Des failles défensives à exploiter des deux côtés

Nous analysons la demi-finale de dimanche entre le pays de Galles et l'Afrique du Sud sous l’angle des faiblesses défensives manifestées par les deux équipes.

TOKYO, le 26 octobre - Ce n’est une surprise pour personne : le pays de Galles et l’Afrique du Sud ont montré depuis le début de la Coupe du Monde qu’ils étaient efficaces dans les attaques au large. Toutefois, les deux équipes ont également exhibé certaines faiblesses défensives.

Face à l’Australie et aux Fidji, le pays de Galles a parfaitement su exploiter des ouvertures au pied côté opposé pour aller marquer des essais, comme sur cette passe parfaitement dosée de Dan Biggar pour Hadleigh Parkes. C’est une arme dont l’Afrique du Sud devra se méfier.

De même, cette Coupe du Monde 2019 est celle du jeu au large pour les Gallois. Contre les Fidji, leur deuxième essai vient d’une charge après regroupement face aux poteaux. Aspirés vers l’intérieur, les défenseurs fidjiens offrent un cinq contre trois à l’extérieur qui permet à Josh Adams de finir en coin.

Le troisième essai, également inscrit par Adams, se joue sur un trois contre trois au large. Son accélération ballon en main permet à Jonathan Davies d’attirer trois défenseurs sur lui, avant de réussir une sublime passe après contact dans le dos pour Adams, qui file aplatir en coin.

À l’inverse, les Gallois ont régulièrement été pris de vitesse en défense, surtout lorsque leur troisième ligne a été obligée de défendre sur les arrières adverses. Lors du match de poule entre les deux équipes, les Wallabies ont su exploiter cette faiblesse sur leur premier essai. Après une charge sur la gauche de Samu Kerevi, Bernard Foley sort le ballon du regroupement pour ouvrir au pied sur l’aile opposée à l’intention d’Adam Ashley-Cooper, qui file à l’essai sous le nez d’un Josh Adams hors de position.

Si on y ajoute les deux essais inscrits par les Fidjiens Josua Tuisova et Kini Murimurivalu, cela met en évidence une faiblesse assez importante sur le côté gauche de la défense galloise.

Mais le XV du Poireau a parfois aussi peiné défensivement dans l'axe du terrain. En quarts de finale, la défense galloise semble suffisamment en place pour bloquer une offensive des Bleus. Une simple passe retardée de Romain Ntamack pour Damian Penaud suffit pour permettre à ce dernier de franchir la ligne d'avantage. Une passe après contact plus tard, Vakatawa se retrouve en excellente position pour aller marquer.

Plus tôt dans le match, à proximité des 22 mètres gallois, Vakatawa avait déjà causé des problèmes à la défense en échappant à des plaqueurs gallois manquant de puissance, en l'absence du troisième ligne Josh Navidi, battu dès le départ de l’action. La passe après contact de Vakatawa atterrit dans les bras de Ntamack, qui attire ensuite les défenseurs pour transmettre au demi de mêlée Antoine Dupont, laissé libre. Dupont n'a plus qu’à confier à Charles Ollivon la tâche relativement simple de finir entre les poteaux (ci-dessous).

De son côté, l’Afrique du Sud a fait des mauls l’une de ses plus grandes armes offensives lors de cette Coupe du Monde 2019. C’était particulièrement flagrant face au Japon, en quarts de finale. Sur la vidéo ci-dessous, on voit un groupé-pénétrant des Springboks démarrer dans leur camp pour finir dans les 22 mètres japonais. Malcolm Marx n’a plus qu’à se détacher ballon en main et à passer après contact pour Faf De Klerk, idéalement placé pour conclure.

D’un autre côté, la défense au large des Sud-africains est l’un de leurs rares points faibles, ce qui pourrait jouer un rôle important face à une attaque galloise qui excelle en bout de ligne.

Contre la Nouvelle-Zélande, lors du premier match de poule, une ouverture au pied de Richie Mo’unga trouve Sevu Reece en mettant l'ailier gauche Makazole Mapimpi hors de position. Quelques instants plus tard, le même mouvement se reproduit au début de l’action du deuxième essai des All Blacks.

De même, la défense de l’Afrique du Sud a été prise à défaut de façon similaire face au Japon en quarts de finale, bien que ça n'ait pas abouti à un essai. Comme le montre la vidéo ci-dessous, une simple série de passes dans la profondeur répétées sur toute la largeur du terrain désorganise la ligne sud-africaine. Cela permet à Kenki Fukuoka de franchir la ligne le long de la touche. Le même genre de situation aboutirait probablement à un essai encaissé face aux ailiers gallois en demi-finales.

En conclusion, dans le duel des défenses qui s'annonce, l’Afrique du Sud semble partir avec un certain avantage, mais les Gallois trouveront peut-être des possibilités de prendre le dessus au large. Si d'aventure ils parviennent à prendre rapidement les devants au score, comme c’est arrivé lors du dernier match entre les deux équipes, les Springboks pourraient bien avoir les pires difficultés à s’imposer. Dans le cas contraire, le physique des Sud-africains a toutes les chances de leur donner l'avantage sur la durée.

RNS cp/sdg/bo/hc