans l'espoir de ne pas commettre les mêmes erreurs ce dimanche.

TOKYO, le 26 octobre – À la veille de la demi-finale contre l’Afrique du Sud, le pilier gallois Tomas Francis exorcise ses démons en se replongeant dans de douloureux souvenirs.

Sorti du banc à Twickenham il y a quatre ans, Francis (au centre de la photo ci-dessus) n’avait rien pu faire pour empêcher les Springboks de marquer un essai décisif à quelques minutes du coup de sifflet final. Ce jour-là, en sortie de mêlée, le numéro 8 sud-africain Duane Vermeulen avait donné une passe astucieuse à son demi de mêlée Fourie du Preez, qui avait aplati en coin pour offrir la victoire 23-19 aux Sprinboks.

« Cette mêlée n'a pas été terrible. Je m'en souviendrai toujours, avoue Francis. C'est vrai que Vermeulen avait sorti un joli geste, mais on aurait pu faire mieux sur cette mêlée. Je me suis repassé ce quart de finale plusieurs fois ces derniers jours. »

La technique n'est pas nouvelle. « À une époque où on avait perdu pas mal de matches à la dernière minute face à des équipes de l’hémisphère sud, on avait visionné les rencontres pour essayer de corriger les problèmes. »

« Jusque-là, ça a bien marché. »

Cette défaite en quarts de finale est la seule des Gallois sur leurs six derniers duels face aux Boks, mais les matches se sont souvent joués à peu. Ce dimanche à Yokohama, Francis s'attend donc à un rude combat.

« C’est toujours un gros défi physique. Je me suis déjà frotté à Steven Kitshoff et à 'The Beast' (surnom de Tendai Mtawarira) plusieurs fois, et ce sont tous deux d’excellents joueurs. »

« À chaque match, c’est de plus en plus physique. Les Français avaient eu beaucoup de battement et ils étaient à fond le week-end dernier. Ce sera exactement la même chose avec l’Afrique du Sud. Que ce soit la première ligne ou le pack, on doit faire mieux. On n'a pas été à la hauteur face à la France, on les a laissés prendre le dessus physiquement, ce qui ne nous convient pas. Mais on va essayer de rectifier ça sur le terrain. »

Francis admet que la victoire 20-19 sur la France en quarts de finale tient en partie à la chance, avec l’expulsion du deuxième ligne Sébastien Vahaamahina à la 48ème minute. Mais les Gallois sont déterminés à rectifier le tir pour pouvoir offrir à leur sélectionneur Warren Gatland les adieux qu’il mérite, après 12 années aux commandes des Dragons.

« C'est clair qu'on a eu de la chance. L’équipe de France a sans aucun doute été meilleure que nous ce jour-là. C’est le carton rouge qui a fait basculer la rencontre, mais on a également su rester dans le match, explique Francis. À plusieurs reprises en première mi-temps, on aurait pu les laisser creuser l’écart et le match aurait été plié. Notre équipe essaie toujours de coller au score, d'offrir une vraie résistance, et c’est cet état d’esprit qui nous a permis de tirer notre épingle du jeu. »

« On n’est pas satisfaits de notre performance, mais cette semaine, on ne peut pas se permettre de ressasser. Il faut tourner la page et tirer les leçons adéquates, en espérant faire meilleure figure ce week-end. »

« Personne ne croit plus en nous que Warren. Il nous met en confiance. C’est lui qui m’a offert toutes mes sélections. Je lui dois beaucoup. Il ne souhaite pas être sous le feu des projecteurs, il n’aime pas être au centre de l’attention. Pour lui, les joueurs passent avant tout. On veut pouvoir être fiers de notre match et ce faisant, le rendre fier aussi. »

RNS ig/ajr/mp/sc