Erasmus joue cartes sur table

Pas de bluff avant la finale de la part de Rassie Erasmus. Fidèle à sa ligne de conduite, le sélectionneur sud-africain a tout dit, y compris la composition de son groupe et son probable XV de départ, bien en amont de l'annonce officielle.

TOKYO, le 30 octobre – Chez les Springboks, on va droit à l'en-but. Que cela soit sur le terrain ou en coulisses, le chemin le plus court vers la ligne reste le tout-droit. Adepte de ce précepte avec ses joueurs, Rassie Erasmus l’applique également dans sa communication.

Le sélectionneur sud-africain a déjà annoncé, en amont de l’annonce d’équipe officielle, qu’il ne devrait pas y avoir de bouleversement dans son XV de départ pour la finale. Seul Cheslin Kolbe, insuffisamment remis d’une blessure à la cheville pour postuler en demi-finale, devrait faire son retour sur l’aile droite des Boks.

« Nous avons la chance d’avoir nos 31 joueurs de la liste à disposition et aptes à s’entraîner aujourd’hui », a confirmé Erasmus ce mardi face à la presse.

Relancé par une journaliste britannique habituée au manœuvres d’Eddie Jones lors des avant-matches, il a affirmé qu’il n’y aurait pas de coup de Trafalgar côté sud-africain. « Pas de bluff ! Ce sera sûrement la même liste de 23 joueurs, avec probablement Cheslin Kolbe en seul changement », a poursuivi l’ancien troisième ligne.

Un temps de travail restreint

Pour préparer cette finale, Erasmus va devoir aller à l’essentiel. Le bluff est donc remisé au placard. « Je dispose de 160 minutes d’entraînement devant moi, et d'un battement de six jours, donc il n’y a pas grand-chose qu'on puisse changer en deux séances d’entraînement, glisse le sélectionneur. Il faudra s'attendre au même type de prestation de notre part samedi soir. »

« S’il y avait sept ou huit jours de battement, j’aurais probablement changé quelques petites choses, confesse-t-il. Ça aurait pu être un ou deux changements dans le XV de départ, mais il n’y a pas beaucoup de possibilités de changements tactiques en six jours. »

C’est donc un gros combat qui attend les Anglais face à des Boks qui n’auront pas eu beaucoup de temps ensemble cette semaine. « Soixante minutes avec l'équipe au complet, et 40 à 60 minutes d’entraînement avec les avants d'un côté et les arrières de l'autre, détaille Rassie Erasmus. On a deux jours d’entraînement, donc on ne va pas tout bouleverser. »

Un credo : être rapidement efficaces

Vainqueurs du Super Rugby cette année, les Springboks n’ont pas toujours su attirer la sympathie, y compris celle de leurs supporters. En cause, un style de jeu jugé peu attrayant et moins enthousiasmant que celui d’autres nations.

Erasmus assume. « Il faut comprendre d'où l'on vient – on était classés sixième, septième ou huitième mondial - pour mesurer les défis que l’on a dû relever, rappelle le sélectionneur, en poste depuis un an et demi seulement. L’un d’entre deux a toujours été de nous racheter et de redevenir ce que l'on était, à savoir une grande puissance du rugby, avec l’objectif de devenir numéro un ou deux mondial. »

S’il reconnaît qu’il y a « des choses à améliorer dans (le) jeu », l’ancien troisième ligne aux 36 caps explique son choix. « Il faut avoir un socle. On a suivi un plan de route et on a joué en fonction des statistiques et de la manière dont le jeu est arbitré en ce moment. Et à court terme, ça se traduit par de bons résultats. »

Des résultats qui permettent aux Springboks, n°2 mondiaux, d’espérer soulever la Coupe Webb Ellis pour la troisième fois de leur histoire et de rejoindre ainsi les All Blacks au Panthéon des nations les plus titrées.

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